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Je m'appelle Serge BACCINO et suis auteur de livres au format numérique qui sont vendus sur Amazon (fr.) Ces ouvrages à prix modérés (moins de 10€ chacun) traitent de psychologie ésotérique (essais) et de spiritualité (romans à caractère initiatique) J'ai pensé qu'à une époque où tout devenait cher, un blog de présentation tel que mien serait perçu comme étant le bienvenu ! Je vous attends sur mon Blog et vous invite à participer aux différents échanges qui s'y produisent, en ce moment même, sur des thèmes aussi intéressants que variés ! Cordialement à toutes et à tous. Serge BACCINO –Auteur- -

Karma divin vs Karma humain

Karma divin vs Karma humain

Commençons par un passage de la Bible, qui est, à nos yeux, un manuel de psychologie comportementale à l’attention de l’être humain, plutôt qu’un livre religieux. Selon les écritures, Jésus aurait dit, sur la croix : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » On suppose qu’il est ici question de ceux qui l’ont mis sur cette croix. Mais posons-nous cette question logique : pourquoi demander à son Père, qui est dans les cieux, de leur pardonner à eux, qui sont sur Terre et qui y végètent en toute inconscience ? Nous pourrions tout autant questionner ainsi : « Qu’est-ce qui se passerait si Jésus n’exprimait pas cette prière d’intercession ? »

Est-ce que, sans l’intervention du Fils, le Père punirait sévèrement les hommes pour avoir osé toucher à son fils unique ? Mais d’abord, qu’est-ce que ce fameux « Fils Unique » ? Jésus ? Pas vraiment. Le Christ en Jésus ? Plus probablement. Ceci à la condition que l’on remplace des termes bibliques tels que « Seigneur » ou « Christ », par « Conscience de Soi. » Mais si Jésus était un Christ, à qui s’adresse la supplique ? Réponse : à un Christ plus grand ou, plus prosaïquement, à tout le reste de la Conscience. Jésus était conscient, certes, mais il ne pouvait pas, à lui tout seul, incarner la Conscience Globale Christique, c’est-à-dire « Toute la Conscience. »

Nous comprenons déjà que Jésus ne fait, en somme, que d’adresser sa supplique à « Lui, plus Haut », si l’on peut dire. La conscience parle à la Conscience. Il nous reste encore à comprendre pourquoi il était seulement utile de réclamer l’indulgence d’un niveau supérieur, au sein de cette entité multidimensionnelle dont les racines terrestres ont pour nom « Jésus », c’est-à-dire « Yéshua » en Hébreux, ce qui signifie « Je Suis » On sait qu’il est ici question de conscience, et cela est primordial pour quiconque tente de comprendre le sens profond des présents propos.

En l’occurrence, il s’agit plus de comprendre que de cautionner. Être d’accord ou non avec un état d’esprit importe peu, puisque ça ne lui retire pas pour autant le droit d’exister et, surtout, le pouvoir d’invoquer des états d’esprit connexes ou complémentaires. Le nombre de personnes qui se basent sur leur connaissance très incomplète du fameux « Karma » pour affirmer qu’il existe une sorte de « Justice Divine » qui punit les méchants et récompense les gentils, est proprement faramineux ! Nous aurions presque plus de facilité de compter ceux qui n’y croient pas du tout ! Même si ceux qui prétendent « ne pas y croire », étaient bien en peine d’expliquer intelligemment, en quoi ils ne croient pas ainsi !

Le problème est peu ancien, sans doute deux, trois cents ans, au maximum, et il est né de la connaissance insuffisante des premiers orientalistes. Certes, la plupart connaissaient le sanskrit. Du moins en connaissaient-ils « la lettre » mais pas l’esprit. Il ne suffit pas de maîtriser une langue pour maîtriser, du même coup, l’esprit de cette langue, ses finesses, ses non-sens apparents qui cachent plus qu’ils ne révèlent, etc. Ceux qui ont cru utile d’étudier la culture en même temps que la langue sanskrite, ont causé autant de torts que pourrait en causer un étudiant, deux ans après le BAC et ayant pris « sanskrit » pour seconde langue.

Quand on pense qu’un tel étudiant traduit « Bod-Yul » par « éclaireur de village », on a compris l’essentiel de la méprise indo-occidentale en matière de spiritualité. Un « Bod-Yul » est un être assez éclairé et conscient pour être capable d’éclairer le moindre état d’esprit des autres. Il n’allume pas des réverbères dans une cité : il éclaire « les constructions mentales » d’autrui, comme il réussit à voir clair au sujet de ses propres états d’esprit. Mais laissons cela. Dans un autre article, nous avons déjà expliqué que le mot « Karma » pris isolement, ne signifiait pas grand-chose, si ce n’est « mouvement ». Dans les textes antiques dignes de foi, nous trouvons ce mot accompagné d’un autre « Chitta », qui signifie « esprit ».

Il est question, ici, de ce même esprit qui nous sert à penser et qui, excusez du peu, est à la base de toutes les formes mentales ou « matérielles » de l’univers. C’est à ce titre qu’il est dit que l’esprit est créateur : formuler une idée précise, revient à commencer à rassembler les particules de Lumière qui, ensuite, donneront naissance aux électrons, aux atomes, aux cellules, etc. Penser est donc un acte créateur. Nous pensons constamment, mais fort heureusement, nous ne construisons pas, pour autant, de la matière solide à chaque idée qui nous visite. Pour que la pensée devienne créatrice, il est nécessaire de rassembler certaines conditions.

Premièrement, nous devons avoir un esprit cohérent et concentré. Nous devons aussi avoir une très nette idée du but à atteindre. De plus, il nous faut penser souvent (rythme) et longtemps (durée) à ce que nous désirons vivre et expérimenter, au sein de la matière. Les pensées qui sont trop nombreuses et différentes, qui sont brouillons et qui ne conduisent à rien de concret, n’ont assurément que très peu de chance de s’incarner ou de produire quelque évènement que ce soit. En somme, le fait d’avoir un esprit brouillon et d’être incapable de se concentrer plus de quelques secondes sur une même idée, protège plus qu’il ne punit l’être humain.

Un être humain qui serait dans de beaux draps si tout ce qui lui passe constamment par la tête produisait subitement des effets physiques ou matériels ! On dit que les gens négatifs se créent une vie peu enviable. C’est loin d’être complet ni même exact, comme affirmation ! En vérité, si la pensée dite « négative » ou même morbide, n’est pas dense, concentrée et orientée dans un but unique, il y a très peu de chance pour que quelque évènement désobligeant puisse en résulter. De même pour celles et ceux qui s’étonnent en prétextant qu’ils sont généralement « positifs » mais que cela ne leur apporte rien de nouveau.

On peut être ponctuellement très négatif ou follement positif, et ne rien « déranger », véritablement, au sein de notre mouvance mentale. C’est là que la juste compréhension des deux mots sanskrits « Karma » et « Chitta » prennent toute leur valeur ainsi que leur importance ! Si on ajoute « esprit » juste après « mouvement », il devient facile de comprendre que le fameux « Karma » s’adresse uniquement aux effets concrets ou durables des mouvements de l’esprit d’un être humain. De tous les êtres humains s’entend. Dans certaines traditions différentes, il est dit que « Nous devenons ce que nous pensons » et, plus sobrement, que « nous sommes ce que nous pensons. »

En effet, qu’importe de devenir, si on ignore ce que l’on est déjà ?
Et déjà, nous pensons, nous avons un état d’esprit général, à savoir qu’il est possible de définir « dans quel état » est notre esprit. Non pas de prétendre qu’il est négatif ou positif, ce qui ne veut pas dire grand-chose, mais plutôt si nos processus mentaux, nos « mouvances mentales » nous apportent quelque chose ou nous évitent le meilleur. Selon ce que vous pensez, le plus souvent et le plus longtemps, selon l’importance et donc, le degré d’attention mentale que vous allouez à vos processus mentaux les plus récurrents, il est possible de deviner « dans quel état » est votre esprit.

En fait, le contenu de votre mental, ce qui est plus exact. Car c’est votre mental qui contient des « formes », du même nom (mentales) et qui donne la mesure exacte, par exemple, de votre capacité à vous débrouiller seul dans la vie ou de dépendre des autres pour exister. Le fameux « Karma » n’est ni juste ou injuste : de telles considérations relevant bien plus de l’idéal humain que d’une supposée « justice divine. » Du coup, vous pouvez vivre tel un véritable saint et subir les pires exactions, être pauvre, malade et mourir dans la plus grande misère ou bien être un véritable démon, un monstre de cruauté et vivre riche, en bonne santé et mourir paisiblement, à un âge avancé, entouré de ceux qui vous aiment ou ont du respect pour vous.

Nous ne prendrons aucun exemple que l’actualité nous propose pourtant à loisir, afin de ne pas froisser la susceptibilité de ceux qui préfèrent ignorer la vérité plutôt que d’être rejeté par leurs pairs. À présent, pointons plus directement notre fameux Karma. Untel a été profondément mauvais, il était cruel et détruisait tout ce qui ne pouvait pas devenir sa possession ? Sera-t-il puni, ici bas ou dans l’au-delà au moins ? Voici deux questions en retour : Pourquoi serait-il puni ? Et par qui ? Pour ce qu’il a fait ? Aviez-vous seulement remarqué que ce qui a été fait l’a été et que rien ni personne ne s’y est opposé ? S’il y avait une justice divine ou bien un « Karma », même dans leur version naïve ou idéalisée, il y aurait surtout « intention », volonté que seul le Bien prédomine, ou quelque chose comme cela.

L’esprit universel n’a pas de but ou d’intention : il se prête à la moindre création mentale (idéation), que cette dernière soit « lumineuse » ou bien « noire et cruelle. » L’esprit n’est pas quelqu’un : il est la seule chose qui soit, ce qui est très différent. Mais ce qui implique surtout que l’humain n’a d’autre option que de s’aligner sur son fonctionnement, au lieu d’attendre bêtement que ce soit l’esprit qui le fasse.  Dans la Bible, il est mentionné ce léger détail : « Dieu est esprit et c’est en esprit et en vérité qu’il vous faut l’adorer. » (Évangile selon Jean, chapitre 4, verset 24) Dieu est esprit ? L’esprit ne juge jamais pour nous et à notre place ? Alors Dieu non plus. Adorer l’esprit ? Oui, à savoir, se satisfaire de son fonctionnement, apprendre à l’accepter, à le respecter puis à l’aimer.

Voire à remercier chaleureusement pour son mode de fonctionnement qui nous laisse tous plus libre que ce que nous sommes capables de le supporter ! « En esprit et en vérité » ? Évidemment ! Nous devons penser pour créer, pas penser pour penser. « En esprit » signifie ici « En théorie. » « En vérité » signifie évidemment « qui donne des résultats concrets. » Des résultats concrets et, si possible, profitables à l’être humain ! Ce qui est la moindre des choses nous semble-t-il. OK, mais si le Karma se résume, et c’est bien le cas, aux mouvements de notre esprit et de ce qui peut éventuellement en résulter dans notre vie de tous les jours, alors cela signifie que c’est nous qui nous faisons du bien et que c’est également nous, qui nous faisons du mal.

En fonction de la nature et du degré d’utilité de nos processus mentaux. Voyez-vous où cela nous mène inévitablement ? Cela nous mène ou, plus exactement, nous ramène à la conscience. Comment savoir si ce que nous pensons sans cesse est à la fois ordonné, logique et cohérent ? C’est simple : quand c’est le cas, il arrive des choses. Et nous pensons immédiatement qu’il « nous » arrive ceci ou cela. L’identification aux processus mentaux provient d’ailleurs du fait que la personne reconnaît être à l’origine de ce qui, ensuite, se propose à elle. Un peu comme si elle se disait : « Oui, cela m’arrive à moi, puisque c’est moi qui ai créé cette condition mentale puis ces évènements, du fait de mes processus mentaux. »

En réalité, à nous, il ne nous arrive jamais rien ! L’esprit produit toutes choses, pas nous ! Si on s’attribue les effets des mouvances de l’esprit en nous, c’est parce que nous croyons « posséder » un esprit individuel, bien à nous. En vérité, c’est l’esprit qui nous possède et il n’appartient à personne en particulier, bien qu’il puisse être employé et partagé par tous ceux qui pensent la même chose ou presque. Ainsi, il n’y a pas de Karma dans le sens de rétribution ou de punition : il n’y a que des processus mentaux plus ou moins autonomes, plus ou moins conscients. Lorsqu’ils deviennent conscients, nous sommes en mesure d’établir une relation directe entre nos actes et les pensées qui les ont fait naître.

Si actes et pensées nous paraissent légitimes, utiles et justes, alors nous sommes satisfaits ! Si, et à l’inverse, ils nous paraissent inappropriés, voire désastreux, nous culpabilisons. C’est cette culpabilité qui devient notre Karma. Le Karma selon les spiritualistes, devrait être le fait d’être assez conscient pour réaliser nos fautes puis pour culpabiliser à l’idée de tout ce qui en a résulté. Pour cela, il est nécessaire d’être conscient et pas seulement programmé !  Quand à celui qui commet des actes répréhensibles mais qui n’a pas conscience de ce qu’il produit ainsi, il ne peut y avoir présence de karma puisqu’il n’y a pas (encore) présence de conscience.

 

Serge Baccino

Une des mauvaises associations d’idées

Une des mauvaises associations d’idées

On lit souvent, sur les réseaux sociaux tels que Facebook, par exemple, que « nous devons réagir ou agir au plus vite. » C’est d’ailleurs pour cette raison que les fameux « lanceurs d’alertes » s’en donnent à cœur joie, n’hésitant pas à dresser un tableau apocalyptique d’un futur dans lequel nous regretterions tous ne pas avoir choisi d’agir, alors qu’il en est encore temps. Le plus étonnant est que lorsque nous prenons connaissance du contenu de l’alerte, on en vient très vite à se demander s’il est vraiment possible d’agir ou de réagir, au vu des évènements catastrophiques qui se produisent à notre insu.

À une époque pas si éloignée de cela, ces mêmes lanceurs d’alertes se contentaient encore de faire savoir ce qui « pourrait » arriver, moyennant quelque terrible prophétie, au cas où personne ne faisait au moins mine de les prendre au sérieux. À présent, ces mêmes alerteurs n’agissent même plus pour prophétiser dans l’espoir de nous faire surtout peur, faute de pouvoir réagir : à présent, ils nous expliquent ce qui est déjà arrivé et à quelle sauce piquante nous allons tous être mangés. Un peu comme si, par esprit revanchard, leur but actuel était devenu de nous culpabiliser de ne pas avoir « bougé », comme ils disent.

Il ne leur vient même pas à l’idée que si les gens n’ont pas pu ou n’ont pas su comment « bouger », c’est qu’ils s’avéraient incapables de trouver un moyen de le faire, ou plus simplement, de réagir, certes, mais en fonction de la situation réelle et avec un minimum d’intelligence. Insulter un paraplégique rivé à son fauteuil roulant sous prétexte qu’il refuse de se lever et de marcher, n’a rien d’intelligent. Le plus savoureux, c’est quand on demande froidement à l’un de ces lanceurs d’alertes ce qu’il fait lui-même pour réagir et pour agir ! La réponse est souvent d’un ridicule absolu : « Mais moi, j’informe les gens, cher Monsieur ! Mais vous, que faites-vous de votre côté ? » Et là, si on répond, même sans rire : « Moi ? Je vous écoute m’informer à propos de ce que vous nous demandez de faire, pour vous et à votre place ! Et à force de m’informer de la sorte, je réalise surtout que je suis incapable de satisfaire à votre demande. Ce que vous auriez pu réaliser vous-mêmes il y a au moins cinq ans. »

Il y a en effet une différence notoire entre le fait d’informer et celui d’en vouloir à ceux qui n’ont pas pu ou su tenir compte de cette information. À l’évidence, pour qui sait voir sans passion inutile, l’ex lanceur d’alerte est devenu surtout un harceleur professionnel, incapable de se suffire à lui-même et qui dépend complètement des autres pour avoir le sentiment d’avoir été utile, si ce n’est un héros de la révolution mondiale. C’est généralement à ce moment qu’il vous place ce qu’il croit être sa botte secrète : « Et vous attendez quoi ? Un sauveur, un Messie qui agira pour vous et à votre place ? » Ici, une allusion facile à un certain homme politique de renommée mondiale et qui s’est donné pour mission de changer le monde.

Voilà une réplique des plus cocasses, surtout quand on a compris cette vérité que ces gens ne vivant plus que de négativité, dépendent désormais des autres pour en sortir ! En effet, si les gens bougent, comme ils disent, ils espèrent que les choses vont changer et qu’eux-mêmes pourront retrouver la paix. La fameuse « botte secrète » se résume donc à une sorte d’inversion accusatoire du plus bel effet, puisque c’est lui, l’alerteur, qui a un besoin vital que les autres répondent à ses attentes frustrées. Hélas, la paix, la véritable paix, qui est intérieure et donc, relative au fonctionnement harmonieux de l’esprit, ne dépend ni d’un « sauveur » extérieur, ni même du fait que des gens, sans doute respectables par ailleurs, sont traités de tous les noms d’ovins et d’oiseaux parce qu’ils osent ne pas réagir… Surtout aux lanceurs d’alertes !

Bien sûr, il existe encore mais ils sont rares, des informateurs qui se contentent non pas d’interpréter les évènements au pire, ni d’attendre des autres qu’ils agissent dans un sens ou bien dans un autre, mais qui donnent un avis éclairé sur l’actualité, qui savent faire ressortir « ce qui fonctionne déjà », au milieu de tout ce qui avait cessé de fonctionner comme il se doit. Mais là n’est pas notre propos du jour. Ce que nous désirons soumettre à l’attention de celles et de ceux qui savent toujours se servir de leur tête, est que bien souvent, nous devenons les esclaves de certaines associations d’idées qui s’avèrent rapidement pernicieuses ou qui ne servent en rien nos intérêts.

L’exemple le plus frappant et qui s’inscrit parfaitement au cœur de notre actualité planétaire, est celui de l’attente. Le mot attendre doit être considéré comme si faible qu’il est nécessaire de lui adjoindre un complément. Si nous attendons, c’est forcément quelque chose ou quelqu’un ! Ce qui, en plus d’être inexact, est quelque peu risqué. Le besoin viscéral de manipuler son prochain, faute de réussir à se changer soi-même, peut se servir à loisir de cette association d’idées que nous dénonçons fermement ici. En effet, si une personne attend quelque chose de quelqu’un, si ce dernier ne répond pas assez vite à ses attentes, elle va employer cette arme psychologique issue, comme bien d’autres, du phénomène d’inversion accusatoire.

Cette arme est : « Tu attends quoi ? » Question pernicieuse s’il en est, car dans le fait, la personne ne sait pas ou ne peut pas comprendre ce qui est attendu d’elle. Le moment de flottement qui en découle ne consiste pas en une attente quelconque mais le demandeur peut en profiter pour questionner à ce propos : « Tu attends quoi ? » La meilleure réponse, en plus d’être vraie ainsi que la plus spontanée, est évidemment « Rien… Je n’attends rien… » Du coup, le bâton est offert pour se faire frapper : « Alors, si tu n’attends rien, bouge-toi un peu ! » Sous attendu : « dépêche-toi de répondre à mes attentes, même si tu n’as pas tout saisi, ce qui est plutôt une bonne chose qui me laissera un ascendant psychologique sur toi ! »

Dès lors, rien n’est plus facile que de pouvoir « reprendre », c’est-à-dire réprimander la victime qui, on s’en souvient, hésitait, seulement parce qu’elle n’avait pas bien compris ce que l’on attendait d’elle. Elle n’attendait rien : elle essayait seulement de comprendre. Or donc, attendre est, pour ainsi dire, une fin en soi. Certes, nous pouvons attendre un ami, le métro ou bien que la journée se passe, parce que nous sommes las. Si on pose cette question à un passant : « Qu’attendez-vous ? » il va vous regarder d’un œil curieux et vous demandera : « Attendre… Mais attendre quoi ? » Et si vous lui répondez « Attendre, tout simplement. » La personne sera tentée de reprendre son chemin, supposant que l’on veut se jouer d’elle.

La question est devenue celle-ci : « Sommes-nous encore capables d’attendre, tout simplement ? » Voilà de quoi réfléchir, n’est-ce pas ? Attendre… Oui, mais… Quoi ? Ou qui ? Pourrions-nous attendre pour attendre, par exemple ? Drôle de question, n’est-ce pas ? Pourtant, quand vous convenez qu’il serait souhaitable d’agir (pour n’importe quoi, dans n’importe quel domaine) mais que vous ne savez pas comment le faire ou même, quand vous constatez, honnêtement, que vous êtes incapable de le faire, dans quel état ou dans quelle condition mentale vous trouvez-vous alors ? Réponse : vous êtes alors dans le mode « attente. » Tout le monde a vécu, vit ou vivra ce mode, plus ou moins conscient, selon les cas.

Examinons la chose de plus près. Dans le premier cas, vous ne savez pas quoi faire, OK ? Est-ce à dire pour autant que vous avez abandonné tout espoir de trouver un moyen d’action ? Certainement pas ! Vous êtes alors en mode passif, puisque vous ne savez pas quoi faire et que, pour le moment, vous ne tentez plus rien. Pour le moment. Et tandis que vous êtes en mode passif, vous êtes surtout en mode réceptif ! Et croyez-le si vous le voulez, mais si votre partie extérieure et active que l’on nomme « le moi » humain, se tait, ne serait-ce que quelques minutes, la partie intérieure ou le « Je » peut alors se mettre en branle et vous soumettre une solution.

Qui n’a pas fait cette expérience étonnante d’en être presque à se décourager d’agir, faute de moyens perceptibles et qu’au dernier moment, il jaillisse de vos tréfonds une solution claire, pour ne pas dire lumineuse (ou géniale) ? Ceci est bien connu des véritables spiritualistes et, bien sûr, des ésotéristes dignes de cette appellation. Cela fait partie, pour certains, de la fameuse « loi d’attraction », tandis que pour d’autres, il s’agit d’une autre loi qui implique un stade actif suivi d’un stade passif pour qu’il puisse y avoir manifestation. Autrement dit, et pour ne retenir que la dernière loi évoquée précédemment (mode actif/passif), après avoir tenté le possible, c’est-à-dire le connu, ce que nous savons pouvoir faire ou non, il faut… Attendre ! Attendre quoi ? Ni quoi, ni qui : juste attendre !

L’idée est de se mettre dans un état de disponibilité mentale, de ne pas souhaiter, visualiser ou vouloir, ce qui placerait le mental en mode actif et repousserait donc toute réponse désireuse d’entrée en nous. Attendre ne nécessite pas d’accessoires mentaux ou même émotionnels. Attendre est un état d’esprit, un mode de réceptivité persistant, en somme. Attendre n’est pas un acte mais un « laisser-aller » des plus reposants pour notre mental. Quand nous discutons avec une autre personne et que cette dernière nous dit « Tu ne connais pas la nouvelle ? », durant quelques secondes au moins, notre esprit est vide. Vide de mouvements précis et ordonnés. Car, nous ne connaissons pas la nouvelle. D’ailleurs, nous ne connaissons jamais rien de nouveau, car rien n’est vraiment nouveau !

Mais une chose peut l’être au moins pour nous. Alors, tandis que nous attendons de connaître cette fameuse « nouvelle », notre mental est en mode passif. Il n’attend rien de précis : simplement, il attend ! Ainsi, et pour en revenir à nos chers manipulateurs mentaux déguisés en journalistes spécialisés en catastrophes en tous genres, demander à une tierce personne « ce qu’elle attend » est déjà une preuve que le premier désire manipuler la seconde. Qu’est-ce que nous attendons ? Drôle d’affirmation, déguisée sous la forme vicieuse d’une prétendue question ! Pourquoi devrions-nous attendre… Quelque chose ? Et le questionneur, lui, il attend quoi pour cesser de tout attendre des autres, de les charger d’agir à sa place mais selon ses propres vues ?

Qui est le plus lâche, finalement : celui qui ne répond pas (ou plus) aux attentes frustrées d’autrui, qui est en « mode attente » et qui sait que, tôt ou tard, une intuition géniale lui dictera son chemin, ou celui qui espère que d’autres vivront sa légende personnelle, pour lui et à sa place ? Faites-vous plaisir ! Faites-vous du bien : n’associez plus rien après le mot « attente » et ne laissez à personne le pouvoir diabolique de vous questionner à propos de ce que vous faites ou non. Vous n’avez pas à vous justifier : vous êtes déjà « juste » (uniquement) ce que vous êtes et ce n’est que justice de l’incarner sans vous soucier des errements mentaux d’autrui.

 

Serge Baccino

La peur de vivre

La peur de vivre

Il est temps d’étudier, de comprendre puis de faire cesser la mère de toutes les peurs secondaires, y compris celles qui nous semblent pourtant être les plus grandes, voire les principales. La principale peur, celle dont découlent toutes les autres, est la peur de vivre. Pour comprendre l’origine profonde et première de cette peur, il faut tout d’abord comprendre et admettre une chose extraordinaire, que nous pourrions résumer ainsi et que nous développons plus loin. Quelle est cette chose extraordinaire qu’il nous faut comprendre et, surtout, admettre ? Nous pourrions la résumer ainsi, avant de l’analyser plus avant : Ce n’est pas notre partie humaine qui est responsable de cette peur terrible de vivre qui affecte tant d’êtres humains ! Avez-vous bien intellectualisé la chose ? Ce n’est pas, cela n’a jamais été et cela ne sera jamais la partie purement humaine de notre être qui est à l’origine première de la peur de vivre !

Certains bondiront de leur assise pour s’écrier : « Mais bon sang, je suis bien cet être humain qui expérimente cette peur, non ? » Certes, c’est bien cet être devenu humain (ou supposé tel) qui fait actuellement l’expérience de toutes les peurs connues et imaginables. En toute logique, c’est bien lui qui subit le joug de la mère de toutes les peurs, à savoir, la peur de vivre. Voilà qui peut sembler quelque peu paradoxal, n’est-ce pas ? Et pourtant, il suffit de bien se montrer attentif aux mots employés ou écrits, pour réaliser intuitivement qu’il ne peut pas en être autrement. Mais avant de développer plus avant, posons-nous cette judicieuse question : « est-ce que cette peur terrible est liée à la prise de conscience cruelle s’il en est, que nous n’avons aucun pouvoir sur les évènements et sur les êtres de ce monde ? »

Avant de répondre d’une manière quelque peu précipitée, présentons l’enfant autrement, par exemple par la tête, pour voir si « ça passe mieux » ! Question : celui qui aurait conscience d’avoir du pouvoir sur sa vie, sur les évènements extérieurs et sur tous les êtres qui l’entourent, aurait-il autant peur de vivre ? La réponse nous semble évidente : « Non, il n’aurait pas peur et ferait même montre d’un courage, d’une volonté et d’un aplomb extraordinaires, qui auraient le pouvoir d’impressionner n’importe qui d’autre que lui. » À présent, présentons de nouveau l’enfant par le siège, pour voir s’il peut passer aussi bien les filtres de notre mental toujours prompt à légiférer : « La plus grande de nos peurs ne serait-elle pas liée à notre manque de pouvoir quasi absolu, sur les évènements et sur autrui ? »

Ne répondez pas tout de suite mais prêtez plutôt attention aux mouvances de votre intellect ou de votre mental ! Voyez-vous, et par exemple, l’excuse qui se profile sournoisement depuis l’un quelconque des côtés de votre espace conscient ? Entendez-vous cette idée pernicieuse vous susurrer avec assurance que « ça dépend des gens » ou encore, que « ça dépend des situations ou des problèmes rencontrés » ? Non ? Soyez plus attentif, s’il vous plaît ! Votre mental ne peut pas accepter une telle idée, car votre subconscient le lui interdit formellement ! Et il le lui interdit, car il se doit de maintenir, à l’arrière-plan de votre conscience, que vous avez le contrôle de votre vie. Évidemment, partant, vous ne pouvez être que responsable de vos réussites et, encore plus évident, vous devez aux autres, les quelques rares échecs dans votre capacité à contrôler votre vie.

Après tout, comment pourriez-vous être assez bêtes pour faire échouer sciemment vos expériences vivantes ? Et quand vous échouez, c’est forcément de la faute de conditions extérieures et, le plus souvent, à cause des autres ! Nous sommes donc bien d’accord ! Du moins sommes-nous d’accord que c’est là ce que vous pensez en secret et même, à l’insu de votre conscience objective et de cette forme de logique qui va avec ! En résumé, grâce à vos seuls efforts vous réussissez à contrôler votre vie, et à cause de conditions extérieures indépendantes de votre volonté et bien sûr, à cause de l’incompétence et de la bêtise d’autrui. Nous sommes bien d’accord que c’est là ce qui vous permet…

Qui vous permet de quoi ? De contrôler votre vie ou de tenir à l’œil et très à l’écart, une vérité qui ne doit surtout pas s’approcher de votre conscience ? Évidemment : si vous faites partie de ces gens qui jurent pouvoir contrôler leur vie et obtenir tout ce qu’ils veulent, cela par leur seul moyen, vous devriez cesser de lire ou d’écouter ce message terriblement… Comment dit-on, déjà ? Vous savez, ce terme si à la mode pour balayer, d’un revers de main méprisant, une information qui ne va pas dans le sens de nos intérêts les plus immédiats ? Ah ! Oui, voilà que cela nous revient : « complotiste » ! Ceux qui préfèrent continuer cette sieste entamée par l’espèce humaine il y a des millénaires, n’ont aucun avantage à en apprendre plus, surtout de la bouche ou de la plume de complotistes !

Nous les invitons donc à aller voir ailleurs s’il existe des propositions plus rassurantes, moins dérangeantes pour leur petit confort mental. Pour les autres, pour celles et ceux qui en ont marre d’avoir peur de leur propre ombre, que la suite de nos propos soit pour elles et pour eux, un moyen, peut-être pas de faire cesser leurs peurs mais, au moins, d’en comprendre l’origine et les mécanismes psychologiques. Savoir c’est pouvoir ! Comprendre puis admettre les causes profondes de nos différentes peurs, c’est encore le plus sûr moyen de les réduire sensiblement, voire de les faire cesser carrément. Nous proposions, en avant-propos de cet article, issu en partie d’une conférence privée, cette idée révolutionnaire à plus d’un titre : la peur de vivre, mère de toutes les autres peurs, n’est pas imputable à la nature humaine, bien que ce soit effectivement l’humain qui en subisse le terrible joug.

En effet, l’humain déjà largement éclairé sur certaines vérités de ce Monde, sait pertinemment qu’il n’a aucun pouvoir. Aucun ! Non pas parce qu’il est faible, mais parce que c’est l’esprit qui fait toutes choses, et non lui. En effet, si tout est énergie et que l’on sait que cette énergie est l’esprit, ce même esprit qui sert à produire cette illusion de matière ainsi que les pensées, alors c’est bien l’esprit qui non seulement est toutes choses mais qui, de plus et par le fait même, fait toutes choses. Nous ne pensons pas : c’est l’esprit qui le fait pour nous et à notre place. La preuve ? Nos pensées nous viennent à la conscience objective, c’est donc que nous ne pensons pas mais que nous sommes pensés !

Notre corps est fait d’esprit. Notre personnalité humaine aussi. Mais cette énergie de l’esprit, qui produit la matière, dans ses plus basses fréquences, ainsi que les pensées, dans ses fréquences plus hautes, n’est pas teintée de conscience et c’est en cela que réside tout le problème, ainsi que sa solution. Les anciens ésotéristes disaient que nous sommes sur Terre pour respiritualiser la matière. C’est une manière de dire que notre but à tous et de redonner à l’énergie qui est à la base de toutes créations, cette conscience d’elle-même qu’elle a perdue, cela en s’investissant elle-même au sein de sa Création. En créant l’univers matériel et tout ce qu’il contient, l’esprit vivant et conscient, à son origine, ne vibrait plus assez haut pour demeurer conscient de lui-même.

Ainsi, c’est bien l’esprit qui fait toutes choses, mais il le fait sans conscience ! La seule chose qui soit plus ou moins consciente, au sein de cette vaste création universelle, c’est l’être humain ! Nous sommes, comme toutes choses, faits d’esprit, mais dans les plus hautes couches de notre être global, nous sommes surtout conscients ! Et c’est cette même conscience qui est censée éclairer l’esprit au sujet de sa nature et de son origine véritables. Voilà ce que signifie « respiritualiser la matière. » Le but de l’être humain est de rendre conscient l’esprit qui le compose, rendant ainsi également conscientes les diverses couches de son être global, peu importe le nombre de ses couches puisque toutes sont faites d’esprit.

Mais quel rapport avec la peur immense à la seule idée de vivre ?
Pour le comprendre, nous devons effectuer un véritable « saut quantique », un terme pour le moins à la mode, soit dit en passant. Un saut quantique ? Mais encore ? Nous devons, littéralement, nous mettre à la place de l’esprit impliqué dans la Création universelle.
Rien de moins ! Nous mettre… À sa place ? Mais comment ? Tout d’abord en nous souvenant que nous sommes faits d’esprit, des pieds à la tête, de l’âme au corps physique ! Partant, puisque nous sommes faits de Lui, l’esprit, il ne nous est pas très difficile de penser et même de réagir à sa place, puisque… C’est exactement ce que nous faisons à chaque instant de notre vie !

Essayons d’être clairs à ce sujet : nous sommes bien une forme spirituelle nommée « humaine » mais en vérité, nous sommes l’esprit, puisque tout, en nous, est fait d’esprit ! Vous saisissez l’idée ? Espérons pour la suite ! Cela dit, nous avons beau savoir que nous sommes faits d’esprit, que seul existe l’esprit et bla, bla, bla, cela ne nous empêche pas de nous croire avant tout humain ! Autant dire de nous croire faibles, limités, seuls, qui plus est, perdu dans la tourmente d’un monde qui nous semble un peu fou. Pour ne pas dire dangereux ! Alors, nous avons peur ! Très peur. Pour un oui ou pour un non et du même coup, difficile pour nous de croire que nous sommes ce même esprit universel, autant dire Dieu, puisque comme il est dit dans Jean 4:24 : « Dieu est esprit (…) et c’est en esprit et en vérité qu’il nous faut l’adorer. »

Cette peur vient donc de notre refus à nous croire divin ? Non, pas vraiment. Cette peur vient du Divin lui-même, autrement dit, elle vient de l’esprit ! Prenons le temps de savourer cette étonnante réplique, s’il vous plaît ! L’esprit aurait donc peur de vivre ? Il a peur de le faire, oui, mais seulement à travers nous et pour la raison logique proposée plus loin. L’esprit a peur tandis qu’il est humain, cela parce que c’est le seul « moment » de l’évolution continue, qu’il peut le faire ! Tandis qu’il forme la pierre, l’esprit repose en lui-même. Il cesse donc de descendre en fréquence (chute adamique.) Tandis qu’il est la plante ou l’arbre, l’esprit commence à croître. Il remonter en fréquence. Alors qu’il est l’animal, l’esprit expérimente pour la toute première fois certaines émotions très fortes, y compris la peur.

Cette peur purement atavique, instinctive et donc irraisonnée, est d’ailleurs ce qui lui permet de survivre, certes, mais surtout, de commencer à participer à la conservation de la forme (c’est l’Aspect Vishnou), à savoir ce qui est incarné par l’esprit et que l’on nomme le « Règne animal ». C’est à partir du Règne animal que l’Aspect Conservateur de l’esprit universel, se manifeste inconsciemment, tout en signant la promesse d’un avenir glorieux, sous la forme d’une Conscience Cosmique globale. Arrive enfin le Règne humain, quatrième du nom et qui n’est pas, tant s’en faut, le dernier Règne à venir. À partir de cette étape, il se produit un phénomène fascinant, bien que redoutable par certains de ses aspects.

Ce phénomène pourrait se nommer « la Mémoire spirituelle. » Cette mémoire appartient exclusivement à l’esprit, et non à l’homme qui n’a aucun antécédent, a moins qu’il prenne plaisir à se croire issu du singe ! À ce stade, autant se dire issu de la pierre et du roseau ! En fait, l’homme est une incidence de parcours. À voir certains humains se commettre, jour après jour, nous pourrions même parler d’accident de parcours ! Mais laissons là l’humour plus ou moins de mise, pour nous tourner vers un sujet fascinant s’il en est : la peur de l’esprit ! Peur qui, il fallait s’en douter, va être transmise à la forme spirituelle nommée « humain » et qui est d’ailleurs persuadée de l’être. D’être seulement humain.

À partir du Règne humain, nous laissions entendre non pas que l’esprit se souvienne de ses origines divines, mais qu’il commençait à se souvenir de certains détails. En particulier relatif à sa puissance infinie, à son pouvoir de créer toutes choses, etc. C’est un peu comme si un homme qui aurait perdu la mémoire se mettait à rêver de sa vie d’antan. Il n’aurait pas accès immédiatement à tous ses souvenirs mais seulement à des bribes, se présentant dans le désordre et d’un degré de précision laissant à désirer. Comme nous le disions au début, pour comprendre que c’est vraiment l’esprit qui produit cette peur de vivre, il faut absolument se mettre à sa place et donc, quitter nos certitudes ridicules concernant nos supposées origines, ainsi que notre prétendu destin.

Lorsque nous le faisons, nous commençons lentement à comprendre. Puis nous sommes littéralement submergés par cette prise de conscience d »un degré de logique extraordinaire : évidemment que c’est l’esprit qui engendre la peur, puisqu’il est la seule chose qui soit, dans tous les univers ! Qui pourrait, sans l’avoir lui-même vécu, imaginer l’effet spectaculaire produit par cette seule prise de conscience ! Sans parler bien sûr de tout ce qu’elle implique par ailleurs ! Mais pourquoi l’esprit aurait-il peur de quoi que ce soit, attendu qu’il est la seule chose qui soit ? N’est-ce pas là un raisonnement proprement aberrant ? Non, ça ne l’est pas. Du moins, ça ne l’est plus lorsqu’on se souvient que l’esprit ignore tout de sa propre Nature Divine mais qu’il ne fait que commencer à s’en souvenir, et cela par bribes. Essayez d’imaginer seulement un être tel que le héros américain nommé Superman, qui après un choc, perdrait totalement la mémoire ! Serait-il toujours Superman l’invincible ? Réponse : oui et… Non !

Oui, de par sa nature intrinsèque qui n’aurait pas changé, dans notre exemple, mais également non, du fait qu’il serait sans doute le seul à l’ignorer ! Et même s’il lui revient des bribes de souvenirs, cela ne pourrait que le plonger dans plus de confusion encore. Alors, un tel super-héros ayant perdu ses pouvoirs, ne pourrait connaître que la peur ! Bien entendu, à l’instar de l’esprit, il ne pourrait rien arriver de fâcheux à Superman ! Ce qui serait fâcheux, par contre, c’est qu’il n’en serait pas conscient ! Il aurait peur pour rien, en somme. L’esprit qui était pure conscience, avant la Création, n’est plus conscient de qui il est ni de son pouvoir illimité. La chute fréquentielle des vibrations de sa propre énergie, fait qu’il ne peut plus être conscient de Qui il est. En l’homme, il se croit homme, c’est-à-dire qu’il se limite à la perception de ce qu’il produit à ce moment de l’évolution infinie, nommé « humanité ».

Et comme cette forme produite nommée « humain » est confrontée à des évènements ainsi qu’à des personnages pas toujours recommandables, alors il expérimente la peur. Et bien que ce soit l’esprit qui produise cette peur, c’est en effet l’être humain qui en fait l’expérience vivante et, surtout, consciente ! Car sans cette conscience, aussi limitée soit-elle, l’homme ne pourrait pas connaître ce que l’on nomme « des angoisses métaphysiques. » Il ne pourrait se questionner au sujet de son absence de pouvoir car il serait incapable de se souvenir, ne serait-ce qu’en faible partie, de la grandeur de l’esprit qui le compose.

Comprenons cette vérité fâcheuse pour l’ego humain : ce n’est pas l’être humain et surtout pas sous sa forme actuelle si limitée, qui est divin mais bien l’esprit. L’esprit est toutes choses, n’est-ce pas ? Comment pourrait-il ne pas être Dieu et donc, ne pas être AUSSI divin ? Question de logique. Certains argumenteront tout de même, fâchés par cette idée qu’ils ne sont pas cette vedette cosmique dont ils rêvaient : « Mais si je suis fait d’esprit et que l’esprit est Dieu, alors je suis Dieu, non ? » Réponse cruelle : Non ! Car c’est l’esprit dans son entièreté, qui est Dieu tandis que l’homme n’est que l’une parmi tant d’autres de ses innombrables productions.

L’homme qui se conçoit comme étant partie intégrante de toutes choses créées en esprit, est très près de l’esprit, en vérité ! Il est alors ce que l’on nomme « Le Fils Unique de Dieu », autrement dit, la Conscience même de l’esprit. Mais il n’est pas l’esprit et ne le deviendra jamais aussi longtemps qu’il sera formé par Lui. Et s’il venait à ne plus être formé par Lui, par l’esprit, alors il ne serait plus rien du tout et perdrait toute forme d’existence. Mais étant la conscience de l’esprit, il est et demeure indéfectiblement liée à Lui. Il est le Christ, la Conscience Cosmique, ce qui n’est déjà pas si mal que ça ! Résumons notre propos. La peur de vivre est transmise à l’homme depuis l’esprit. Ce même esprit qui, au travers de la forme humaine, commence à peine à se souvenir. Et c’est ce souvenir de sa grandeur d’antan, d’avant la Création, donc, qui produit un véritable court-circuit spirituel ou mental.

Comment concilier le fait de se pressentir puissant, et réaliser, en même temps, que nous n’avons aucun pouvoir réel et direct sur les choses et sur les êtres ? Voilà déjà de quoi stresser au moins !Certains humains ont cru pouvoir trouver refuge au sein d’une illusion alors qu’il en existait déjà une : ils s’abritent derrière l’idée qu’ils peuvent tout contrôler ! Cette idée est censée les rassurer et vaincre la peur atavique de l’esprit ! Pourtant, ces mêmes personnes persuadées de gérer leurs vies comme elles l’entendent, ne sont jamais en paix ! Soit elles sont hypertendues, stressées, soit elles se mettent en colère et deviennent menaçantes pour un rien. Surtout si quelqu’un d’autre dit ou fait quelque chose venant témoigner, sans le vouloir, de l’absence de tout pouvoir du premier.

C’est la raison pour laquelle certains fêtent facilement un câble s’y ont fait mine de résister à leurs désirs. En effet, puisqu’ils prétendent tout contrôler et réussissent presque à s’en donner l’illusion, celui qui vient se mettre en travers de leur petit complot spirituel, est forcément un ennemi ! Et les ennemis, il faut les combattre afin qu’ils disparaissent et cessent ainsi de nous rappeler que nos vies sont souvent fondées sur des mirages, des illusions, des châteaux en Espagne, dirons-nous ici. Terminons par relever brièvement quelques-unes de nos peurs secondaires. Parmi elles, la peur de l’échec ! Un beau morceau, celle-là ! Car si nous comprenons que nous pouvons échouer, alors nous sommes obligés de reconnaître que nous ne maîtrisons pas tout, que notre volonté ne règne pas sur ce Monde ni sur les autres âmes !

Et si ces échecs se renouvellent un peu trop souvent, alors c’est toute notre théorie de contrôle qui s’effondre brutalement, en même temps que ses subsidiaires, par exemple l’estime de soi et le sens de notre valeur. Il est inutile de passer toutes nos peurs en revue, car elles sont légion ! Il est plus pratique de connaître l’origine première de toutes les peurs puis de réaliser à quel point nous nous sommes bercés d’illusion et que nous rêvons plus notre vie que ce que nous sommes capables de la vivre.

 

Serge Baccino

 

Intérêt ou détachement aimant

Intérêt ou détachement aimant.

Comment passer, en douceur, de ce que l’on désigne sous l’expression « la 3d » à ce que l’on nomme « la 5d », voire plus ? Nous le savons déjà que « Tout est double, toujours. » Il nous faudra donc faire deux choses, afin d’établir cette saine transition. Si l’on ne fait que l’une quelconque de ces deux choses, ça ne marchera pas. Tout comme une batterie n’ayant qu’un seul plot, qu’il soit positif ou négatif, ne fournira pas d’électricité. Nous bénéficions d’un générateur intérieur, à savoir de quoi nous créer un Nouveau Monde à notre juste mesure, dans lequel nous pourrons enfin nous épanouir. Et ce générateur nécessite deux conditions opposées mais complémentaires pour devenir fonctionnel. Nous savons déjà que ce sont « nos » pensées qui nous relient à la 3d, et plus exactement, à l’inconscient collectif. Ce que nous désignons sous le terme pompeux de « nos pensées », consiste en fait à la somme d’idées et de concepts mentaux qui trouvent grâce à nos yeux.

Ce sont ces derniers qui produiront, immanquablement, des sentiments et des émotions qui formeront, à leur tour, une sorte « d’ambiance vibratoire » personnelle. Cette ambiance vibratoire prendra pour nous la forme d’un monde de sensations et de perceptions qui découlera simplement du choix précis de nos processus mentaux, de nos pensées, en somme. Et tandis que nous partagerons un Monde général ou une seule et même planète, avec tous les autres, nous bénéficierons tout de même d’un moyen radical d’être soit comme tous les autres (pensées communes), soit et carrément « comme personne », autant dire comme nous seuls. Un moyen terme étant de partager, avec quelques autres compagnons d’expérimentation humaine, un état d’esprit commun, bien que différent de celui de tous les autres. Nous pourrions dire que nous ne vivons pas vraiment sur Terre comme tous : nous vivons dans un monde mental conçu de toutes pièces par nos processus mentaux et, partant, par les sentiments et les émotions plus ou moins puissants qu’ils feront nécessairement naître en nous.

C’est ce qui a fait dire à certains initiés du passé que « nous vivons dans notre tête. » Ce qui n’est pas tout à fait exact, à moins de partager notre tête avec celles et ceux qui pensent sensiblement comme nous ! En réalité, nous produisons, mentalement, des fréquences spirituelles qui engendrent des micro-univers individuels, dans lesquels nous pouvons retrouver des idées partagées par d’autres que nous. C’est ce que les modernes nomment « la Matrice », qui est en fait une allusion à un processus mental précis mais pas vraiment un nom pour désigner une seule et même chose. En clair, nous pourrions dire qu’il y a (presque) autant de matrices secondaires que d’individus, mais cela ne serait pas encore complètement exact, du fait que certains partagent, pour ainsi dire, leur matrice personnelle avec d’autres. Avec ceux qui pensent pareil ou presque.
Ce sont donc nos processus mentaux qui donnent naissance à un monde d’expérimentation, à un cocon vibratoire à partir duquel nous interagissons avec nos semblables et qui tend à repousser les cocons qui ne vibrent pas sur la même fréquence que la nôtre ou qui ne peuvent pas s’y harmoniser.

Ce que nous ressentons, vivons ou expérimentons, dépend uniquement de nos processus mentaux, de leur qualité et de leur quantité. Une personne qui pense sans cesse à des choses négatives, ne ressentira pas les mêmes sentiments ou émotions que celle qui n’est que ponctuellement négative. Et inversement. Disons, à ce point de notre exposé, que la qualité du vécu général, dépendra largement du contenu formel de nos pensées et de leur nombre (ou répétitions.) C’est cela, la matrice, qui concerne à la fois chacun de nous – matrice individuelle — et tout le monde – somme de toutes les matrices. Et tandis que certaines matrices personnelles semblent devoir s’attirer irrémédiablement, d’autres semblent se repousser, voire se détester au point de se fuir ou de se haïr sans causes apparentes. On nomme « consonance vibratoire » le fait que deux matrices perso réussissent à s’harmoniser, et « dissonance vibratoire » lorsque deux autres matrices perso ont tendance à se repousser.

La musique peut nous inspirer à ce propos. Deux notes identiques peuvent être harmonieusement associées, à la condition qu’elles soient sur la même octave ou sur une ou deux octaves différentes, par rapport au Do Central. Imaginons, à présent, une sorte d’enveloppe vibratoire qui nous entourerait et qui formerait les limites perceptives de notre monde vibratoire. Cette enveloppe fonctionnerait alors tel un filtre vibratoire qui ne laisserait sortir et rentrer que les formes mentales en rapport direct avec notre état d’esprit général et donc, avec nos processus mentaux les plus constants. En même temps, puisque nous serions contenus, vibratoirement, par ces mêmes processus mentaux que nous acceptons d’accueillir en notre mental, nous serions obligés de vivre selon ce contenu formel, quoiqu’il puisse se passer réellement à l’extérieur, c’est-à-dire au sein des vibrations mentales des autres.

C’est pour cette raison que nous avons tant de mal à comprendre (voire à accepter) les idées et agissements de certains : nos « bulles mentales » ne sont pas compatibles du fait de leur fréquence différente et donc impossible. D’où viennent ces idées, ces pensées qui en arrivent à former un état d’esprit auquel nous sommes si souvent attachés ? Elles viennent de l’Inconscient Collectif. Sont-elles « nôtres » ou « à nous » ? Oui et… Non ! Non, cela dans la mesure où elles appartiennent TOUTES à l’inconscient collectif. Oui, cela dans la mesure où quand nous les accueillons, en nous, puis les faisons « nôtres », du fait qu’elles nous conviennent, elles deviennent du même coup « à nous. » Les légumes présentés sur l’étal d’un marchand sont-ils à nous ? Réponse : Non, sauf si nous en achetons certains et selon nos besoins ou nos goûts. Dès lors, nous pouvons parler de « nos légumes » et oublier l’existence même du marchand !

Question importante : peut-on changer la fréquence vibratoire de notre matrice individuelle ? C’est en effet possible, cela par deux méthodes différentes dont l’une nous semblera sans doute plus fastidieuse de l’autre. Nous sommes bien d’accord sur le fait que de changer de matrice, cela revient immanquablement à changer d’ambiance vibratoire et du même coup, d’expérience de vie ? Réponse : tout à fait ! Il est clair que si nous ne pensons plus les mêmes choses, nous ne sentirons plus les mêmes émotions, ni ne vivrons les mêmes expériences. Cela dit, même si nous pensons différemment, si nous puisons toujours dans le même inconscient collectif pour se faire, alors nous ne ferons que reculer pour mieux sauter, comme on dit parfois. Autant dire que ça ne changera pas grand-chose, voire ça aggravera possiblement notre cas et compliquera d’autant notre vie ! Prenons pour exemple le cas d’une personne un peu naïve dirons-nous pour simplifier ici. Il y a fort à parier qu’une telle personne se retrouvera bien souvent en fâcheuse position, se sentira trahie voire un peu bête sur les bords.

Si elle décide que ça suffit et qu’elle change carrément d’état d’esprit, elle pourra et par exemple, choisir de ne plus croire en rien ni personne, à se méfier de tout et de tous. Partant, elle se privera de certains plaisirs naturels et relatifs aux fréquentations humaines. Cela reviendra pour elle à quitter une habitation insalubre pour une autre, toute aussi insalubre, mais pour d’autres causes. Avant de passer en revue les deux manières de changer radicalement d’état d’esprit sans pour autant se piéger autrement soi-même, voyons un dernier petit détail, souvent oublié, voire mis temporairement de côté car paraissant d’un abord peu probable. Question : peut-on ne conserver, en soi, aucun des états de l’esprit proposés par le support de toutes matrices, à savoir l’I.C. ? Pour le présenter autrement, pouvons, ponctuellement penser une chose puis dégager cette même pensée ou cette idée, afin de la restituer à L’I.C. et de ne pas la stocker en nous ? Réponse : oui, bien sûr ! C’est même ce que font les véritables initiés !

Quand il ne leur est pas utile de penser, leur mental, le cerveau est vide. Dès que la vie en société l’exige, ils se remettent à penser puis ils chassent de nouveau les pensées inutiles. Avec le temps et l’habitude, cela devient une seconde nature et leur permet surtout de générer, très souvent et plus longtemps, une ou plusieurs « ambiances » vivantes, relatives au noyau dur de leur âme. Cependant, initiés ou pas, nous avons tous eu largement le temps d’incruster certaines formes de pensées, certaines idées, durant la prime enfance voire jusqu’à l’adolescence. Dans ce dernier cas, ce sont les cellules de certaines parties du corps qui ont mémorisé certains états d’esprit liés à des évènements très peu agréables de leur enfance. Pour cela, chacun de nous a la possibilité et, surtout, le devoir, d’aller fouiller dans ces mémoires souvent très négatives, qui peuvent même générer des maladies plus ou moins tenaces et sérieuses, afin de les décrocher de la partie astrale de l’être.

Ce sont généralement les muscles qui font office de disques durs et qui conservent les mémoires récurrentes. Le processus ésotérique ou initiatique qui consiste à se libérer définitivement de cette chienlit, se nomme « le PRP » ou « Processus de Réforme Psychologique. » À présent, voyons les deux méthodes connues à ce jour, dans le monde de l’ésotérisme, et qui permettent de changer de « bulle mentale », de « matrice personnelle », pour rester dans l’air du temps. La première méthode est lente, graduelle mais sûre. C’est pour cela qu’elle est généralement retenue par les débutants, en initiation. Elle consiste à s’observer, le plus souvent et le plus longtemps possible, dans notre vie de tous les jours et quelles que soient les situations, agréables ou pas, nous concernant ou non. À force, l’initié apprend non pas à se surveiller mais à devenir le témoin conscient de la moindre de ses réactions, essayant même de démonter, pièce par pièce, les mécanismes de tout conditionnement mental qui se respecte.

Cette première méthode, le temps aidant, permet à l’étudiant en ésotérisme, de comprendre comment il fonctionne et, surtout, pourquoi il fonctionne de cette manière plutôt que d’une autre. Ceux amoureux de l’étude nommée « psychologie » se réjouissent, généralement, en choisissant cette méthode, considérée comme issue de l’enseignement Occidental. La seconde méthode est souvent plus rapide mais nécessite une forte volonté, doublée d’un désir sincère et puissant de changer radicalement. Les défenseurs de cette seconde méthode ont généralement longtemps étudié les diverses techniques orientales, telles que la méditation et sont coutumiers de ce que l’on nomme « les exercices de développement psychique. » Cette seconde méthode, qualifiée peut-être à tort « d’Orientale », consiste à détourner son attention mentale de l’extérieur et des autres pour la tourner, d’une manière irrévocable, en direction de la Source commune à tous les êtres humains.

Il est amusant de noter, à ce propos, que lorsqu’une personne se considère comme faisant partie des humains qui l’entourent par milliers, elle a du mal à considérer qu’il peut exister une Source unique pour chacun et que ce chacun ne soit en rien différent de sa Source. En effet, comme chacun de nous peut-il être le seul à être relié à la Soi-Conscience ? Et les autres, alors ? Cependant, lorsque le regard se tourne soit vers l’intérieur, soit « vers le haut », comme on dit, alors il devient évident que chacun de nous n’a, en face de lui, qu’une seule Source et qu’il est le seul à y être relié. Ce raisonnement nécessite quelques minutes de méditation mais une fois qu’il a été compris puis absorbé, il devient un des concepts les plus illuminant de notre époque et explique ainsi un ancien mystère qu’aucun intellect humain n’était capable de résoudre ou un paradoxe impossible a concilié, sans l’aide de cette petite astuce.

Résumons un peu tout cela, si vous le voulez bien. Nous vivons tous au sein d’une matrice planétaire qui offre une ambiance générale pour tous. Toutefois, chacun de nous peut générer une matrice secondaire ou individuelle nous permettant de vivre autre chose et donc, autrement. Une matrice secondaire ou individuelle nous permet de ressentir une ambiance qui donne une nette idée de la qualité des processus mentaux qui en sont à l’origine. Processus mentaux qui proviennent de l’inconscient collectif, la somme de toutes les pensées humaines. Si notre attention mentale est orientée en direction de l’extérieur et des autres, notre matrice personnelle, appelée ailleurs « le Royaume » décroît rapidement en intensité et donc, en force. Nous n’avons alors plus le pouvoir de résister aux ambiances plus ou moins délétères issues des autres et de l’extérieur. Nous pouvons changer d’ambiance en changeant d’état d’esprit général. Pour cela, nous avons deux méthodes principales à notre disposition.

Soit le processus de réforme psychologique (PRP) qui consiste à observer nos pensées afin de déloger celles responsables d’inconfort ou même de souffrance, soit celui qui implique de réorienter notre attention mentale différemment, soit du dehors et vers les autres, au-dedans et vers notre Source Intérieure. Idéalement, nous pouvons employer l’une ou l’autre de ces deux techniques évolutives, ou même les deux en simultané.
C’est parce que nos pensées ne nous appartiennent pas que nous pouvons en changer et faire ainsi évoluer la perception de ce que nous pouvons être, ressentir et expérimenter. Si nous étions porteurs d’un état d’esprit statique, défini, nous ne pourrions jamais évoluer. En nous fiant essentiellement à l’ambiance générée par nos processus mentaux ou, plus sobrement, à ce que nos pensées nous permettent de ressentir et de vivre, nous sommes alors assurés de ne jamais nous fourvoyer à propos de notre véritable niveau d’évolution.

L’évolution consiste à passer d’une ambiance convenable à une autre, meilleure encore, et ainsi de suite. Le tout est de bien choisir la direction que prend notre attention mentale. Soit nous vivons la même chose que tout le monde, sur Terre et devenons des malheureux sans même le réaliser vraiment, soit nous décidons de nous fier à ce que nous sentons, au-dedans, pour définir ce que nous devons ou non penser. L’avenir appartient d’ores et déjà à toutes celles et à tous ceux capables non pas de « sortir de la matrice », mais de s’en confectionner une pour eux-mêmes et en concordance de plus en plus parfaite avec ce que nous attendons et espérons de la Grande Vie. Soyons le changement que nous désirons voir apparaître sur Terre et commençons par le vivre en nous-mêmes plutôt que les autres et l’extérieur le produisent pour nous et à notre place.

Serge Baccino

Le prêt animique

Le prêt animique

Lorsque nous arrivons sur Terre, que nous « naissons », comme on dit, en réalité, ce n’est pas nous qui naissons parce que nous ne sommes pas encore en capacité de conscience personnelle. Ce qui naît alors consiste en deux choses : notre futur corps de chair, habité par les morceaux d’âmes prédéfinis par le Soi Naturel. Lors de la conception, lorsque le spermatozoïde de l’homme pénètre l’ovule de la femme, ce qui se produit en fait est bien plus complexe que ce que la science médicale actuelle peut seulement l’imaginer. Ce qui se produit est que la moitié du futur atome germe de l’enfant à naître pénètre dans le corps de la femme, qui contient déjà l’autre moitié de ce même atome germe, au niveau de l’ovule fécondable.

On s’est toujours demandé par quel miracle, parmi les milliers de spermatozoïdes qui se précipite sur l’ovule porteur du demi-atome germe, un seul et unique de ces spermatozoïde pourra être accepté par cet ovule et pourra donc y pénétrer. En fait, nul mystère en cela, simplement l’expression d’une Loi incontournable qui énonce que le pôle plus est toujours attiré par le pôle moins. Et comme un seul spermatozoïde est porteur d’un pôle positif, sous la forme d’un demi-atome germe, alors il est logique que l’ovule accepte de se laisser pénétrer, puisqu’elle contient déjà le pôle opposé. Mais pourquoi scinder ainsi en deux ce pauvre atome germe ? Pour correspondre à une autre Loi, beaucoup moins connue, celle-là et par rapport à la Loi d’Attraction magnétique ou, à tout le moins, afin que cette dernière puisse se manifester dans la matière.

Cette seconde Loi est celle nommée parfois Loi de préséance ou de primauté. Cette Loi implique que pour qu’il y ait circulation d’énergie, il faut que cette même énergie, quelle qu’elle soit, circule d’un pôle positif à un pôle négatif, les deux pôles présentant la même nature mais une nette différence de charge. Dès l’instant où une énergie peut circuler d’un premier pôle à un autre, soit du pôle plus au pôle moins, elle peut alors circuler en sens inverse, mais toujours d’un pôle à un autre, soit du pôle négatif au pôle positif, créant ainsi un mouvement double, en rapport avec une autre Loi qui énonce que tout ce qui descend doit ensuite monter ou que tout ce qui circule dans un sens doit ensuite circuler dans l’autre, et ainsi de suite.

Tout est double, toujours ! Et l’énergie en mouvement, à savoir quand il est question pour elle de circuler, doit pouvoir le faire dans les deux sens, d’un pôle à un autre puis du second au premier. Ceci est primordial et nous assure non seulement une vie éternelle, mais également un « retour à la Source. » Une vie éternelle, du fait que tout ce qui vit doit mourir pour ensuite revivre, sous une forme ou une autre et inversement (mort/vie.) Un retour à la Source, du fait que ce qui a commencé, en tant qu’aventure humaine et dans le mode « descente vibratoire des énergies », doit être suivi d’une remontée vibratoire vers la Source, soit vers l’Origine divine de notre humanité.

Pour mémoire, ce n’est pas chaque être humain qui est divin, c’est l’humanité, prise comme un tout, une entité, qui est issue des plans supérieurs et dont la Source se situe sur les plus hautes fréquences. En somme, tandis que l’origine de chaque être humain est son Soi Naturel, l’origine de ce qui devint à un moment donné « l’humanité » ou, plus prosaïquement, les tout premiers humains, sont de nature divine. Mais revenons à notre sujet du jour. Nous avons appris que ce sont deux lois particulières, la loi de préséance et la loi d’attraction magnétique qui sont à l’origine de toutes les naissances, sur Terre. La loi de préséance pourrait se résumer ainsi : pour que la nature d’une chose quelconque puisse circuler d’un point à un autre, il faut que la représentation de cette même nature soit déjà présente au niveau des pôles opposés mais complémentaires situés sur cet axe de circulation.

Ou, et plus sobrement, si un atome germe doit descendre dans la matière, il faut… Qu’il y soit déjà, ne serait-ce qu’en infime partie.
Cela peut heurter notre intellect savamment programmé, pourtant, l’idée est très logique et à plus d’un titre ! Pour qu’il y ait circulation d’énergie, il faut qu’il y ait auparavant un but qui donnera un sens et une trajectoire à cette même circulation. Toutefois, l’énergie n’acceptera de circuler, but, sens ou pas, qu’à deux conditions spécifiques. La première de ces deux conditions : il faut absolument que le but soit identique en Nature que ce qui s’en va à sa rencontre. La seconde, il faut absolument qu’il y ait une DDP, une différence de potentiel entre les deux pôles à partir desquels circulera cette énergie.

Si nous avons deux fois la même nature mais d’un degré de manifestation différent, alors l’énergie acceptera de circuler. Mieux encore : elle sera contrainte de circuler ! (Voilà qui devrait inspirer les adeptes de la visualisation créatrice.) Enfin, il a été spécifié que si le pôle naturel opposé à une énergie est « déjà là », soit quelque part en attente de manifestation ou de Rencontre, il faut qu’il y soit… Avant. Avant la circulation énergétique, donc. C’est là que nous pouvons admirer la beauté et le génie des Lois cosmiques en présence ! Car le « déjà là » ou l’« avant » (il faut que le pôle opposé soit déjà présent) n’est en rien une question de temps !

Le temps est un déroulement et donc, un mouvement. Or, avant que l’énergie du pôle positif, attirée par celle moindre mais identique du pôle négatif, ne se mettre en mouvement, à savoir qu’elle commence de s’écouler ou à circuler, il y a absence de temps, puisque absence de mouvement. Certains initiés du passé se sont demandé si le demi-atome germe placé dans l’ovule de la femme, l’était « avant » l’autre moitié, placée dans l’un des spermatozoïdes, ceci afin de respecter cette apparente notion de temps. En effet, et selon cette forme de « logique » typiquement humaine, si le pôle opposé mais complémentaire du spermatozoïde doit être présent au sein de l’ovule « avant » que l’énergie puisse circuler, il faut donc que le pôle « moins » soit placé en la femme avant que ne soit placé le pôle « plus » en l’homme.

En fait, les deux demi-polarités de l’atome germe sont placées non pas l’un après l’autre mais… En même temps ! L’astuce pour comprendre cet apparent paradoxe est d’associer le mot « avant » avec la circulation d’énergie, et non avec les deux demi-polarités de l’atome germe. Puisque l’énergie de l’un ne peut circuler qu’en direction de l’autre, nécessairement, les deux pôles peuvent apparaître en même temps et leur présence à tous deux sera effective « avant » que ne circule l’énergie, même s’il est question de quelques nanosecondes seulement. Notre intellect, lui, n’est pas formé pour faire face à ce genre de subtilité, mais les Lois cosmiques n’ont que faire de notre intellect et de son éventuel accord ni même de sa possible compréhension, pour se manifester tout de même.

Donc, au moment même où les deux polarités sont en place, l’énergie se met à circuler et l’énergie du pôle positif, vient se masser dans le pôle négatif, supprimant le premier au profit du second. En clair, c’est toute l’énergie du pôle positif, du demi-atome germe, qui va se déverser en direction du pôle négatif, ce qui supprimera ipso facto l’une des deux polarités, faisant de l’atome germe désormais complet, une « Monade », c’est-à-dire une unité de conscience non polarisée. Pour que cette Monade humaine ou « conscience individuelle » puisse remonter vers sa Source et effectuer le mouvement de circulation inverse, il lui faudra expérimenter le phénomène naturel inverse. La Monade non polarisée deviendra à son tour la moitié de quelque chose d’autre, qui demeure de l’Autre Côté du Voile d’Isis et retrouvera, de ce fait, une polarité, négative pour cette fois-ci.

Au moment de la fameuse « mort », en fait celle de la structure charnelle, l’étincelle de conscience ou « christique », située dans le cœur, au niveau du nœud sino-auriculaire (ou sinusal), de par sa polarité, retournera vers son opposé complémentaire, soit un pôle Monadique de charge positive. L’inversion de polarité permettra alors l’inversion dans la circulation de l’énergie. Au départ, quelque chose qui n’était pas (encore) nous est descendu dans la chair, après la vie terrestre, c’est la conscience de soi-même qui retourne à la Conscience Divine, cette dernière faisant office de pôle positif d’attraction.

Commettons ici un petit aparté, permettant de comprendre comment et pourquoi les forces d’involution dites « archontiques » ont pu, au moment de la mort, nous détourner de notre destination pour nous faire croire que nous devions absolument retourner à la vie terrestre et dans un autre corps de chair. Si la fameuse « mort » est synonyme de vie éternelle, puisqu’il ne devrait pas exister de réincarnation, qui est une pure invention des archontes, se réincarner, alors que nous sommes déjà une entité consciente, est synonyme de mort. Cela parce que notre Monade, au lieu d’aller rencontrer directement son pôle Divin opposé, est réorientée vers l’incarnation et, de ce fait, obligatoirement scindée, à nouveau, en deux polarités opposées mais complémentaires. C’est de là que naît l’expression « Monde de dualité. »

Mais comment font les forces d’involution, archontiques ou autres, pour nous berner et nous faire croire que nous devons retourner dans un corps, sur Terre ? Elles y parviennent en transformant les mémoires, qui servent d’expérience vivante et consciente à l’Être Suprême, en concepts de bien ou de mal. C’est le fameux « fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal », consommé par Adam, soit l’esprit, et Eve, soit la force vitale, autrement dit, les deux polarités de l’âme humaine. Autrement dit, tout ce que nous expérimentons, avons expérimenté et expérimenterons encore, doit juste servir d’expérience et ne surtout pas être jugé à partir de concepts dualistes.

Rien n’est « bon » ou « mauvais » : il y a juste ce qu’il est possible de vivre et ce qui n’est pas possible de vivre ou, et plus sobrement, ce qui nous convient et ce qui ne nous convient pas, dans un laps de temps défini. En inventant l’émotion de culpabilité à l’idée qu’une chose vécue n’aurait pas dû l’être, les forces d’involution ont laissé croire à l’être humain qu’il pouvait et même devait absolument « revenir » afin de compenser ses erreurs et, si possible, à ne pas en commettre d’autres. Évidemment, cette optique est meurtrière, car non seulement l’humain est incapable de ne pas être… Eh bien, humain, n’est-ce pas, mais de plus, en revenant, il commet toujours plus d’erreurs, selon la vision dévoyée des forces d’involution.

C’est donc une sorte de cycle sans fin qui s’établit ainsi, n’apportant que toujours plus de honte, de regrets et de culpabilité.
Sans compter qu’à chaque « retour » non prévu, la conscience personnelle s’éteint et ce ne sont que des fragments d’âme qui se réincarnent ainsi, de la simple mémoire, ce qui explique les fameux « souvenirs de vies antérieures. » Si l’être humain connaissait la vérité à ce sujet, il ne se flatterait plus d’avoir eu de nombreuses vies et d’être, comme on le dit « une vieille âme. » Nous connaissons déjà le but de ces forces d’involution : elles ont besoin de nos énergies animiques pour subsister. Elles se nourrissent, entre autres, de nos émotions les plus basses, de nos peurs, de nos angoisses et de tous ces sentiments dont nous avons appris à avoir honte.

Mais au départ, qu’est-ce qui était prévu pour l’humanité ? Il était prévu une seule vie sur Terre, dans la 3D, puis une évolution naturelle vers les origines mêmes de nos composants spirituels et animiques. Autrement dit, il était prévu que l’être devienne progressivement conscient d’être fait d’esprit et de force vitale (ou de pouvoir divin.) Il n’a jamais été prévu qu’une personnalité ou qu’une individualité apparaisse, issue des tribulations sans nombre d’une incarnation humaine, puis qu’elle disparaisse en revenant dans la chair, dans le secret espoir de compenser ses erreurs ou même, de « faire mieux. » Il n’existe aucune erreur à compenser et notre vie, à chacun, est forcément la meilleure puisque c’est celle que nous expérimentons ! Nulle honte, nulle culpabilité, car tout est permis bien que tout ne soit pas utile.

Le prêt animique, le fait que quelque chose vienne, rencontre des expériences et qu’il en ressorte une personnalité, quelque chose qui soit d’accord avec les épreuves rencontrées, les expériences vécues, ou que ne le soit pas, était simplement le moyen pour qu’apparaisse une conscience personnelle et géolocalisés. Ce qui est arrivé ensuite, bien que faisant partie intégrante de l’aventure humaine, n’était pas pour autant prévu par la Source. Mais cette dernière a laissé faire car, bien souvent, ce qui n’est pas déjà prévu ou connu, est bien plus intéressant, voire enrichissant que ce qui l’était au départ. On sait que l’un des buts connus de la Source est de permettre à la conscience universelle, à la conscience de l’esprit, donc, de se manifester au travers des innombrables formes qu’elle est capable d’engendrer.

Et le plus étonnant, dans tout cela, c’est que ce que peut manifester l’esprit conscient ne consiste pas en ce qu’il est mais bien en tout ce qu’il n’est pas. Mais ce dernier sujet est d’un bien trop haut niveau pour être traité ici et dans une seule et même conférence.

 

Serge Baccino

Nous avons toujours été seuls

 

Nous avons toujours été seuls

Ce nouveau sujet de psychologie des profondeurs, de l’étude de l’âme, puisqu’il s’agit de la véritable définition de la psychologie, est l’un des plus complexes et, sans doute, l’un de ceux qui auront un peu de mal à « passer », comme on dit. Non pas que nous ne soyons pas tous capables de comprendre, d’un point de vue purement intellectuel, mais plutôt que nous n’aurons pas tous l’envie de comprendre et, partant, d’accepter pour vrai. Cela parce que le sujet de ce jour, remue beaucoup de chose en nous. Des choses que nous n’avons pas forcément envie de voir remuer ! Pourtant, lorsque nous étions très jeunes, nous avons été confrontés à cette réalité non seulement étonnante mais aussi, un brin effrayante. Cette réalité, cette prise de conscience, plus exactement, consistait en la réalisation que nous sommes seuls. Nous sommes seuls depuis le début, nous le serons tout au long de notre vie et, en fin de compte, nous le serons encore au moment venu pour nous de quitter définitivement ce monde de la 3D ainsi que le corps qui a permis de nous y manifester avec plus ou moins de bonheur.

C’est là que beaucoup se cabreront, tel un étalon fougueux piqué par un taon ! « Comment ? Nous sommes seuls, toujours ? Mais qu’est-ce qu’il raconte encore, cet énergumène ! » Évidemment, si on se met à compter le nombre de corps différents du nôtre qui peuvent nous entourer, qui nous tenons compte des gens qui affirment nous aimer ainsi que ceux que nous sommes persuadés d’aimer, nous pouvons être grandement abusés. Pourtant, ce sont d’autres corps que le nôtre qui nous entourent, d’autres bouches que la nôtre qui prétendent nous aimer et être « avec nous ». Cela ne correspond pas à de véritables présences ; cela reste encore et toujours extérieur à nous. Nous ne faisons que « prendre en nous » ce que nous pensons voir à l’extérieur de nous.

Et pour ceux que nous aimons, auxquels nous tenons, voire auxquels nous sommes carrément attachés, répliqueront certains ? Là encore, nous sommes seuls : nous sommes les seuls qui prétendent aimer, détester et quoique nous puissions sentir, en nous, ce ne sera toujours que le résultat de nos propres processus mentaux et des émotions qui les accompagnent. Prenons tout de suite un exemple commun : une femme mariée demande souvent à son époux s’il l’aime : « Chéri, est-ce que tu m’aimes ? » Elle demandera même ceci : « Mais mon chéri, est-ce que tu m’aimes… Vraiment ? » Pourquoi cette demande récurrente ? La réponse est évidente : parce qu’elle ne se sent pas aimée, tout bonnement ! Et pourquoi ne se sent-elle pas aimée ? Réponse : parce qu’elle ne ressent pas d’amour en elle.

Nous ne pouvons ressentir QUE ce qui se passe ou se produit en nous, jamais ce qui se passe ou se produit chez les autres ! Bien que nous puissions réussir ce tour de force de la croire ! Alors qu’en réalité, ce ne sont, au mieux, que des « réponses » de notre être intime, à ce qu’il a compris de ce qui semble se produire au-dehors et chez les autres. Nous ne pouvons ressentir que ce qui est en nous, cela parce que notre système nerveux est également en nous. S’il se situait à la périphérie de notre corps, nous pourrions peut-être ressentir autre chose que ce qui est en nous, mais ce n’est pas le cas, n’est-ce pas ? Tout passe d’abord par nous et par nous seuls ! Tout y demeure ensuite. Notre être intime ou notre âme, si vous préférez cette approche, représente le filtre suprême. C’est lui et lui seul qui nous permet de dire qu’une chose est bonne ou mauvaise, ou encore que ce que vit une autre personne est triste ou amusant.

Dans tous les cas, ce n’est que notre réponse intime à des stimuli provenant de l’extérieur mais qui, ensuite, rencontre nos différents filtres, les traversent puis arrivent à notre conscience objective. Nous ne captons pas vraiment ce qui se produit à l’extérieur et chez les autres : nous percevons seulement ce que nous sommes capables d’appréhender de ce que nos sens transmettent à nos filtres mentaux (Mémoires, programmations.). C’est d’ailleurs pour cela que nous avons chacun une histoire différente ou propre. Un vécu peut ressembler à un autre mais il ne pourra jamais être identique, ceci à cause justement de ces mêmes filtres.

Quelques considérations, tout de même, au sujet de ces fameux filtres. Leur importance a toujours été soit ignorée, soit relativisée. Pourtant, ce sont eux qui nous privent de la véritable actualité planétaire, c’est-à-dire de ce qui se passe vraiment, ceci indépendamment de ce que l’on pourrait croire ou penser de ce qui se passe effectivement. Si vous préférez, ces filtres, comme leur nom semble l’indiquer, ne nous permettent pas de capter directement ce qui se produit en fait. À cause d’eux, nous ne pouvons que présumer de ce qui se passe, cela en fonction de toutes les idées et croyances diverses qui se trouvent déjà en nous, ainsi que les émotions qui les accompagnent. Comprenons bien le processus dans son ensemble : nous avons en nous ce que nous appellerons ici « un matériel mental et émotionnel ». Ce dernier est relatif à notre vécu et à nos propres réactions face à ce vécu et ce, depuis la prime enfance.

Nous avons des idées sur tout ! Nous avons surtout des idées ! Nous croyons savoir des choses, connaître les personnages qui nous entourent et eux-mêmes pensent nous connaître. Nous subissons tous, peu ou prou, des programmations mentales qui se déclinent selon des schémas spécifiques, qui influent sur notre capacité à réfléchir sainement et librement, et qui, surtout, nous obligent à réagir sans cesse, au lieu de nous permettre de vraiment agir. Agir implique de penser librement. De penser d’une manière aussi novatrice que logique, en fonction des expériences et des personnes rencontrées. Or, nous ne pensons que très rarement d’une manière originale ! Nous nous référons sans cesse à notre contenu mental, à nos mémoires. Nos schémas mentaux nous poussent plus à la répétition inconsciente qu’à une action concertée et consciente.

Le vin que nous buvons à table est bien le fruit que la vigne, mais il n’est pas le jus de son raisin ! Ce dernier a dû passer par des filtres afin qu’en fin de cycle d’épuration, il ne puisse rester que du vin. Il en va de même pour nos processus mentaux qui sont soit hérités et donc, de seconde main, soit personnel mais répétitif, car issus des expériences qui nous ont le plus marqués, durant notre vie.
Maintenant que nous comprenons un peu mieux en quoi nous sommes pour ainsi dire coupés de l’actualité à cause de nos filtres mentaux intimes, il nous reste encore à comprendre en quoi cette perception indirecte ou carrément faussée de l’actualité, a fait de nous des femmes et des hommes seuls, depuis notre naissance.
Pour le comprendre, évoquons simplement l’exemple de l’amitié trahie. Nous avons tous eu des amis, surtout durant notre jeunesse. Nous aimions leur compagnie, pensons-nous ? C’est faux et nous allons le voir plus loin.

Un jour ils ont trahi la confiance que nous avions en eux ? OK, voici une supposée expérience qui arrive souvent, non ? Mais la encore, c’est complètement faux ! (Voir plus loin.) Et nous voilà dans une situation fâcheuse : nous en voulons à cet ami d’avoir fait cesser une si belle amitié. Nous sommes conscients que la personne n’était pas telle que nous la pensions (notez l’expression au passage !) mais nous avons encore tant de beaux souvenirs en commun avec cette personne ! Nous ne savons pas vraiment si ce qui nous attriste le plus est la supposée « trahison » de cet ami, ou le fait que nous voilà désormais avec de magnifiques souvenirs sur les bras, dont nous ne savons plus quoi faire exactement ! En effet, comment ressentir encore ces choses et, en même temps, ce sentiment de trahison en nous ? Devons-nous rejeter le passé que nous avons pourtant ressenti ? Devons-nous oublier, pardonner à cet ami afin de retrouver un semblant d’équilibre en sa compagnie ?

En vérité, nous sommes très loin de percevoir « ce qui est », à savoir, ce qui se passe et s’est toujours passé en nous et autour de nous, indépendamment de notre prise de conscience affreusement limitée ! L’actualité et la réalité intérieure, quand elles ne correspondent plus, du moins selon nous, engendrent une panique mentale du plus bel effet ! Nous ne sommes pas capables de conserver en l’état une idée qui nous propose deux émotions différentes ou opposées. Avons-nous toujours un ami ? Doit-on quitter cette idée d’amitié ou bien quitter l’idée de trahison ? Car il y a désormais deux idées antagonistes, en nous, et c’est cette dualité intime qui produit de la souffrance, et non le fait que quelqu’un d’autre nous a trahis ! Pour sortir de cet imbroglio regrettable, nous devons réussir à comprendre puis à admettre (accepter) ce qui se produit vraiment dans de tels cas et dans bien d’autres d’ailleurs.

Première question : qui ressentait du plaisir en présence de cet ami, avant la fameuse « trahison » ? Réponse : c’est nous et nous seul, avec notre système nerveux ! Seconde question : qu’est-ce que cet ami est censé avoir trahi ? Réponse nos propres attentes qui consistent essentiellement en la durée d’une chose aimée ! Ici, la chose aimée est ce que nous ressentons, aussi longtemps que l’ami a un comportement général qui répond à nos attentes et qui correspond à ce que nous avons aimé en lui depuis le début. Ce sont donc nos propres attentes qui nous ont trahis, pas l’ami qui a sans doute du mal à demeurer tel que nous le souhaitons et l’aimons. Et ce que nous aimions, chez cet ami, c’est ce qu’il nous faisait ressentir, et seulement ça ! Depuis le début de cette supposée « amitié », c’est notre être intime qui a tout géré ! C’est lui qui avait des attentes. C’est lui qui s’est senti trahi et c’est aussi lui qui ne sait plus quoi faire d’une idée et d’une émotion contraires, car il conserve toujours le souvenir de ce qu’il a aimé chez l’autre, chez l’ami, donc.

Alors, on aime ou bien on aime plus ? Qui ça ? L’ami ? Non, ce que nous aimions de ce que nous ressentions tandis que nous étions avec lui. À présent, avec deux idées antinomiques sur les bras, nous ne savons plus comment faire. Nous pouvons bien sûr jouer à l’être évolué à n’en plus pouvoir, qui « pardonne ». OK, mais allons-nous oublier pour autant ? Nous pourrions aussi envoyer valser au loin l’ex-ami et ainsi ne plus être en contact avec ce qui nous rappelle des souvenirs ? Mais allons-nous oublier que nous aimions ce que cette personne nous permettait de ressentir ? Sans doute pas. Jamais, d’ailleurs, car nous connaîtrons alors une sorte de manque et là encore, nous confondrons la personne elle-même avec ce qu’elle nous permettait de vivre. Mais au fait… Pourquoi cette méprise et à l’origine ? Une personne pourrait-elle avoir ce pouvoir de nous permettre de vivre une chose que nous ne pouvons vivre que par son intermédiaire ?

Le principe de projection nous explique tout ! Bien que l’être humain soit et demeure seul, du début à la fin de sa vie, sa nature intime ne supporte pas cette seule idée. L’être a un besoin viscéral de se sentir uni ou relier à quelque chose ou, au mieux, à quelqu’un. C’est ce que l’on nomme « le besoin de l’altérité », du fait qu’il puisse exister autre chose que notre conscience, témoin involontaire de toutes choses. Le gag, en l’occurrence, c’est que tandis qu’il existe ce besoin d’altérité, il existe conjointement la peur de l’altérité ! Autrement dit, tandis que l’être humain a besoin des autres pour ne pas se sentir seul, ce sont justement ces autres qui ont ce pouvoir maléfique de le renvoyer à sa solitude intérieure. Ceci explique bien de mystères comportementaux, du style « Je te prends et je te quitte » ou encore « Je ne te supportais plus, mais combien tu me manques » !

L’ésotérisme explique que le but de ce besoin ainsi que de cette peur, aussi réels l’un que l’autre, puisque réellement ressenti, est de permettre à l’homme de réaliser une profonde vérité connue depuis toujours par les véritables initiés et quelques fois résumée ainsi : « Tout est en nous. » Nous comprenons, à présent que nous ne contenons évidemment pas l’univers physique, mais que la perception de cet univers, de tout ce qu’il contient et de tout ce que ce contenu nous permet de vivre, est effectivement en nous. Pourrions-nous avoir conscience d’une chose qui ne soit pas dans notre conscience ? Voilà qui serait pour le moins étonnant !

Serge Baccino