Les Mémoires et le temps qui passe

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Les Mémoires et le temps qui passe

Comme nous le savons, le propre des Mémoires et de ne jamais varier dans le temps. En effet, une mémoire ne peut pas être évolutive : elle ne peut que débiter sempiternellement le même contenu formel. Nous croyons sans doute que nos Mémoires nous servent. Par exemple pour nous souvenir de qui nous sommes et de ce que nous avons vécu. Mais ce n’est pas le cas. En fait, nous croyons nos Mémoires utiles parce qu’on nous a formatés de manière que nous le pensions, que nous en soyons persuadés. Par exemple, sans mémoire il nous serait difficile de retenir ce que nous avons appris dans une école de conduite, celle qui nous a permis d’obtenir notre permis de conduire. En réalité, nous n’aurions même pas besoin de nous souvenir de ce que signifient les panneaux du Code de la route : l’habitude aidant, nous pouvons reconnaître le comportement adéquat, en fonction des indications relativement simples de ce même code de conduite.

En ce domaine comme en cent autres, nos Mémoires servent plus ceux qui nous asservissent depuis notre naissance que nous-mêmes ! En effet, et pour conserver l’exemple du Code de la route, il nous a fallu apprendre par cœur ce que nous devions faire au volant, simplement pour offrir l’occasion aux forces de l’ordre d’avoir une raison « valable » de nous pénaliser. Il est vrai qu’à partir du moment où nous savons ce que nous n’avons pas le droit de faire (exemple, brûler un stop), nous ne tergiverserons que du bout des lèvres lorsque les mêmes FDO nous mettrons une amende. Ce sont nos Mémoires qui nous permettent de nous sentir coupables ou pris la main dans le sac, comme on dit. En effet, puisque nous avons appris et surtout, retenu ce que nous n’avons pas le droit de faire, si nous le faisons tout de même, nous penserons alors être pris en faute.

Et comme nous le penserons, nous le sentirons également et pour nous, la chose sera véridique et entérinée. Un peu comme quand nous étions enfants. Tout d’abord, on nous a dressés la liste des interdictions. Et elles étaient plus nombreuses que les choses que nous étions autorisés à faire ! Ensuite, les parents puis, plus tard, les éducateurs scolaires, ont adroitement œuvré pour vérifier si nous avions correctement « appris nos leçons ». Entendez par là, si le programme mental instillé plus ou moins de force, avait laissé une trace mémorielle suffisante pour que nous y répondions sans même le savoir, sans même le vouloir. Ce sont donc nos Mémoires qui nous privent de liberté, et NON PAS les autres ou de quelconque règlement dont nous pourrions aisément nous passer.

La preuve, si nous brûlons un stop et qu’aucun gendarme ou policier n’est présent, nous aurons la preuve formelle que ce qu’on appelle « la répression » est devenu nécessaire, car les gens commencent à en avoir assez de se fliquer eux-mêmes.
Apparemment, ça ne fonctionne plus si parfaitement : les gens commencent sans le réaliser vraiment, à rejeter les Mémoires les plus débilitantes, au profit d’un sentiment de liberté des plus révélateurs de leur Nature intrinsèque ou réelle. Nous pourrions nous poser cette question : si le processus des Mémoires est si puissant, pourquoi sommes-nous de plus en plus fliqués, de plusieurs côtés en même temps ? De prime abord, il semblerait que nous venions tout juste de répondre à cette intéressante question, mais il n’en est rien. Du moins, il manquerait un élément crucial à cette réponse pour qu’elle en soit vraiment une, complète et claire.

Nous savons déjà que les Mémoires sont des contenus formels statiques, qui racontent toujours la même chose et qui ne peuvent, de ce fait, évoluer le moins du monde. Mais personne n’affirme ici que les Mémoires ne varient jamais d’un point de vue énergétique ! Et là se trouve le secret d’une correcte libération mentale. Essayons de nous montrer précis et avançons doucement dans l’énoncé de cette sorte d’astuce que le Deep State connaît depuis longtemps et contre laquelle il lutte, depuis toujours et avec une très nette efficacité. Du moins pour le moment encore. Nous affirmons que le contenu formel des Mémoires est invariable. Cela est logique puisque ces Mémoires sont censées enregistrer fidèlement une connaissance précise. C’est donc un élément purement mental, ou intellectuel, qui est ainsi enregistré et qui devient ensuite invariable.

Et ceci pourrait durer très longtemps si un quelconque élément autre que purement mental, ne venait pas intervenir au bout de quelque temps. Un temps qui peut énormément varier, d’une personne à une autre et même, d’un individu à un autre. Car tout le monde est programmé, peu ou prou, mais tout le monde ne le vit pas de la même manière ni avec la même intensité. Et c’est justement cette même « intensité » qui peut faire toute la différence et ce, très rapidement, du moins à l’échelle humaine. Toute pensée, tout programme mental, même prévu pour durer, se doit d’être alimenté en énergie vitale. Autrement dit, nos Mémoires ne peuvent perdurer qu’en fonction de l’énergie qu’elles reçoivent. Et elles reçoivent de l’énergie de deux manières différentes, opposées mais complémentaires.

La première de ces méthodes d’alimentation en énergie, susceptible de faire durer une programmation et donc, une mémoire, c’est l’accord, même tacite ou l’acceptation. Si vous êtes d’accord pour penser une chose d’une manière identique et donc, durable, alors le programme mémoriel recevra de l’énergie et durera aussi longtemps que durera l’acceptation. La seconde méthode d’alimentation en énergie vitale de nos schémas mentaux mémorisés, c’est la lutte. Autrement dit, le refus de vivre une chose que hélas, nous allons vivre tout de même et c’est en cela que nous sommes agacés. En effet, qu’est-ce que lutter, si ce n’est employer de l’énergie et la projeter en avant ? Et comme nous luttons contre de simples idées ou des Mémoires, ce qui revient au même, au lieu de les faire cesser, nous les alimentons de plus belle. On dit d’ailleurs que lutter contre un ennemi revient à alimenter cette lutte et en faire pour ainsi dire une priorité.

Pour celles et ceux qui ont étudié et qui ont travaillé un tant soit peu sur eux-mêmes, vos diverses prestations (études, pratiques) ont fait que vous avez évolué en prises de conscience. Vous savez, désormais, ce que vous aimez ou pas en vous-mêmes. Mais ce que vous ignorez encore sans doute, c’est comment vous débarrasser de ce que vous n’aimez pas en vous. Même si vous savez que ce n’est pas vous (puisque vous pouvez le dénoncer et donc, vous en dissocier.) La conscience de Soi est ce qui peut faire toute la différence, à savoir retirer peu ou prou d’énergie vitale, à telle ou telle autre idée, à telle ou telle autre croyance. Passer en revue nos processus mentaux, les observer sans passion ni intérêt particulier, nous permet de décider si ces mêmes processus mentaux méritent encore et toujours notre confiance ou pas.

 

Serge Baccino