Maison et Demeures du Père

Getting your Trinity Audio player ready...

Maison et Demeures du Père

Revoyons rapidement ces magnifiques versets bibliques :
Jean 14 2,3 « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi… » Nous avons déjà compris que l’allégorie aux « Demeures » consiste en ce que nous appelons, ailleurs « Les Demeures de l’âme » et que d’autres nomment plus sobrement « plans » ou « niveaux d’existence. » Le fait que ces « demeures » se trouvent toutes dans la Maison du Père, sous-entend que cette dernière consiste en le contenant, tandis que les demeures consistent en le contenu. Un contenu vibratoire s’entend, puisque tout est fait d’esprit.

Certains ne s’y sont pas trompés et affirment qu’il existe en fait deux matrices. La Matrice Divine et la matrice artificielle. C’est au sein de cette dernière matrice que s’inscrivent les différentes demeures  ou les différents plans ou niveaux vibratoires. Encore une manière de vérifier qu’en effet, « Tout est double, toujours. » Toujours et en toutes choses et pour toutes choses, précisons-le ici. Nous aurions une Maison du Père, une Matrice Divine, donc, sans limites apparentes, et qui contiendrait les différentes matrices secondaires, les « Demeures de l’âme », à savoir, les différents plans de conscience, comme on le dit, entre autres, en psy éso.

Sans vouloir verser dans une certaine forme de philosophie permissive, telle que celle qui cautionne, par nécessité, l’existence simultanée du bien et du mal, nous pourrions déjà en déduire que si les différentes Demeures secondaires sont toutes incluses au sein de la Matrice Divine ou « Maison du Père », c’est parce que lesdites demeures, aussi négatives qu’elles puissent paraître à quelques-uns, font partie de la Création générale et qu’à ce titre, elles sont tout à fait légitimes. Nous avons souvent tendance à croire que puisqu’une chose nous apparaît comme étant négative ou même mauvaise, c’est là la preuve que cette chose ne devrait pas exister, qu’elle bénéficie d’aucune forme de légitimité.

Or, il existe une forme de logique imparable, sans pitié, et nous pourrions la résumer ainsi : « Puisqu’une chose est capable de se manifester et de durer dans le temps, au sein de la Création, alors c’est qu’elle est légitime. » Nous pourrions même aller plus loin : « Si rien ni personne n’a réussi à faire cesser une manifestation quelconque, alors c’est la preuve que cette même manifestation est légitime. » C’est un peu comme si nous disions que le simple fait de la présence de quelque chose, suffit à la rendre légitime. Puisque c’est là, c’est que ça fait partie du décorum, du « Tout », comme disent les Hermétistes. Et d’ailleurs, dans le concept même du « Tout » ou de « Toutes Choses », se retrouve, nécessairement, tout ce qui ne trouve pas grâce à nos yeux quelque peu limités.

Ceci afin de mettre un terme à une aberration mentale issue d’une spiritualité tellement malmenée, qu’elle en devient irrationnelle. Et la spiritualité est toujours malmenée lorsque ceux qui prétendent l’enseigner, ne sont pas eux-mêmes correctement formés. Nous faisons ici référence à cette forme de spiritualité qui se veut quelque peu nihiliste et qui, par exemple, laisse entendre que le monde astral, sous le prétexte qu’il est trompeur, qu’il consiste en une pure illusion, ne devrait pas ou plus être manifesté ou en fonction. Cette dernière version, en plus d’être déplorable, car issue non pas de la simple ignorance, mais d’un apprentissage bâclé, ce qui est pire, est totalement inutile. En effet, ce n’est pas seulement l’astral, par exemple, qui est un leurre puisqu’une simple vue de l’esprit, mais l’ensemble de la création continue !

En clair, tout est illusion, car tout est formé en esprit et mentalement. L’univers est une gigantesque « vue de l’esprit », une parfaite illusion qui est ensuite transformée, par notre cerveau et certains autres sens psychiques, en quelque chose de tangible, considéré comme étant réel. Ce que nous croyons toucher, par exemple, n’est pas de la matière solide : ce que nous « touchons », en vérité, ce sont nos sens, l’information qui est transmise au cerveau et qui provient des fréquences vibratoires des formes mentales qui consistent en notre univers supposément « matériel ». À part la conscience, rien n’est réel, tout est illusion mais pas nécessairement « illusoire » ! Nous trouvons, ici, une de ces subtilités mentales chères à la Voie de la Siddha, dans sa version laïque et dont est tirée la psy éso, dans sa forme moderne simplifiée.

Une illusion est une chose qui n’existe que pour le mental qui en prend conscience. Pour lui, ce qui est ainsi mentalisé est nécessairement « réel », puisque nous ne pouvons pas prendre conscience d’une chose qui n’existe pas, au moins pour nous, et qui ne soit pas dans notre conscience. Cela dit, le fait qu’une imagerie mentale soit dans notre conscience, n’est pas pour autant un gage de véracité générale. Ou, et plus sobrement, ce n’est pas parce que nous pouvons prendre conscience d’une chose, que cette chose existe pour tous ou indépendamment de notre prise de conscience personnelle. Pour la psy éso, est illusoire ce qui est mal perçu, depuis l’illusion de la matrice artificielle, de l’une quelconque des demeures ou plans de conscience. L’astral n’est pas le coupable. Le problème provient uniquement de notre incapacité à cerner l’esprit du Vivant.

Si des entités astrales nous trompent, devons-nous supprimer leur lieu de résidence ? N’est-il pas plus profitable de faire montre de discernement, de ne plus être en situation de se faire abuser par les apparences ? Sans compter le fait que ce qui prend les allures d’un pire ennemi un jour, peut très bien s’avérer être notre meilleure chance de ne plus dormir notre vie durant, de ne plus rêver notre vie, au lieu de la vivre. Le mal et la souffrance ne consistent pas en une nécessité incontournable, mais ils sont devenus nécessaires pour que l’homme sorte enfin de sa léthargie spirituelle. C’est un peu comme si un Jeu immense avait été inventé, au départ, et que certains joueurs, par la suite, soient incapables d’interpréter correctement l’une quelconque des règles de ce Jeu. Dormir n’est pas jouer ! On dirait le titre d’un film de James Bond !

Ce Jeu est une illusion, une vue de l’esprit de son inventeur. Ceci est un fait établi. Mais cette vue de l’esprit est très précise, ce qui n’est en rien incompatible. Et celui qui s’avère être incapable de percevoir les détails de ce Jeu, est du même coup incapable d’y jouer correctement. Fait amusant, pour jouer correctement à ce « Jeu de la Conscience », il faut deux conditions, opposées mais complémentaires, qui pourraient passer pour aberrantes pour un non-ésotériste. La première condition est de se laisser volontairement abuser par le Jeu. Ou, plus sobrement, de faire semblant de participer à ce que l’on sait n’être qu’une farce cosmique dont l’utilité ou la finalité, nous apparaîtra tôt ou tard et en cours de partie.

La seconde condition, quasiment introduite par la première, est de demeurer conscient, en arrière plan, que rien n’est vrai, solide ou durable, que tout est illusion mais que l’on attend de nous que nous participions de bonne grâce à un Jeu dont les règles ne se dévoilent, au fur et à mesure, qu’à celles et à ceux qui acceptent d’y jouer librement. Certains se plaindront en évoquant l’absence de preuves convenables au sujet du fait qu’il est attendu de nous que nous participions au Jeu de la Conscience librement, voire que nous y trouvions un certain plaisir. Si on prend le temps d’y réfléchir, du fait de l’existence d’une Matrice Divine, elle-même faite d’illusion, il apparaît que certains mauvais joueurs ont profité du fait que « Rien n’est vrai, solide ou durable », pour ajouter à la Matrice originelle et déjà en place, une seconde matrice, plus adaptée à leurs propres attentes frustrées.

Autrement dit, les deux Matrices, aussi bien la Maison du Père que les multiples et différentes Demeures de l’âme, tout cela est de l’illusion, mais aucune de ces formations mentales n’est pour autant illusoire. Et vous noterez que rien ni personne n’a réussi, jusqu’à ce jour, à anéantir totalement la seconde « grille de lecture » de l’univers, les fameuses « Demeures de l’âme. » Au sein de cette matrice artificielle, il y a bien quelque chose qui se manifeste pour nous et cela est aussi « réel » que peut l’être un héros de bande dessiné ou un rôle de cinéma. Qui oserait affirmer, en voyant ces mêmes héros rendus manifestes, dans des livres ou à l’écran, qu’ils n’ont aucune forme d’existence, même pour notre conscience ? Comment peut-on seulement nier l’exposé de nos sens ou le contenu formel de notre conscience ?

L’exemple le plus évocateur est sans aucun doute celui de la peur. Qui n’a jamais eu peur d’une chose ou d’une autre, pour ensuite comprendre qu’elle n’existait pas ou, du moins, n’existait que pour l’imagination ? Les exemples ne manquent pas et il n’est pas rare que nous ressentions de véritables émotions basées sur… Rien de réel ! Il faut juste se souvenir que ce qui se trouve dans notre conscience est pour nous aussi réel que le mur de pierres qui soutient tout un pan d’une maison. Une autre manière de dire que de faire mine que nous ne voyons pas, ce que nous voyons pourtant, n’est en rien une preuve de d’intelligence ou de sagesse. Dans le futur, le mental humain va s’affiner considérablement, se déployer et même, se diversifier. Il deviendra alors capable de soutenir des idées et de jongler avec des concepts qui, de nos jours, paraîtraient illogiques et même, impensables pour un esprit se prétendant « Cartésien. »

Les ésotéristes ne savent pas des choses bizarres et ils ne sont pas des erreurs de la nature : ils ont juste quelques décennies d’avance sur celles et ceux qui désirent demeurer en retard. Ne pas comprendre n’est plus une tare mais un choix. Il est possible de le constater, avec un minimum d’intelligence et de discernement, dans certains évènements advenus depuis cinq ou six ans et sur lesquels il n’est plus utile d’épiloguer, que l’univers avance tandis que la plupart des humains ont décidé courageusement de s’asseoir et d’attendre la suite. Soit ils recherchent frénétiquement un sauveur extérieur, soit ils prétendent pouvoir se sauver eux-mêmes.

Bien que les seconds soient bien incapables de formuler, avec précision, de quoi ils pourraient bien se sauver eux-mêmes ! Ceux qui suivront la mouvance, qui se laisseront porter par la vague du renouveau, auront simplement le plaisir de comprendre les premiers, mais ils ne seront jamais les seuls à y parvenir, car tôt ou tard, tout ce qui est descendu doit remonter, et réciproquement. Pour le moment, nous devons « descendre », nous ancrer en cette illusion de matière. Et puisque la matière est faite d’esprit, c’est en l’esprit que nous nous ancrons, en fin de compte.

 

Serge Baccino