Esprit Planétaire ou humain ?

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Esprit Planétaire ou humain ?

Avons-nous un esprit qui soit « à nous » ? Autrement dit, ce que nous appelons « notre esprit » est-il vraiment le nôtre ? La réponse pourra en étonner plus d’une et plus d’un, et pourtant, elle est logique, d’un point de vue spirituel s’entend. Ou ésotérique. Si notre esprit, cela qui nous sert à penser, donc, était vraiment à nous, nous pourrions non seulement penser d’une manière originale mais de plus, avoir la pleine maîtrise de nos processus mentaux. Or, il nous semble inutile d’argumenter sur le fait que nous n’avons, en fin de compte, aucun contrôle sur ce que nous essayons, tant bien que mal, de considérer comme étant « notre esprit ». Si on s’en tient aux faits, uniquement, nous pouvons voir que de nombreuses personnes pensent non seulement la même chose mais de plus, de la même façon. Se servent-ils pour autant de « notre » esprit pour penser ? Nous servons-nous du leur pour en faire de même ?

Ne serait-il pas plus logique de considérer l’esprit, comme nous pouvons et, par exemple, considérer l’air que nous respirons tous ? Cet air que nous respirons, qui pénètre en nos poumons d’une manière cyclique (processus d’inspir et d’expir) est-il vraiment le nôtre ? Et celui que respirent les autres personnes qui se trouvent autour de nous, respirent-elles un autre air que le nôtre ou bien le même ? Y a-t-il un air pour chaque personne ou chaque personne est-elle en mesure de partager le même air, un air unique pour tous ?Il est un fait que nous pourrions, si nous faisions partie des esprits chagrins, affirmer que tandis que cet air est dans nos poumons, il est à nous et à personne d’autre. Mais avant que nous le respirions, à qui était-il ? Et lorsque nous expirerons, à qui seront les gaz différents et plus ou moins « rares » qui s’exhaleront de nos poumons ?

Il est moins important de définir qu’il existe un seul air pour tous, que de définir que nous respirons tous un air unique et que c’est le fait que nous puissions l’employer librement et sans efforts, que nous avons le net sentiment qu’une certaine quantité d’air nous appartient en propre. Heureusement, si nous devons inspirer, nous devons également expirer. Nous prenons, nous restituons, en somme. Il en va de même pour l’esprit ou, et plus exactement, pour les pensées. Certes, il existe bien un seul esprit pour tous, mais cette seule assertion ne saurait rendre compte de l’ampleur colossale de notre présent sujet. De sa portée spirituelle immense, surtout. C’est l’esprit qui est à la base de toutes choses. Et nous le savions déjà. C’est donc l’esprit qui engendre aussi bien les pensées les plus « aériennes » que la matière en apparence des plus solides.

En fait, tandis que nous sommes en incarnation, que notre corps de chair foule le sol de cette planète, nous ne sommes pas, nous ne pouvons pas (encore) être en contact direct avec l’esprit. Nous sommes seulement en contact avec les formes mentales qu’il a engendrées, au fil du temps. Mieux encore, à force de nous identifier avec ce que nous pensons, nous en sommes arrivés à nous confondre avec ces mêmes pensées. « Je suis ceci plutôt que cela. » Pourtant, nous devrions savoir, également, que nous ne sommes ni ce que nous pensons, ni ce que nous sentons : nous sommes le Témoin de toutes ces choses. Nous sommes la Conscience Une et indivisible. L’esprit est planétaire. Inutile de croire que nous pourrions avoir affaire, pour le moment, à un esprit issu de quelque lointaine galaxie. Tout ce qui se produit sur Terre est terrestre, un point c’est tout. Partant, toute pensée engendrée en esprit et dans le mental planétaire, est terrestre également.

Pour le présenter différemment, disons que notre planète est le corps physique d’un très grand Déva, un Esprit Planétaire, une sorte de Dieu en lequel et comme le disaient les initiés du passé, « nous avons la vie, le mouvement et l’être. » Tout ce qui est à nous ou de nous est d’essence planétaire, autrement dit, est issu de ce grand réservoir animique qu’est cet Esprit Planétaire ou Grand Déva. Nous croyons que nous pensons, alors que « nous sommes pensés », c’est-à-dire qu’un certain processus autonome est en marche et demeure « branché », cela aussi longtemps que nous sommes vivants dans un corps, voire après. Nos pensées ne sont pas les nôtres ; ce sont celles de la planète, en tant qu’entité consciente. Nous ne faisons que sélectionner puis retenir que le type de pensées qui nous correspondent le plus sur le moment.

Le Grand Réservoir planétaire à la base de tout processus mentaux, qu’ils soient conscients ou non, contient donc toutes choses pouvant faire partie de l’Aventure Humaine. Selon la raison pour laquelle nous sommes venus (naissance) et surtout, selon ce que le Soi Naturel comptait vivre au travers d’une extension (personnalité) donnée, certaines façons de penser contenues au sein de ce grand Réservoir mental, serons attirées par la personne physique puis assimilées comme faisant partie intégrante des processus mentaux usuels de cette personne. Ainsi, bien que chacun de nous ait un sang bien personnel qui circule dans ses veines, les pensées issues de l’Esprit Planétaire nous servent seulement de support d’expérimentation. Pour vivre quelque chose, n’importe quoi, il faut que quelque chose soit pensé puis ressenti. Dans le cas contraire, nous avons plus affaire à un légume qu’à un être vivant et conscient. Lorsque l’être humain pense, il ressent puis il en arrive à expérimenter le contenu formel de son état d’esprit ponctuel (ou qui devrait l’être.)

Hélas, nous n’agissons pas de la sorte : lorsque nous aimons une manière de penser, nous la reproduisons le plus souvent possible et, ce faisant, nous finissons par croire que nous sommes bien ce que nous pensons. La preuve ? Si nos pensées sont terribles, notre ressenti le sera aussi et la qualité de notre expression et de notre vécu, en pâtiront d’autant. Nous adorons nous faire croire que nous sommes ceci, plutôt que cela et que notre version est nécessairement meilleure que celle des autres. En réalité, nous avons simplement sélectionné certaines idées à la place d’autres. Toute la problématique humaine provient du fait que si l’Esprit Planétaire, que certains appellent « Gaya » ou « Gaïa », est capable de tout contenir, « en toute impunité » n’importe quel état d’esprit, il n’en va plus de même pour l’être humain. Ce dernier est obligé de « goutter » chaque parcelle de pensée. La planète absorbe tout, en toute impunité, car elle n’est pas quelqu’un mais « quelque chose », une espèce de super-Deva, une Déité qui peut tout absorber.

L’être humain, lui, ne le peut pas. Il doit vivre et donc, expérimenter, le contenu formel de toute pensée se présentant sur l’avant-scène de son mental. L’homme ou du moins l’âme humaine, a littéralement inventé le karma. Une âme devrait être soit « neti, neti », soit pure. Son esprit devrait être fait de Saint-Esprit, autrement dit de conscience, et non simplement d’esprit qui lui est nécessairement formel, durant le temps de l’incarnation et même ensuite. L’esprit est formel, mais ce que l’on nomme le Saint-Esprit, ou plus exactement, l’esprit vierge, est pure Conscience. Lorsque l’humain croit qu’il est ceci, plutôt que cela, il incarne du même coup ce qu’il croit et donc, ce qu’il pense.

Et dès lors, selon la Loi, il doit vivre le contenu de ses pensées, afin de prendre conscience de leur valeur exacte pour l’économie de la vie. Le karma commence et se termine par l’être humain ou par son âme. Dans la mesure où l’être humain ne prend plus sur lui ces idées d’être, il fait cesser immédiatement le karma, c’est-à-dire la nécessité cosmique d’expérimenter le contenu formel de l’esprit (ce que raconte la forme mentale) pour en retirer les éventuels fruits.

 

Serge Baccino