Archives de catégorie : Articles

Articles divers que le lecteur pourra kindleliser s’il le désire.

Origine du Mensonge à soi

Origine du Mensonge à soi

 

La psy éso parle souvent du « Mensonge à soi » et insiste beaucoup sur cette partie de l’enseignement psychologique, dans sa partie dite comportementale.  Qu’est-ce que le Mensonge à soi ? A première vue, il paraît difficile de réussir à se mentir à soi-même, n’est-ce pas ? Mentir implique nécessairement de savoir que l’on ment. Se mentir également. Mais ces termes, apparemment impropres pour ne pas dire illogiques, cachent une profonde crainte de devoir assumer un ressenti jugé négatif, lorsqu’il n’est pas carrément condamné. Comment un être peut-il en arriver à cet état de négation de ce qui est pourtant clairement ressenti, du moins au début ? Comment avoir seulement envie de nier un ressenti ? Cela nous semble improbable. Cela parce que la question est mal posée et implique donc une réponse illogique ou inacceptable.

 

Pourtant, la plupart des parents, et peu importe leur volonté ou leur désir sincère de « bien faire », tombent rapidement et facilement dans le piège psychologique du Mensonge à soi, lors de cette période durant laquelle il leur est loisible de répondre aux enfants qui essayent de comprendre pourquoi on leur demande de faire des choses pour lesquelles ils n’ont aucun goût voire aucun intérêt immédiat. Presque tous les parents aimeraient que leurs enfants réussissent à l’école et décrochent, plus tard, « un bon emploi », si possible très bien payé, leur offrant une vie aisée, surtout lorsque sera venu le temps, pour eux, de « fonder une famille. » Comprendre de faire comme maman et papa, en somme.

 

Que ce soit pour aller se coucher alors qu’ils n’en ont pas envie, de rater à la télé les dessins animés que des abrutis font passer à des heures indues, pour venir manger à table quand ils n’ont pas faim ou pour obéir à des ordres qui ressemblent plus à des punitions qu’à des actions répondants à leurs propres attentes, les enfants ont très vite la sensation qu’il leur est demandé de faire des efforts. Autrement dit, de se forcer eux-mêmes et volontiers, voire avec le sourire, à faire des choses qui ne les intéressent pas ou pour lesquels ils n’ont aucun intérêt.

Ici, l’idée n’est pas de définir si cette démarche pédagogique est bonne ou mauvaise mais de RECONNAITREen se plaçant du point de vue des enfants, une fois n’est pas coutume, que ce qui exige un effort est nécessairement désagréable. Du point de vue de l’enfant, il va de soi. Mais rarement du point de vue des parents, ce qui va beaucoup moins de soi !

 

Et là se situe le problème et la source de tous les Mensonges à soi ! Car aucun parent ne désire passer pour un monstre ou pour un mauvais parent (expression qui ne veut rien dire, mais bref.) N’importe quel adulte à peu près équilibré et sain d’esprit, est capable de reconnaître, ne serait-ce qu’à voix basse, que les ordres que reçoivent les enfants sont pour eux plus des fardeaux, des peines ou même des punitions, que des moments agréables à vivre. Si vous êtes capables de comprendre ça, vous êtes alors aptes à comprendre la suite. Mais si vous faites parties de ceux incapables de comprendre, d’admettre ou d’accepter l’idée au moins, alors mieux vaut pour vous d’aller boire un café plutôt que de continuer à lire cet article, car la suite va très certainement beaucoup vous énerver !

 

Pour ne blesser la vue (la susceptibilité) de personne, nous dirons que la suite ne s’adresse qu’aux autres, évidemment, et non à ceux qui prennent le risque calculé de lire mes articles qui eux, sont irréprochable en toutes matières. Le contraire se saurait. Or donc, certains parents ont la mauvaise idées (en fait, l’habitude) de lancer à leurs enfants des lieux communs de ce genre : « Si tu ne fais pas d’efforts dans ta vie, tu n’auras jamais rien ! » Ou autre joyeuseries du genre, qui ne casse absolument pas le moral des enfants qui commencent ainsi leur apprentissage de la vie sur des bases tout à fait enviables ! Du moins, sur celles à partir desquelles les parents ont pu construire une vie réussie et épanouie, comme il ne viendrait à l’idée de personne d’en douter ne serait-ce qu’un instant. Je suppose que l’on se comprend plus ou moins ? Cool !

 

Ainsi, l’enfant apprend très jeune deux choses primordiales pour sa carrière d’être humain équilibré et sain. La première, que dans la vie, il faut fournir des efforts pour obtenir le nécessaire. La seconde, que ces efforts seront aussi agréables que ceux réclamés à renfort de menace, de cris, de punitions ou de chantage affectif, durant sa prime enfance. Il est clair que cela donne tout de suite envie, non ? Mais au fait… Pourquoi devrions-nous « faire des efforts » pour chaque choses utiles, agréables ou même indispensables pour notre vie ? La psy éso enseigne qu’en réalité, c’est exactement l’inverse, qui est vrai ! Quand on fait des efforts, on n’obtient rien, car tout ce que nous devons obtenir étant déjà dû, pourquoi devrions-nous faire des efforts ? Devons-nous fournir des efforts pour que notre cœur puisse battre, pour respirer ou même pour digérer ? N’est-ce pas là des processus aussi naturels que parfaitement rodés ?

 

Ce schéma mental est très vieux et très répandu, même de nos jours. Il provient du désir des parents de s’affilier la volonté et les efforts de leurs enfants afin de mieux cacher leurs propres incompétence à être tels qu’en vérité. La véritable version devrait donc être : « Si tu ne fais aucun efforts pour me satisfaire, n’attends plus rien de moi ! » Ce qui serait au moins plus honnête et ne pourrirait pas ensuite la vie de beaucoup de jeunes gens. Voilà comment débute le Mensonge à soi. Si les parents acceptaient d’assumer les véritables idées ainsi que les ressentis qu’elles font naître en eux, leurs enfants auraient la paix. Les parents ne désirent pas avouer quand ils sont fatigués ou quand il est de LEUR intérêt à eux que l’enfant fasse ou ne fasse pas quelque chose. Les enfants sont alors obligés d’assumer toutes les responsabilités, y compris celle de ne pas avoir envie d’obéir (par exemple) et devront culpabiliser, si possible, cela afin que leurs géniteurs conservent une âme pure et fraîche. Si la vérité était assumée puis exprimée à l’enfant, il comprendrait alors et sans effort, que dans la vie, il devra parfois assumer sa propre humanité, comme le lui montre l’exemple de ses parents, et parfois, attendre des autres qu’ils s’assument eux-mêmes et comme des grands !

 

Mais ce n’est pas ce que l’enfant enregistre dans sa subconscience, Oh non ! Dans cette subconscience, on trouve des combats intimes douloureux, des remords, des doutes, des craintes, la peur de déplaire, de ne pas valoir grand chose, etc. Et tout cela pourquoi ? Parce les enfants sont culpabilisés d’office dès qu’ils refusent d’obéir, de se plier aux règles. On leur fait bien sentir, même si ce n’est pas le but (comme on s’en doute bien), qu’ils ont nécessairement tort, puisque les parents ont toujours raison ! La preuve, qui a le dernier mot, à la fin ? Hum ? Revenons un peu sur ce refus de beaucoup de parents d’assumer… Leur propre humanité, tout simplement et en fin de compte. Par exemple, le père rentre du travail, il est fatigué, l’enfant est un peu turbulent et le père, agacé, lui demande s’il a fait ses devoirs. L’enfant répond que oui, il les a fait. Le père insiste alors pour qu’il retourne contrôler si tout est exact, s’il n’a rien oublié, si tout est juste, etc. Le but étant que ce sale mioche se barre dans sa chambre, OK ? L’enfant se retire en boudant et le père peu alors souffler. Du côté du père, il est clair que le refus d’exprimer le ressenti réel est basé sur le fait qu’il se voit mal en train de demander à son gosse de se la fermer parce que lui, le papa, est fatigué et que son gosse lui court sur le haricot, avec ses glapissements !

 

Du côté de l’enfant, ce qui se passe alors est proprement dramatique ! Il était pourtant plus simple et surtout, plus honnête, de dire clairement au gamin que ses cris font ch… Suer papa ! Plus prudent, surtout. Car ce que l’enfant va comprendre, croire et donc, enregistrer fidèlement pour plus tard, c’est que son père ne l’aime pas, la preuve ? Il le fait aller dans sa chambre à peine arrivé du travail afin de ne pas le voir ! En plus, il n’a aucune confiance en lui car il doute de sa capacité à faire ses devoirs, voire à dire la vérité à ce sujet ! Voilà de bien gros dégâts psychologiques pour une simple fatigue très compréhensible par ailleurs ! Oui mais voilà : papa doit être un surhomme, jamais fatigué, jamais pris au dépourvu, une sorte de dieu vivant qui n’a pas grand chose d’humain, finalement !

Et le pire c’est que ce n’est sans doute pas ce que le père désire faire croire à son fils ! Et il n’a également nulle intention de le vexer ou de lui faire sentir qu’il pense de lui qu’il est un moins que rien ! Oui mais voilà : raisonner en tant que père et donc, en tant qu’adulte mais à la place de l’enfant, est peu intelligent en vérité ! Pour comprendre un enfant, il faut raisonner et ressentir comme le font les enfants, et non décider que « les choses sont ainsi et un point c’est tout ! » Comme répondent certains parents pour couper court à toute discussion.

 

Pourquoi refuser d’assumer un ressenti ? Réponse : parce qu’il n’est pas agréable ! (fallait y penser, je sais, je sais…) Mais dans ce cas, s’il n’est pas agréable et qu’il est issu d’une pensée ou idée quelconque, comme le signifie clairement une des lois du fonctionnement de l’esprit, cela signifie que cette pensée ou idée est mauvaise ! Et dans ce cas, ne pas vouloir assumer deviendrait naturel et même sécurisant. Sans compter que cela nous permettrait de connaître les idées à conserver ainsi que celles à rejeter au plus vite ! Ce qui ferait des vacances aux enfants, éduqués à partir du Mensonge à soi installé et conservé dans la subconscience de leurs géniteurs ! Hélas, comme indiqué en amont, rares sont les parents désireux d’assumer leur humanité.

Et encore plus rares ceux qui acceptent de la laisser s’exprimer devant leurs enfants ! Un parent se doit d’être fort, irréprochable, comprenez-vous ? Ah bon ? Parce que cette bestiole rare existerait, sur Terre ? On est en droit de se le demander.

 

Le problème c’est que l’enfant le croit ! Il en arrive à la conclusion logique que puisque ses parents ont toujours le derniers mots, c’est qu’ils doivent avoir toujours raison. Et avoir toujours raison est assez proches de ne jamais avoir tort, n’est-ce pas. Le problème est que si les parents ont toujours raison, alors il ne reste plus à l’enfant que ce second rôle peu enviable d’avoir toujours tort. C’est du moins la prémisse logique dans un Monde géré par la dualité. Et lorsque l’enfant devient adulte et père à son tour (ou mère), il lui est offert sur un plateau une chance unique d’avoir enfin le rôle le plus glorieux, à savoir celui du parent qui a toujours et nécessairement raison et qui est irréprochable en tout et pour tout ! Ouf, il n’aura plus à jouer ce rôle merdique au possible ! Youpi ! Euh… Mais au fait… Qui va devoir se farcir le rôle inverse, désormais ? Croyez-vous qu’il va pleuvoir, demain ? Comment vont vos plantes grasses, au fait ? Parlons plutôt de choses intéressantes, voulez-vous ?

 

Serge Baccino

Sortir dedans

Sortir dedans

 

Voilà un drôle de titre, n’est-ce pas ? Mais ne vous en offusquez pas, c’est fait exprès ! De toute manière, il n’est guère possible d’expliquer la chose autrement, du moins en l’état actuel des connaissances spirituelles majeures de l’humanité. Un jour, sans doute, il sera possible de sourire avec indulgence des piètres tentatives d’explications des ésotéristes du début du 21e siècle. C’est toujours ainsi et ce le sera encore durant bien longtemps. Voire pour toujours, qui sait ?

Ceux qui savent expliquent à ceux qui ignorent, et les seconds, en bon ignorants qu’ils sont (et soucieux de le démontrer), se moquent des premiers. Puis les décennies passent et ce qui semblait étrange ou impossible devient connu et évident, car accessible à tous ou presque. Alors ceux qui savent se moquent de ceux qui, jadis, essayaient, maladroitement mais avec les moyens (mentaux) du bord, d’expliquer non seulement l’inexplicable mais également, ce que bien peu ont envie d’apprendre puis de comprendre.

Dans les deux cas, ce sont toujours des mêmes que l’on rit, en somme, que l’on soit ignorant ou que l’on s’imagine déjà bien savant et donc, plus ignorant encore. Certains se reconnaîtront sans peine.

 

Par exemple, quelques-uns sont persuadés, de nos jours, que l’homme est capable de « sortir de son corps » puis d’y retourner et d’expliquer à quelques autres, encore assez rares, leurs aventures hors du corps. Dire que ceux qui prétendent sortir de leur corps n’en sortent pas en réalité, serait une manière risquée de présenter les faits. Cela parce que la personne n’est pas complètement folle et sait tout de même ce qu’elle a vécu, n’est-ce pas ? Une fois l’excuse de la mauvaise foi ou du dérèglement mental laissée de côté, que reste t’il, sinon un être humain qui est conscient d’avoir effectivement vécu certaines choses ressemblant à s’y méprendre à un voyage hors des limites de la chair ?

Il reste le témoignage de ses sens, ainsi que l’énoncé de la plus pure des logiques :

« L’être humain ne peut pas avoir conscience d’une chose qui n’existe pas, ne serait-ce que pour sa conscience. »

Et s’il y a prise de conscience, peut-on affirmer sans broncher que cette dernière ne repose sur rien ? Cela est bien peu probable, ne croyez-vous pas ? Toutefois, prendre conscience d’une chose qui se produit pour nous et dans notre conscience, et être capable de correctement l’interpréter, peut être très différent. Dès lors, il n’est plus question de mettre en doute la bonne foi ou l’équilibre mental d’une personne, puisqu’il suffit de comprendre que c’est sans doute au niveau de la compréhension de ce qui a été effectivement vécu, que se situe le problème. Si problème il y a.

 

C‘est ce qui se passe le plus souvent et depuis des siècles au niveau des fameuses « sorties de corps » (ou dédoublements, voyages astraux, etc.) En réalité, personne ne « sort » de rien, car personne n’est dans rien. Du moins, dans rien d’autre que la conscience. Mais présentée de la sorte, la version peut paraître bien trop aride pour accrocher l’intérêt, ne serait-ce que de l’intellect. Force nous est de tenter une autre explication, en nous servant pour cela de termes qui, hélas, sont prévus pour décrire les choses matérielles de ce monde à des personnes persuadés qu’il n’existe que ce monde ci et rien d’autre, cela sous le prétexte effarant qu’ils ne connaissent rien d’autre que… Ce qu’ils connaissent déjà (et que connaissent tous ceux qui se sont arrêtés au même niveau, évidemment.)

Nous ne ferons pas de commentaires sur cette étonnante manière de concevoir la vie ni sur le degré d’ouverture d’esprit qu’elle présuppose : notre but est d’essayer d’expliquer une chose qui ne pourra l’être vraiment qu’avec le concours bienveillant de ceux qui désirent réellement apprendre puis comprendre. La seconde partie n’étant que rarement gagnée d’avance.

 

Or donc, personne ne « sort » jamais de son corps;  jamais ! L’homme ne quitte pas son véhicule de chair : il pénètre d’autres états d’esprit, s’identifie temporairement à eux et, durant ce laps de temps, il « oublie » (perd de vue) l’état d’esprit principal, celui avec lequel « il fait corps » généralement (avec lequel il s’identifie le plus souvent et le plus longtemps.) Chaque état de l’esprit, chaque émotion durable, peuvent être « habités » et donner ainsi l’impression d’être autant de « Mondes » dans lesquels la conscience de Soi (« Je Suis ») peut se projeter et s’y promener, comme dans un décor terrestre.

La nuit, lorsque vous rêvez, où êtes-vous ? Où allez-vous ? Combien de mètres parcourez-vous lorsque vous marchez en rêve ? Y avez-vous songé ? Pourtant, que diriez-vous des décors, de vos perceptions, durant vos rêves ? Diriez-vous qu’ils sont… Irréels ? Diriez-vous, et à l’inverse, que durant la nuit, vous êtes partis ailleurs, que vous avez quitté votre lit pour voyager au loin ?

 

Non pas que nous cherchions à ramener la projection psychique (nom exact du phénomène) au rang de rêves à peine plus impressionnants ! Ce n’est pas le cas, de toute manière. Rêver est une chose, se projeter dans nos différents Mondes Intérieurs en est une autre ! Pourtant, les deux phénomènes sont assez voisins puisqu’ils permettent pour le premier d’explorer le contenu de la subconscience tandis que l’autre permet de voyager au sein même de nos processus mentaux, aussi volontaires que conscients, mais en se retrouvant confrontés à d’autres lois du fonctionnement de l’esprit que celles auxquelles nous sommes d’ordinaire confrontés, plus ou moins consciemment d’ailleurs.

 

Certains se disent attaqués par quelques démons antédiluviens dont la plastique ferait verdir de jalousie le plus prolixe des auteurs de science-fiction ou de films d’horreur. Pourtant, tout ceci a un sens, un but et, surtout, une raison. Ceux qui subissent les assauts de démons infernaux sont en fait confrontés à leurs propres démons intimes qui peuplent symboliquement cet enfer quotidien qu’est devenue leur vie de tous les jours. Une vie dont ils aimeraient « s’échapper » plus ou moins longtemps. De même que ceux qui se croyant « possédés » sont en réalité dépossédés d’eux-mêmes, voire n’ont jamais seulement réussis à devenir quelque chose d’autre que la somme de leurs conditionnements mentaux.

 

Alors nous sommes bien obligés de dire ici que ceux qui vivent le phénomène de sortie de corps ne s’abusent en rien en ce qui concerne leur ressenti : il se produit bien quelque chose qui leur donne l’impression de quitter quelque chose, ici leur corps physique. Mais en réalité, il ne font que prendre un certain recul avec leur vie actuelle, cela pour en avoir une vision générale et dépassionnée si possible. Et ils vivent cela pour avoir la force de décider s’il veulent « réintégrer ce vécu » (continuer à vivre de la sorte) ou s’ils préfèrent s’en extraire définitivement, cela en changeant le décors de leur Monde Intérieur, en en l’habillant de pensées nouvelles qui feront pousser une toute autre végétation. Voilà qui devrait suffire à une solide réflexion !

 

Serge Baccino

Être ou se produire

Être ou se produire

 

Pour que tout puisse changer, évoluer sans cesse, ne jamais être identique à l’instant d’avant, il faut nécessairement que tout soit mais que rien n’existe. Exister revient à durer en l’état, à être condamné à ne jamais changer, évoluer, disparaître pour laisser la place à autre chose ailleurs, etc. Il est est donc évident que Tout Est mais que rien n’existe vraiment. De fait, nous non plus nous n’existons pas. Dans le cas contraire, nous serions condamnés, telles des statues de marbre, à seulement durer en l’état puis à nous user pour disparaître au cours des siècles ou millénaires.

 

Être ne nécessite qu’une chose : se produire au moment considéré. Lorsque notre attention mentale se polarise sur quelqu’un, nous croyons voir une chose qui a un âge, une durée et donc, de l’antécédence, mais en réalité, nous observons une chose unique qui ne sera jamais plus identique à l’absolu et qui ne l’a jamais été auparavant. Seul le temps nous permet de réaliser que rien ne dure, tout change, évolue et varie sans cesse, mais nous ne sommes pas conscients que ce qui varie le plus profondément et d’une manière unique, jamais pareille, c’est l’être humain ! Nous croyons tous avoir une histoire et donc, une durée, voire un destin, qui en est la suite logique. Le destin est la durée projetée dans le temps. Notre logique humaine veut que si nous sommes (verbe être), actuellement, alors nous serons encore là plus tard.

 

La fin de l’êtreté, bien qu’implicite pour l’intelligence, est non-acceptée, car notre prise de conscience ne peut s’appuyer que sur « ce qui est » ou se produit au présent, et non sur ce qui sera ou « pourrait être » ensuite. C’est pour cette raison qu’un être humain a tant de mal à imaginer voire à accepter sa disparition. Pour accepter de ne plus être, il faut un être pour être là et accepter une condition en cours. Or, si un être est là pour témoigner d’une éventuelle disparition, tout ce dont il est le témoin, c’est qu’il est bien là et toujours là !

 

Nous pourrions accepter l’état de « non-être », soit maintenant, soit lors d’un « futur présent », s’il existait un être pour prendre conscience de l’état de « non-être » (s’il pouvait « se voir mort », en somme.) Comme cela est impossible, puisque la seule présence d’un témoin témoignerait surtout de l’absence de « mort », force lui est de devoir attendre l’état nommé « mort » pour le concevoir puis l’accepter comme un fait réel et probant. Mais même là, cela serait une impossibilité mathématique, car témoigner de sa propre mort revient à s’avouer vivant et conscient !

 

Serge Baccino

La mission de vie

La mission de vie

(Ou pourquoi nous sommes sur Terre. Extrait)

Le programme de notre mission de vie est inscrit dans notre subconscient. Programme qui est lui-même une somme de schéma permettant à la fois de manifester le problème à dépasser ou à régler, ainsi que les moyens d’y parvenir. Les rencontres qui émaillent notre vie, consistent en deux facteurs déclenchant : soit elles nous permettent d’éveiller le germe de schéma dormant, celui-là même qui sera ensuite à dépasser, soit si c’est déjà fait, elles nous permettent d’activer des sortes de « défenses immunitaires » pouvant faire obstacles à nos schémas les plus compulsifs.

 

En clair, sans l’aide inconsciente des autres, nous ne pourrions ni manifester nos schémas dormants à dépasser, ni même trouver en nous l’intelligence et la force de les dépasser ensuite, une fois activés. Et bien que les autres ignorent toujours leur rôle secret ou réel, ils correspondent toujours et parfaitement à nos besoins. De telles rencontres sont programmées par avance et ce sont nos schémas déjà activés, durant l’enfance, qui attirent les schémas opposés mais complémentaires de celles et ceux qui deviendront tour à tour nos enseignants involontaires, certes, mais toujours très efficaces !

 

Il est important de comprendre pourquoi nos schémas les plus compulsifs doivent absolument être inconscients, du moins au départ. Nous ne supporterions pas de nous marier avec quelqu’un, par exemple, juste pour divorcer, quelques années après, avec un ou deux gosses sur les bras et avec un besoin impérieux de se déchirer mutuellement ! Si nous connaissions par avance notre Chemin de Vie, notre trajectoire spirituelle, si nous savions dès le départ, ce qu’il nous faudra vivre pour apprendre à vivre vraiment, nous ne commencerions jamais à vivre, même en faisant semblant. C’est à la fois évident et… Très humain !

 

Lorsque nous croyons « aimer quelqu’un », en réalité, ce que nous aimons, ce n’est pas la personne, JAMAIS, mais ce qu’elle nous permet de ressentir. C’est de cela que nous « tombons amoureux », d’un simple ressenti, de notre propre ressenti, en somme ! Et il est primordial que ce premier ressenti soit positif ou agréable, car nous devons conserver une relation qui, à point nommé, nous livrera tous ses secrets nous concernant. L’autre n’est là que pour nous permettre de ne pas avoir l’impression de « jouer seul. » Ce n’est qu’une fois la relation installée, que les schémas dormants peuvent s’éveiller et faire leur œuvre. Une œuvre qui, en dépit des apparence, n’est jamais destructrice, négative ou inutile.

 

La souffrance ne provient jamais de nos relations en elles-mêmes mais plutôt de notre résistance personnelle à ce qu’elles invoquent puis provoquent en nous. Les schémas sont bien cachés, parfaitement inconscients et il faut des conditions aussi précises que puissantes dans leur pouvoir d’évocation, pour réussir à rendre conscient ce qui, autrement, aurait pu demeurer inconscient. Quelque chose en nous et qui n’est pas nous, a besoin d’être vidé et ce qui le videra deviendra Soi en temps opportun.

Ce que nous sommes, en vérité, consiste en tout ce que nous avons refusé d’être une fois rendu conscients. Ces sujets et bien d’autres encore sont étudiés en profondeur dans l’enseignement de la psychologie ésotérique ou psy éso.

 

Serge Baccino

Une fois suffit

Pourquoi s’incarner sur Terre ?

Pourquoi l’incarnation ? Parce qu’à partir d’un Soi préexistant qui crée une extension de lui-même privée de la Mémoire de « Qui elle est » (ou était), une autre existence est rendue manifeste. Si cette extension privée de la Mémoire de ses origines, parvient à se servir de son expérience propre pour se créer sa propre individualité, elle se libère de son attache électromagnétique et devient son propre Aimant.

Cet Aimant est formé de deux pôles : celui qui consiste en la personnalité animique et la conscience de Soi (du Soi Divin.) Auparavant, les deux pôles étaient distribués différemment : un dans les plans supérieurs, l’autre sur Terre. Cela produisait l’absence de conscience individuelle.

Pour qu’une conscience devienne ou soit individuelle, il faut que ses deux pôles soient présents sur le même plan de conscience (soit sur la même fréquence.) Dans le cas qui nous intéresse ici, la personne devient consciente et, du même coup, manifeste les deux conditions polaires au même endroit (plan) et au même moment (même train d’ondes ou d’existence linéaire.)

On s’incarne sur Terre parce qu’il n’y a que sur ce plan « physique dense » (du moins pour nos sens), qu’il est possible de rencontrer et d’expérimenter cette Force de d’Opposition ou de Résistance à l’Effort (l’Aspect Shaïtan.) Sur ou dans les autres plans de conscience, il est très difficile d’évoluer vraiment et rapidement, cela parce que nous sommes en présence de gens comme nous qui vivent, comme nous, dans leur propre esprit. Il n’y a donc pas vraiment de dualité, juste plus de gens qui nous ressemblent en de nombreux points. La DDP (différence de potentiel) est alors trop faible pour qu’une force adverse s’oppose à notre volonté.

Sur Terre, il est plus facile et surtout, bien plus rapide d’évoluer, cela parce que durant cette unique vie passée sur ce plan de conscience collective, il nous semble très rapidement avoir tout un Monde « contre nous » et qui S’OPPOSE à notre volonté et à nos désirs. Les autres et même les évènements, semblent se ligueur entre eux pour nous mettre des bâtons dans les roues.

Pourquoi nous ne nous incarnons qu’une seule fois et sur Terre ? Parce que si notre conscience individuelle revenait dans la chair, selon la Loi de ce plan terrestre, elle devrait vivre la même chose vécue par l’extension d’un Soi naturel, à savoir être privé de Mémoire de Soi, afin de se confectionner une individualité bien elle. Mais pourquoi faire deux fois la même chose, quand une seule suffit ? Pourquoi risquer de tout perdre, de tout recommencer à zéro, peut-être en pire ou en moins bien ?

Selon la Loi, rien ne peut disparaître ou être retranché : tout n’est qu’addition et multiplication. De fait, personne ne peut disparaître ou « mourir. » « Revenir » est donc non seulement inutile mais surtout risqué, alors qu’il suffit à une individualité, devenue un Soi, de faire la même chose que son ancien Soi Naturel : envoyer à son tour des extensions sur le plan terrestre.

Pour créer une conscience individuelle, il faut la dualité, il faut qu’il y ait DEUX : cela qui observe et ce qui est observé. Plus la DDP est grande (différence d’idée, de vécu, de goût, d’émotions, etc.,), plus l’évolution est RAPIDE et marquée.

Dans les plans de conscience supérieurs (à celui de la Terre, donc), la DDP est très faible, car nous vivons avec des êtres qui sont quasiment comme nous, qui pensent, ressentent et vivent comme nous ou presque. Il n’y a que sur terre que tout est mélangé, qu’un Christ peut côtoyer un abruti criminel et que le plus grand bonheur peut se retrouver associé à la plus profonde des souffrances.

 

Serge Baccino

 

Se taire mais pourquoi ?

Se taire mais pourquoi ?

(Nota : Le fameux « Tu veux en parler ? » généralement refusé.)

 

Dans les films modernes, personne ne raconte les détails de ce qu’il a vécu; chacun cherche à éluder. Se faisant, le résultat est catastrophique et laisse aux autres le soin d’inventer ce qui manque pour rassurer leur « moi. » Mais pourquoi ne jamais raconter les faits tels qu’ils se sont produits ? Peur du jugement, de l’incompréhension d’autrui ou… D’une bien triste réalité ? Quelle est cette réalité si triste ? Elle est issue d’un choc émotionnel produit puis reproduit régulièrement durant l’enfance, voire plus tard et jusqu’à l’âge de jeune adulte. La plupart des gens n’ont pas peur qu’on ne les croit pas ou même que l’on se moque d’eux, car ce qu’ils vivent, en détail, n’est que rarement extraordinaire et donc, ne nécessite pas de forcer la croyance et est bien peu souvent digne de moqueries.

 

Pour le dire au plus simple, il est rare que notre vécu soit incroyable ou ridicule d’un bout à l’autre de la journée. Il n’est donc pas possible de mettre ce type de réaction émotive sur le compte de la peur de ne pas être cru sur parole ou sur cette autre peur de voir les autres se moquer de nous. Il y a donc forcément autre chose de caché sous ce silence maladif. Sans doute la pire chose que le subconscient se refuse de voir ressurgir. Une réalité. Cette réalité se nomme « Tout le monde se moque éperdument de ta vie, seule compte la vie des autres, pas la tienne. »

 

Mais dans ce cas, que dire de celles et de ceux qui se vident carrément et compulsivement, quand on fait mine de vouloir leur prêter attention ? La cause est identique, la réaction à cette cause seule diffère. Ceux qui n’ont pas été écouté se découragent le plus souvent de se livrer. Mais certains n’en peuvent plus à force de tout garder pour eux. Alors ils se vident, tout en étant persuadés que personne ne les écoute vraiment et de toute manière ! D’autres encore réagissent plus violemment et refusent catégoriquement qu’on leur manque de respect (selon eux) en ne leur offrant pas assez attention. Ces gens-là se reconnaissent au fait qu’ils exigent, parfois avec violence verbale ou autre, qu’on leur prête non pas seulement attention, mais bien que toute l’attention humainement possible soit réquisitionnée pour eux, qu’elle leur soit entièrement allouée, en somme.

 

Ces derniers vivent très mal la moindre seconde d’inattention ou même de lassitude et guettent adroitement toute velléité de détourner l’attention et donc, le regard. Ils exigent très souvent qu’on les regarde en face quand ils nous parlent et savent lancer des propos blessant ou humiliant pour forcer les autres à se concentrer pleinement sur eux. Il existe diverses manières de réagir, une fois atteint l’âge adulte, au manque d’attention ou même d’intérêt des géniteurs, durant l’enfance. Mais les quatre plus connues et usitées, de nos jours, sont :

1. L’indifférent. Qui n’a pas supporté, justement, l’indifférence qu’on lui a témoigné jadis. Il est si persuadé qu’on ne s’intéresse pas à lui qu’il élude, plus ou moins consciemment, tout ce qui pourrait justement intéresser autrui à son sujet. C’est sa manière très enfantine de « se venger », cela en privant les autres de ce qu’ils l’ont privé à lui et au préalable.

2. L’expansif. A l’inverse de tous les autres, il adore se raconter. Du moins est-ce là l’impression qu’il donne voire qu’il souhaite donner. Mais si on y fait attention, ses propos sont sans importance, voire vite lassant, car sans grand intérêt. Surtout pour autrui ! Et l’expansif le sait pertinemment, mais c’est sa double manière de « vider un trop plein » et de « punir » ceux qui, jadis, ne lui témoignèrent pas l’attention qu’il méritait. C’est la personne qui croisée au détour d’un chemin, commence à « nous raconter sa vie », comme on dit, et ne nous lâche plus, feignant de ne pas voir qu’elle nous lasse ou que nous sommes pressés (par exemple.)

3. L’interrogateur. Qui adore questionner dans l’espoir d’attirer puis de maintenir l’attention d’autrui, afin de compenser le même manque issu de la prime enfance. Généralement, on décèle soit la présence de frères ou sœurs aînés, soit l’indifférence d’un proche admiré ou simplement aimé. Souvent, l’interrogateur est devenu fin psychologue et sait réquisitionner, de force, l’attention de ses pairs. Quitte à se montrer allusif ou carrément insultant, par exemple.

4. L’agressif. Qui exige qu’on lui témoigne du respect, cela par le biais d’une attention totale et sans faille. Peu être violent s’il n’obtient pas ce qu’il souhaite. Pour lui, l’attention et l’intérêt lui sont choses dues et il ne permet à personne d’être « volé » à ce sujet.

 

Il est assez facile de savoir si nous sommes entourés de proches atteints de cette maladie de l’âme moderne. Il suffit d’attendre de savoir si quelque chose sortant un peu de l’ordinaire est arrivé à un proche puis de lui demander si tout va bien, s’il n’a rien à vous raconter, etc. Si la personne est affectée de ce mal redoutable, car générateur de conflits en tous genres (surtout dans le couple), elle va éluder ou orienter la discussion sur des sujets sans importance. Mais la manière dont elle esquivera le sujet, dépendra des mécanismes de défense installés durant la prime enfance, voire juste aux débuts de l’adolescence.

Si la personne demeure évasive, feint l’indifférence, etc., cela signifie qu’elle a souffert du manque d’attention de ses parents durant son enfance, mais qu’elle préfère le cacher et ne pas avoir à faire face à cette problématique. Si la personne réagit en affichant l’intention de s’emparer du processus (par exemple en vous interrogeant, en se montrant méfiante, agressive, etc.,) cela signifie qu’elle a bien sur souffert de ce même manque d’attention, mais qu’elle tient à le faire savoir au monde entier et surtout, à ses proches.

 

Il serait tentant d’en conclure que les gens qui éludent ou se défendent mollement d’avoir quelque chose à raconter sur leur propre vécu, sont les personnes les plus faciles à vivre et donc, à côtoyer. Ce qui transforme les seconds, plus ou moins compulsifs et donc, plus ou moins agressifs, en des personnes difficilement fréquentables. Mais en réalité, le problème d’origine étant identique et même si la réaction à cette problématique diffère du tout au tout, ce sont les deux types de mécanismes de défense qui sont difficiles à vivre et donc, à accepter, pour toute personne qui n’est pas affectée par cette souffrance intime. Cela parce que, justement, il ne s’agit plus alors de mécanismes de défense, mais bien de mécanisme de domination ! La différence entre les deux étant de taille, du moins pour toute personne connaissant la psychologie comportementale.

 

Se taire est devenu, pour beaucoup, un moyen de conserver « un certain pouvoir » sur autrui. Généralement un proche. Ne pas tout révéler de soi est considéré, de nos jours, non seulement comme étant plus prudent mais encore, quasi indispensable. Du moins si on désire « conserver le contrôle.» Un contrôle que, bien évidemment, on n’a jamais possédé ! Car le désir de possession, en toute logique, ne peut s’appliquer qu’à ce qui nous manque, jamais à ce que nous possédons déjà. Seuls les pauvres parlent sans cesse d’argent, c’est bien connu également. Mais laissons déjà les lecteurs méditer plus avant, et par eux-mêmes, sur ces quelques considérations que nous jugeons précieuses pour comprendre un des nombreux aspects difficiles à cerner du comportement humain.

 

Serge Baccino