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Les Mémoires de qui ou de quoi

Les Mémoires de qui ou de quoi ?

 

L’ésotérisme enseigne que le problème d’un être humain qui se devrait d’être évolutif, est que justement, il refuse d’évoluer. Non pas tant qu’il refuse cette idée valorisante d’évolution, bien au contraire ! Ce qu’il redoute et qui lui pose problème, c’est la peur de devoir changer, au cours de cette évolution qu’il perçoit comme étant plus ou moins sans limites, du moins dans les « limites » usuelles d’une même vie : la sienne et présentement. Changer ne serait rien pour l’homme s’il ne lui fallait pas, du même coup, abandonner le connu qui est forcément rassurant, pour accueillir un inconnu qui est loin d’être aussi confortable. De plus, qu’est-ce que le « moi » humain, si ce n’est la somme de ses Mémoires, de ce qui le caractérise autant que cela le limite forcément ? Et une limite, quelle qu’elle soit, est un cul-de-sac aux yeux de l’Esprit (ou de la Soi-Conscience.)

 

Hélas, l’homme qui avait tant besoin de se reconnaître et de se définir au travers de l’historique de son propre vécu, ne réalise toujours pas que c’est ce même historique qui lui interdit désormais de vivre autre chose que ce qu’il connaît déjà. L’homme se définit lui-même comme étant la somme de tout ce qu’il a vécu et dont il se souvient plus ou moins. Il est donc devenu la somme de sa mémoire, ce que l’ésotérisme (entre autres) appelle « Les Mémoires. » Il faut comprendre avant toute chose que l’identité d’un être ne saurait changer toutes les trente secondes, car dans ce cas, lui-même ne saurait plus comment se définir et donc, comment se percevoir. L’homme a besoin de pouvoir s’expliquer à lui-même, afin de montrer aux autres ce qu’il aime retenir de tout ce qu’il croit être par ailleurs. Le problème est que plus un homme réussi à se définir avec quelque précision, plus il tombe amoureux de cette définition de lui-même ! Cela lui semble rassurant de ne pas « bouger » au cœur même de la tourmente. Tout peut bien changer autour de lui, sa « stabilité » provient essentiellement d’un état d’esprit devenu marmoréen.

 

En somme, moins un être évolue ou se transforme, plus il se croit « équilibré » ! Mais est-ce signe d’équilibre que de ne jamais varier d’un pouce ? Certains s’écrieront avec quelque indignation : « Mais enfin, que dites-vous là ! Nous changeons sans cesse ! C’est d’ailleurs la vie qui nous y oblige ! » Si la vie nous obligeait à changer, cela signifierait que nous ne lui opposons plus aucune résistance. Si cela était, cela se saurait ! En réalité, l’homme résiste de toutes ses forces à l’évolution, à ce qui est le Moteur même de la Grande Vie. Sa résistance a de nombreux noms, mais le plus connu est encore « l’ego ». En psychologie ésotérique (ou « psy éso »), nous préférons parler du « moi », qui représente cette tentative de l’homme de se définir lui-même en se servant de ce qu’il a retenu de ce qu’il a pu comprendre de ce qu’il a vécu. Le mot « ego » signifiant « Je », nous préférons le réserver à la partie supérieure de l’entité globale (ou multidimensionnelle) et dans ce dernier cas, nous écrivons « Ego » avec un « E » majuscule, afin de bien marquer la différence.

 

Mais si l’homme, le « moi » humain, n’est pas la somme de ses Mémoires, qu’est-il ? La vraie question serait plus exactement « Que pourrait-il être ? » Et il devient alors possible de faire passer une connaissance impossible à traduire et que des interrogations du genre « qu’est-ce que l’homme » ne saurait inspirer. Si l’homme n’est pas la somme de son propre vécu, il doit être autre chose que « quelque chose ». Le « moi » étant formel, précis et généralement statique, il peut donc être considéré comme une chose « finie » et donc, limitée. Mais si l’homme n’est pas « quelque chose » ou du moins, que son Essence ne se limite pas à « ceci », plutôt que « cela », il lui reste comme option soit d’être « toutes choses » ou « aucune d’entre elles. » C’est du moins ce que la raison pourrait nous souffler, surtout si nous avons l’esprit d’un philosophe !

 

L’homme est loin de pouvoir se confondre avec Le Tout : il ne peut donc être « Toutes Choses. » Nous ne pouvons pas dire non plus qu’il n’est « rien. » Bien que nous puissions ajouter pour nous montrer plus pointus, qu’il n’est rien de précis. Et s’il n’est rien de précis, alors il ne peut être qu’une sorte de « Mouvement en Avant », un flux permanent et évolutif, passant d’une forme à une autre sans s’arrêter à aucune d’entre elles ou qui, alors qu’il semble devenir quelque chose, est déjà plus loin, occupé à produire une autre forme de manifestation qu’il ne conservera pas non plus, puisqu’en éternel Devenir. L’homme est donc ce Mouvement que nous appelons l’évolution.

Du moins devrait-il être cette Mouvance infinie. Ce qui est loin d’être le cas, comme nous en conviendrons sans peine. Ce qui ne signifie pas non plus que l’homme soit devenu incapable d’évolution. Cela signifie seulement que pour ce Moment de l’Aventure Humaine, l’homme prend plaisir à s’identifier à une forme passagère (ou qui devrait l’être) ou qu’il lui est devenu difficile de ne plus s’identifier à ce qu’il croit être devenu.

 

S’il prend plaisir à cette forme d’identification, alors il s’agit d’un moindre mal. S’il lui semble difficile de ne plus s’identifier à cette forme transitoire qui semble le rassurer, alors le problème est tout autre. Dans ce cas, il nous faudra encore comprendre deux choses : la première, en quoi ce statisme peut bien être « rassurant » et, en second, pourquoi ce besoin d’être ainsi « rassuré » ? Pour le comprendre, il nous faut faire un bond en arrière et revoir l’un des principaux aspects de l’éducation parentale et de l’enseignement scolaire. Dans ces deux cas, l’enfant est orienté vers un futur qui représente un but à atteindre. Il doit grandir, avoir un bon métier, gagner de l’argent, se marier, avoir des enfants et, si possible, une maison, une piscine et une belle voiture, etc. En somme, il doit REPRODUIRE les attentes et les désirs de ses géniteurs qui eux-mêmes n’ont fait que répondre aux attentes et désirs de leurs propres parents, et ainsi de suite. Nous pourrions remonter loin ainsi mais l’idée n’est pas de trouver une origine historique à cette problématique humaine mais une cause rendue permanente du fait de sa reproduction incessante.

 

Si vous préférez, une cause et une origine sont deux concepts très différents. Si une origine se place nécessairement « dans le temps » et donc, dans le passé, une cause ne peut pas être antérieure aux effets qu’elle produit. Si l’effet est produit maintenant, alors la cause se situe dans l’instant présent. Cela dit, une même cause peut être reproduite à chaque génération, dans une même famille, par exemple, ce qui peut faire croire à une origine située en amont dans le temps. Lorsque l’on découvre une cause présente qui produit un effet négatif, peu importe l’époque de son installation première, puisqu’elle dure ou se reproduit à chaque instant, on doit réussir à comprendre puis à admettre que c’est maintenant qu’elle se manifeste, ou qu’elle se manifeste « encore. » C’est dons présentement que cette cause doit être définie puis supprimée. Dès qu’une cause quelconque cesse, les effets cessent également. En toute logique.

 

Cette manie étonnante de rechercher « dans les vies antérieures », une cause qui se manifeste dans le présent (effet), est pour le moins suspecte. Elle doit très certainement rassurer ou permettre à quelques-uns de relativiser leur responsabilité en matière de vécu. Croire en la malchance ou en « le Karma » revient finalement à renier toute responsabilité en matière de vécu. Toutefois, si les effets sont nécessairement conscients, puisqu’on les remarque toujours, les causes sont très difficiles à « localiser », car elles se produisent dans la subconscience. Une cause est toujours inconsciente, si vous préférez. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous n’en décelons que les effets qui eux, sont évidemment conscients. Du coup, puisqu’il est plus facile de conserver l’attention mentale rivée sur les effets, ce que nous appelons « les évènements de notre vie de tous les jours », nous en arrivons à oublier que ces effets ont une cause qui se manifeste simultanément.

Bien que simultanées, les causes sont toujours « invisibles » et donc, difficiles à intégrer à nos processus mentaux. Le savoir ne suffit pas ; il nous faudrait réussir à « nommer » ces causes, à leur offrir une « texture psychologique » quelconque. En effet, pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ou vivons-nous ce que nous vivons ?

 

Pour la psy éso, il est relativement aisé de définir la nature d’une cause (ce qu’elle révèle) en observant plus attentivement les effets qu’elle produit. Le but étant de ne plus nous arrêter à ces effets mais de dépasser les causes en comprenant ce qu’elles nous apprennent à notre propre sujet. Mais pour cela, nous devons réapprendre à interpréter ce que nous vivons, le mieux étant d’oublier carrément ce que nous en pensions au préalable. Nous donnerons ici un seul exemple mais assez révélateur de la méthode et du processus mental qu’elle implique. Le seul problème est que pour user de cette méthode et de la manière appropriée de s’en servir, il nous faudra passer outre notre peur de découvrir des choses peu reluisantes nous concernant ou, du moins, concernant cette partie statique de notre nature évolutive, à laquelle nous tentons de nous accrocher désespérément.

À présent, imaginons qu’une personne nous demande si nous allons bien. Nous dirons que, justement, et pour notre exemple, nous allons plutôt mal. Qu’allons-nous répondre à cette personne ? « Que tout va bien, que nous allons aussi bien que d’ordinaire » ! (Par exemple.)

 

Posons-nous la question à cent mille euros au moins : « Pourquoi répondre que ça va alors que sans doute, rien ne va comme il faut » ? La question semble facile de prime abord, mais essayez donc de trouver dans cette réponse, une cause telle que la peur ou l’orgueil, et vous verrez que tout n’est pas toujours aussi simple qu’on aimerait le croire. La peur ? Mais la peur de quoi, enfin ? De l’orgueil, sinon ? Mais quel intérêt ? De quoi pourrions-nous nous enorgueillir ? Au départ, il est difficile de dénicher la cause première et exacte. C’est un peu comme le mariage ! Qui est assez courageux pour oser trouver la raison UNIQUE qui pousse les gens à se marier, alors qu’ils pourraient fort bien vivre ensemble, pour le reste de leur vie ? Et épargnez-nous les excuses de second ordre du genre « Afin de payer moins d’impôts » !

 

En réalité, nous connaissons tous les raisons profondes qui se cachent derrière nos actes ou nos paroles. Seulement, comme elles sont immédiatement rejetées parce que jugées affreusement moches, nous préférons ne plus avoir à les évoquer. Pour cacher une chose, il faut préalablement la connaître puis avoir commis l’erreur ultime de la juger. Et c’est une affreuse erreur que de juger une cause, car c’est ainsi que nous les rendons inconscientes ! Avez-vous bien lu ? Car personne ne prétend ici (ou ailleurs) qu’une cause est apparue comme ça, par l’opération du Saint-Esprit, et que dès son arrivée et son installation en notre subconscience, elle était déjà inconsciente ! Bien au contraire !

 

Toutes les causes sont installées d’une manière consciente, ceci afin d’avoir la capacité (et le droit, surtout) de dépolariser leur contenu afin de le rendre impossible ensuite à déceler. Car nous ne désirons pas (ou plus), revivre et donc ressentir certaines choses qui nous nous affreusement marquées. Non pas à cause de leur nature intrinsèque, mais à cause de leur impact sur nous. Et cet impact provient essentiellement de NOTRE RÉACTION face à ces mêmes évènements passés. Nous ne souhaitons pas revivre certaines choses, alors elles deviennent « inconscientes. » Le problème est que, justement, la meilleure manière de revivre sempiternellement les mêmes expériences ou presque, c’est justement de REFOULER nos Mémoires, au lieu de les laisser librement « jouer » en notre conscience.

 

Autre exemple : une personne proche s’énerve, cela vous étonne (ou vous dérange) et vous lui demandez pourquoi elle s’énerve. Sa réaction vous déconcerte encore plus, car elle vous répond qu’elle ne s’énerve pas et en profite pour s’énerver plus encore ! Là encore, essayez de définir en quoi les DEUX SEULES raisons au monde de refouler une vérité pourtant évidente, ont ici droit de citer. Pour mémoire (si je puis dire), il s’agit encore et toujours soit de LA PEUR, soit de L’ORGUEIL. Et de rien d’autre, jamais ! N’est-ce pas au moins surprenant ? La peur ou l’orgueil seulement ? Et rien d’autre ? Il est en fait inutile d’aller chercher une cause AUTRE que celles à l’origine de la peur ou de l’orgueil. Comment en être certain ?

Avons-nous des preuves ? De quoi étayer ces affirmations surprenantes ? Oui. Et non ! Oui, si celui ou celle qui va recevoir ces « preuves » est assez courageux ou simple de caractère pour accepter cette preuve administrée. Et NON, assurément non, si la personne est encore et toujours sous l’emprise de la peur ou de l’orgueil. Mais essayons tout de même, pour le fun !

 

L’homme moderne, plus que jamais, vit sous la double tutelle de son « moi » naturel (ou réel) et son « Moi-Idéalisé ». Le premier « moi » est celui d’origine, tel qu’issu de l’expérience vivante, si vous préférez. Il est ce qu’il est, en somme, mais certaines personnes REFUSENT d’en assumer le contenu formel, de le vivre selon ce qu’il énonce. Cela parce qu’elles se jugent ou qu’on les a jugées, peu importe pour le moment. Une personne qui trouve son « moi » social un peu juste, va tenter de l’améliorer, ce qui jusque-là, n’a rien que de très ordinaire. Toutefois, plus le « moi » sera jugé faible et défectueux, plus la personne cherchera à l’améliorer. Le problème est qu’à un certain point de cette tentative d’amélioration, la personne va commencer à s’illusionner elle-même, à se faire croire qu’elle a réussi à changer vraiment, alors qu’elle a seulement réussi à se mentir au sujet de ses compétences réelles.

Le « Moi-Idéalisé » apparaît dès qu’une personne commence à « vivre en esprit », des qualités inexistantes, en vérité. Raison pour laquelle le « Moi-Idéalisé » est également nommé « le moi de procuration. » Si les superhéros (Marvel ou autres) ont tant de succès, ce n’est pas pour des prunes, n’est-ce pas ? Ces personnages mythiques nous font oublier, pour un temps, ce que nous considérons, à tort il faut bien le dire, comme ayant « d’affreuses limitations. »

 

Pourtant, nous ne sommes pas « limités » : ce sont nos sens objectifs qui se limitent seulement à remplir parfaitement leurs fonctions, et telles qu’elles doivent l’être, pas plus, pas moins. Il n’est donc pas utile de nous inventer un personnage fictif (image de soi édulcorée) censé nous faire oublier qui nous sommes vraiment, car justement, ce « qui nous sommes vraiment », est exactement comme il devait l’être. Mais il l’est « tel que NOUS devions l’être », comprenez-vous ? Il n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais, tel que les autres, autour de nous, aimeraient qu’il soit ! Pourriez-vous, deux minutes au moins, méditer sur cette nuance à peine perceptible à notre époque et selon l’état d’esprit général devenu le nôtre ? Autrement dit, très peu de choses en nous (en le « moi » qui est nôtre, donc) CORRESPOND vraiment aux attentes des autres. Et comme nous sentons bien que ces attentes sont aussi nombreuses que définitivement déçues, nous ne savons plus quoi faire pour tenter de « réparer » cette ruine de l’âme humaine qu’est devenu « le relationnel. »

 

Depuis longtemps, nous ne sommes plus « en relation » avec les autres, mais bien en relation constante avec leurs attentes frustrées. Frustrées parce que nous sommes très souvent incapables de répondre à ces mêmes attentes qui, du coup, ne peuvent être que frustrées et en attente de « réparation » ! Prétendre que nous ne pouvons pas répondre aux attentes de tous est un euphémisme grandiloquent ! En vérité, nous ne pouvons pas, n’avons jamais pu et nous ne pourrons JAMAIS, répondre aux attentes d’un autre ! Simplement parce qu’il appartient à TOUS « les autres », de répondre à leurs propres attentes ! Et si elles sont frustrées, à qui la faute ? Mais nous n’avons pas été éduqués et/ou instruits de telle sorte que ce type de raisonnement nous soit non pas « familier » mais seulement accessible.

Nous vivons en étant persuadés que nous devons absolument rendre heureux quelqu’un d’autre que soi ou, à tout le moins, répondre à quelques-unes au moins des attentes de nos proches. De ces proches qui nous connaissent si bien et qui savent où se situe le moindre de nos « boutons » sur lesquels ils n’hésitent pas à appuyer sans aucune vergogne. Désormais, est devenu « égoïste » celui que se fait passer avant les autres ou qui ne pense qu’à lui. Il serait intéressant de définir si cette attente est « généreuse » et si ceux qui l’entretiennent pensent eux aussi aux autres !

 

Mais nous en resterons là pour le sujet des Mémoires, sachant que ce qui vient d’être exposé dans ce Dossier, suffit amplement pour éveiller celui qui a décidé de ne plus dormir. Nous résumerons donc tout ce qui a été dit, en le présentant d’une manière un peu différente mais dont le sens et bien sûr identique. Les Mémoires servent de « fil conducteur » pour stabiliser l’ego, le faire durer « en l’état », pour ainsi dire, car sans ces Mémoires, nous ne serions jamais identiques, jamais pareils, nous ne saurions pas reproduire la personne puisque cette dernière consiste en ses mémoires, son expérience, comme elle dit. Les Mémoires peuvent donc être confirmées ou, et à l’inverse, dénoncées, voire… Effacées ! C’est notre attitude qui détermine notre devenir, pas nos Mémoires qui elles, ne font que nous proposer une direction identique. Mais nous pouvons changer d’attitude, et donc, ne plus nous référer à une ancienne identité probable.

Évoluer se résume à définir le temps exact durant lequel un état d’esprit est toujours exploitable puisque non encore complètement exploité, puis de changer d’état d’esprit, afin de trouver plus de choses encore à exploiter. Avec le temps, la durée du « moi » en cours (ou en place) peut varier grandement, puisque tout dépend de la valeur et de la force associée à tout nouvel état d’esprit.

Voilà qui devrait en inspirer plus d’un ! Pour les autres, continuez à dormir paisiblement, si cela vous chante mais, s’il vous plaît, en silence, comme il se doit pour celui qui n’ose plus être, de peur de déranger la Bête qui sommeille en lui comme elle sommeille en tous. Une Bête qui, hélas, adore dévorer le cœur de l’homme, cela tandis qu’il sommeille encore.

 

Serge Baccino

Qui possède le pouvoir ?

Qui possède le pouvoir ?

 

Nous croyons tous, dur comme fer, que nous avons « le pouvoir » de réaliser certaines choses et d’en éviter certaines autres. Cette croyance provient en partie de notre éducation (« Si tu étudies bien en classe, tu auras un bon métier plus tard ! ») et en partie du fait que nous pouvons constater « la réussite sociale » apparente du moins, de certains de nos contemporains. Si eux y arrivent, alors pourquoi pas nous, n’est-ce pas ? La version est tentante et en plus, elle correspond à – non pas notre expérience personnelle – mais à ce savoir ancestral qui nous a été transmis et ce, sans nous demander notre avis (génétique psychologique.) Une manière d’agir qui pourrait bien ne pas vraiment nous porter chance, mais laissons cela pour le moment.  La vraie question à se poser pour définir, une fois pour toute, si nous avons du pouvoir et si oui, lequel, ou si nous passons notre vie à nous illusionner à ce propos et, pire, à transmettre cette même illusion à nos descendants.

 

Si nous pouvons un moment au moins, laisser de côté nos peurs de mal faire et de ne pas être « à la hauteur » et donc en même temps, ce réflexe imbécile de chercher à nous justifier au sujet – non pas de « ce que nous sommes » – mais au sujet de tout ce que nous croyons être, nous pouvons éviter de provoquer ces réactions épidermiques toujours agaçantes, car il m’est devenu fastidieux de devoir répondre à celles et à ceux qui s’imaginent qu’on parle d’eux et que la vie tourne essentiellement autour de leur petit nombril frileux. Si un match de foot passe à la télé et que vous détestez le foot, aller vous tenter de faire taire la télé ou de la casser ? Fermez donc votre poste et allez prendre l’air dehors ! Et laissez ceux qui trouvent plaisir à la chose, le soin de s’exciter librement devant leur petit écran ! Fort de cet avertissement, maintes fois renouvelé mais fort inutilement  poursuivons donc gaiement !

 

 

 

Nous savons aujourd’hui qu’il existe non pas « une conscience » humaine mais plusieurs niveaux différents d’une même conscience humaine. Par exemple, nous avons ce que l’on nomme « la conscience objective », qui comme son nom l’indique, est relié au fonctionnement des cinq sens du même nom (objectifs, donc.) Puis nous avons aussi « la conscience subjective », qui nous permet d’imaginer, de rêver, de nous remémorer, etc. Vient ensuite la conscience dite « intérieure » ou subconsciente (ou conscience de soi), qui contient non pas « notre inconscience » mais tout ce dont nous ne sommes plus ou pas encore conscients. Cette manière de présenter une chose qui n’est évidemment pas cloisonnée de la sorte, n’est en rien limitative. Du moins, si on est conscient, justement, que nous n’avons pas besoin d’elle pour être limités et de toute manière.

 

Ou plus sobrement, ce ne sont pas les manières de traiter de la conscience qui peuvent nous « limiter », car de toute manière, nous le somme déjà, que cela nous convienne ou pas. Si vous en doutez, essayez donc d’avoir conscience de tout ce qui se trouve dans votre subconscience, et vous allez vite comprendre que les mots ne servent en fait qu’à désigner « ce qui est » et non pas à vous couper ou à poser des limites à « ce qui est ». Captez-vous bien la nuance ? Car même pour « être d’accord », encore faut-il que vous ayez parfaitement compris ce qui mérite ainsi votre « accord. » Mais si vous n’êtes pas d’accord, libre à vous d’éteindre le poste de télé et d’aller respirer un autre air plus pur au-dehors ! Ou d’aller boire un café en attendant que ça passe. Si vous tentez seulement de casser le poste ou d’en interdire l’accès à d’autres, cela sous le prétexte idiot que « vous n’êtes pas d’accord » (ego oblige), vous ne ferez que démontrer votre manque de liberté et surtout, votre désir de limiter la liberté des autres ! Et le plus malheureux étant que ce désir de nuire à autrui est encore inconscient pour vous, d’où votre refus (compréhensible) de cautionner la chose.

 

Alors gaffe à vos réactions qui ne feront que prouver aux autres que quelque chose qui est en vous mais qui n’est pas vous ni même « pour vous » (à votre avantage, donc), décide de votre vie pour vous et à votre place ! En faire la démonstration publique ne servira pas uniquement à vous manquer de respect à vous-mêmes : cela prouvera aussi, voire surtout, que vous êtes en train de CAUTIONNER les dires que vous faites seulement mine de rejeter ou de critiquer. Je sais, c’est subtil, mais même le « moi » peut le devenir, cela avec l’aide de Dieu, si j’ose dire ! Mais pour prendre conscience de l’évidence (ou de la logique) de ce que je viens tout juste d’écrire, encore faut-il être LIBRE d’action et non pas poussé seulement à la réaction. Réagir est la preuve que nous ne maîtrisons rien en tant que « moi » humain. Ce qui tombe bien, puisque c’est EXACTEMENT ce que je m’évertue à PROUVER depuis de nombreuses années, avec l’aimable (mais involontaire) « concours » de celles et ceux qui bondissent littéralement sur place à la seule lecture de ce que je ne fais en somme que PROPOSER, mais qu’ils accueillent comme si ces choses leur étaient IMPOSÉES à eux uniquement !

 

Mais laissez-moi réfléchir deux minutes… N’est-ce pas ce que j’essaye de faire passer comme idée libératrice ? Qu’une personne qui ne s’est pas encore libérée elle-même de son tyran intime, ne peut jouir de cette même liberté que se partagent (sans la diviser) les ésotéristes depuis toujours ? A méditer. Ou pas ! Mais depuis l’extérieur de mon poste de télévision, si cela peut être concevable pour vous que je puisse m’exprimer librement à partir de ma propre expérience, comme vous rêvez sans doute vous-mêmes de le faire un jour ! Ou bien comme vous ne rêvez même plus d’y parvenir un jour ! Me refuser ce droit reviens à vous refuser votre propre futur, puisque vous le critiquez et faites tout pour le tuer en vous, avec l’idée de le tuer chez autrui. Pour ma part, sachant que le « moi » humain, à savoir la partie consciente ou objective de mon entité globale, n’a AUCUN pouvoir, j’ai cessé du même coup de croire que je pouvais décider de ce que les autres vont penser de moi, de mes écrits ou de mes actes. Ce qui, vous pouvez me croire ou non, me fait de sacrées vacances mentales !

 

Toutefois, comme je respecte la partie intérieure de mon être qui CONTIENT le Pouvoir, je me contente d’y faire appel pour que cette dernière tienne ma plume (ou mon clavier) et me dicte « quoi écrire » non pas pour convaincre, je laisse cela à d’autres, mais pour être libre de m’exprimer COMME ELLE L’ENTEND ELLE ! Et oui, vous avez bien lu. Ma liberté consiste à laisser s’exprimer librement Le Pouvoir qui est en « moi », mais qui n’est ni « moi » ni même « à moi ». C’est d’ailleurs parce que je suis et demeure à jamais DISTINCT de ce Pouvoir, que je puis commencer à m’en servir ! Non plus d’une manière imbécile, à savoir en tentant d’aider les autres là où je ne réussis même pas à m’aider moi-même ou en essayant de conseiller les autres sur des sujets pour lesquels je me sais totalement impuissant, mais d’une manière intelligente, à savoir pour m’aider moi-même et pour me prodiguer des conseils qui, Ô, miracle, du même coup peuvent aussi profiter à d’autres, du moins aussi longtemps qu’ils n’ont pas directement accès à ce même Pouvoir Unique qui se trouve en eux comme il se trouve en tous.

 

Simplement, ce « moi » qui me caractérise encore et forcément, a cessé de se croire tour à tour puissant et impuissant, tour à tour magnifique et d’une laideur incommensurable. Comme il ne s’émeut plus à la moindre possibilité de le faire, ce Pouvoir qui est en lui peut enfin commencer à s’extraire et à toucher ceux qui demeurent « touchables », même si pour commencer, ils ne le sont encore qu’à partir de l’extérieur. Par « moi » même, je n’ai aucun pouvoir, c’est si évident ! A moins que de se foutre dans la merde durant des années, soit un signe de maîtrise ? Auquel cas, quel Grand Maître est ce « moi » ! Mais trêve de plaisanterie douteuse, passons à « ce qui fait de la peine », comme toute vérité que l’on se cache et qui justifie du même coup d’être cachée. Le « moi » humain n’a AUCUN pouvoir ! Ceci est définitif, comprenez-vous ?

Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave : changez simplement de chaîne mais n’envoyez pas votre pantoufle sur l’écran de ma télé, je vous prie !  Ou alors, comprenez enfin l’origine de cette force démoniaque qui vous pousserait, si vous y cédiez totalement, non seulement à imposer vos propres idées aux autres mais de plus, à faire taire ces mêmes autres, si cela vous était donné d’y parvenir enfin. Et si ce que j’écris ici ne vous concerne pas ou ne vous concerne plus, alors pourquoi vous en émouvoir encore ? Hum ?

 

Personne ne vous affirme sans broncher que réaliser cette vérité pourtant évidente en soi, est chose aisée ou même agréable à vivre. Il est simplement mentionné que tôt ou tard, vous réaliserez que tout ce que vous avez pu faire et ferez encore, ne peut être issu que de deux formes distinctes de pouvoir. Pour le moment et afin d’épargner, pour un temps encore, les âmes les plus fragiles, il n’est mentionné qu’un seul de ces deux pouvoirs. Celui de Dieu en Soi. Merci de ne pas chercher à aller plus vite que votre capacité à le supporter, cela en tentant de deviner la Nature exacte du second pouvoir !

Or donc, le « moi » n’a aucun pouvoir. OK, supposons et partons de cette prémisse susceptible de faire pleurer à chaudes larmes un crocodile nain d’Éthiopie Occidentale, pourtant réputé équilibré. Mais dans ce cas… Comment expliquer que nous ayons, du moins en apparence, « réussi » à faire ceci plutôt que cela ? N’est-ce pas une forme quelconque de pouvoir que de réussir à obtenir ce que nous voulons et/ou ce que nous désirons ?

 

Attention à ce que vous allez devoir lire à présent, car la réponse va être choquante et provoquer quelque sifflets d’indignations : oui, effectivement, il s’agit bien d’une forme ou d’une autre de pouvoir ! Ce qui ne signifie pas pour autant que la chose soit « bonne » pour vous ni même « souhaitable » pour votre « moi » ! Cela signifie seulement que le « moi » peut avoir accès, en une quelconque mesure, à DEUX sortes de Pouvoir qui sommeillent en vos profondeurs. Et c’est tout ou seulement ce que cela veut dire ! Comprenez-vous bien ? La vraie question n’est donc pas de savoir si le « moi », malgré qu’il ne possède « en tant que lui » le moindre pouvoir, n’est pas capable d’accéder, plus ou moins sciemment, à une des DEUX SOURCES de Tout Pouvoir, qu’elles soient taxées « d’humaine » ou de « Divine », en fonction du domaine d’application et de la nature des effets obtenus. La vraie question est d’ailleurs dans les dernières lignes écrites, ci-dessus ! La voici exprimée plus simplement et d’une manière négative :

« Est-il certain que si le « moi » humain avait accès au Pouvoir, il pourrait s’en servir d’une manière utile, intelligente et profitable à tous ? »

 

Non, laissez tomber ! Ne vous abaissez pas à tenter de répondre à une question qui n’en est pas une ! Ou alors, avouez franchement qu’il faudrait être aveugle, sourd, muet, con en plein et mort pour de vrai, pour oser affirmer que l’homme est prêt à se servir du pouvoir divin sans se détruire lui-même instantanément, lui ainsi que tous les autres ! D’ailleurs, si la planète est encore entière et fonctionne encore à peu près correctement, c’est bien parce que l’homme (ou « moi » humain ou « ego ») est encore INCAPABLE d’accéder au véritable pouvoir ! OK, mais dans ce cas, où puise-t-il le peu de pouvoir qui lui permet de… Eh bien de faire ce qu’il fait et ce, depuis toujours ?

 

C’est ici que l’auteur de ces lignes ressent de sérieux doutes au sujet du bien fondé de révéler tout de suite cette nouvelle vérité ! Vous savez, cette forme de vérité que personne n’a envie de connaître et que chacun cache aux autres et à lui-même ? Celui qui trompe sa femme a t’il besoin de connaître la vérité, alors qu’il incarne encore « cela qui la cache » ? Soyons un peu raisonnables si, apparemment, nous ne sommes pas tous préparés à devenir logiques ! Ainsi et pour cet article, je me bornerai à proposer ce qui suit :

« Si l’être humain, dans sa partie la plus objective ou « extériorisée », se sert d’un pouvoir alors qu’il n’en possède aucun, et puisqu’il est encore en vie, lui ainsi que ses congénères, c’est bien parce que le « pouvoir » qu’il emploie est tout, sauf divin, en plus d’être très limité, fort heureusement pour tous ! »

A partir de là, je suis dans l’obligation de « me taire », du moins en tant que « moi » s’entend, afin de laisser à chacun des autres « moi » qui, très certainement, valent largement le mien, l’occasion « d’écouter » la réponse et donc, la Vérité, en se fiant à leur propre intériorité. Toutefois, je me demande seulement quel est, justement, la forme de « pouvoir » qui se précipitera en premier et pour leur répondre !

 

A eux de juger si ce qu’il entendent alors les rassure et les conforte dans leur état d’esprit présent, ou à l’inverse, s’il génère un certain inconfort pour leur âme. Ensuite, à eux de comprendre à quoi se résume le fait d’évoluer vraiment, non pas seulement « avec la langue » (en parole), mais réellement. A eux encore de définir librement et pour eux-mêmes, si le fait d’évoluer se résume à demeurer comme ceux qui prêchent l’impermanence depuis des milliers d’années mais sans le désir de changer le moindre des mobiliers de leur sempiternelle chambre à coucher, ou bien s’il est question, pour notre humanité en souffrance, de se révolutionner elle-même AVANT que ce soit la Grande Vie qui le fasse pour elle et… A sa place ! Comme toujours. Comme à chaque fois.

A moins…

 

Serge Baccino

La vie pendant la vie

La vie pendant la vie

 

Jadis, on parlait volontiers de « la vie après la mort. » Puis ce fut « la vie après la vie » et je ne doute pas que d’autres expressions ne viennent remplacer les anciennes, au fur et à mesure du temps qui passe. Du temps qui passe ? Et si c’était ça, le vrai, le seul problème, nous empêchant de correctement appréhender « comment c’est de l’Autre-Côté du Voile d’Isis » ? Et si c’était une affaire de « temps », voire de banale conjugaison ? Mais commençons par « conjuguer nos talents » pour voir si, ensemble, nous pouvons définir une expression plus claire et surtout, moins laborieuse (ou limitatrice) concernant cette forme de vie qui est censée se produire « après » notre présente vie physique ou « dans la chair. »

 

Nous partons presque tous du principe dit « linéaire » du temps qui passe, alors que c’est simplement notre conscience qui « se déroule », en passant d’un objet d’attention à un autre. Ce phénomène de déroulement de l’attention mentale, provient donc du fait que notre prise de conscience objective est séquentielle, puisqu’elle ne peut pas tout appréhender en même temps (ou plusieurs choses à la fois) et se doit de passer d’un point d’attention mentale à un autre. Et pendant ce temps qui passe, nous croyons que la vie se résume à une succession d’évènements, alors qu’elle consiste en une succession de prises de conscience. Ce qui est très différent !

 

Dans le premier cas, la vie nous limiterait effectivement, nous obligeant à conserver, une vie terrestre durant, une manière séquentielle de prendre conscience de tout ce qui existe déjà, de tout ce qui est déjà en place, mais que nous n’avons pas encore rendu conscient pour nous. Dans le second cas, ce n’est plus la vie qui nous pose des limites, mais notre mental, incapable de se concentrer sur plus d’une seule chose à la fois. Ces séquences sont donc relatives à notre conscience et si ce n’est pas elle qui est limitée, c’est au moins notre mental, voire notre besoin irrépressible de prendre le temps de comprendre tout ce que nous rencontrons, de peur de rater quelque chose.

 

De fait, il semble presque logique que nous placions à la suite de la présente vie, une forme de vie distincte se positionnant apparemment « après » la mort, ne serait-ce que celle de cette forme charnelle avec laquelle nous faisons corps (à laquelle nous sommes liés, donc.) Car à l’évidence, pour qu’il y ait une vie « après » celle nous servant de référence (l’actuelle), encore faut-il que nous puissions en avoir conscience ! Sinon, comment savoir que nous sommes « en vie » ? Cela dit, si nous étions « mort pour de vrai », nous ne pourrions pas en prendre conscience, attendu que nous serions alors mort sans en avoir été informé… Ensuite. Ce qui serait fâcheux, pour ne pas dire vexant. Bien que pour être vexés… Mais laissons cela.

 

A présent, et afin de tenter d’aligner notre vécu personnel sur la Grande Vie, je vous propose de réfléchir à ce qui suit. Pensez-vous vraiment que l’Après-Vie, comme disent les spiritualistes, ne se mette à exister qu’au moment de la mort de notre corps ? Si oui, alors il s’agit bien d’une APRÈS vie, c’est-à-dire d’une chose succédant à un état précédant. Autant dire que nous aurions vraiment deux états successifs, le second arrivant en toute logique après le dernier et le remplaçant. Mais est-ce vraiment ainsi que les choses se passent ? La vie dans l’Au-Delà se met-elle à se produire juste à la suite de notre trépas ?

 

A moins que l’Au-Delà soit effectif ou présent EN CE MOMENT MÊME et que ce soit une limite propre à la chair qui nous oblige à ne vivre qu’une seule forme de réalité à la fois… Dans ce cas et par exemple, il n’existerait pas une vie succédant à une autre mais un changement dans notre manière de percevoir Le Vivant. Ce qui nous autoriserait à penser qu’en vérité, il n’existe qu’une seule Vie, pour tous, que son contenu est simultané, mais que nous avons besoin de quitter définitivement « quelque chose » formant une limite, pour prendre conscience d’autre chose que ce que nous connaissons pour le moment. Et ce que nous connaissons, pour le moment, c’est cette forme de conscience relative au sens et à leurs objets, que nous nommons, fort à propos d’ailleurs, la conscience objective.

 

Essayons de faire le point et de ne pas nous embrouiller l’esprit. Pour cela, prenons un exemple simple mais surtout, rassurant, puisque emprunté à la vie telle que nous la connaissons pour le moment. J’allais écrire « la seule vie que nous puissions connaître et expérimenter, pour le moment », mais partant, cela reviendrait pour moi à renier tout ce qu’il m’a été donné de vivre depuis  trente-huit ans. Voici cet exemple simpliste au possible. Imaginons que vous deviez quitter la France pour vous rendre à New-York. Pour cela, vous allez prendre l’avion. Pourriez-vous affirmer, sans pouffer de rire, que lorsque vous aurez quitté le sol français, le sol américain va commencer à se dessiner, pour vous et afin que votre avion puisse y atterrir ?

Il y a peu de chance, n’est-ce pas ? De même, en quittant le sol américain pour revenir en France, vous ne devriez pas vous questionner pour savoir si la France existe toujours, depuis votre départ de son sol.

 

Il en va de même pour ce qui ne saurait être « l’après » vie, attendu que de vie, il n’y en a qu’une seule pour tous. Une seule, certes, mais si incommensurable, si illimitée, que nous ne pouvons pas faire autre chose ni autrement que ce que font les voyageurs d’un train express quittant une gare en direction d’une autre. Ils voyagent d’un seul trait, mais peuvent être conscients de chacune des étapes, même si le train poursuit sa voie et ne s’arrête à aucune gare. Il n’y a pas une création de gare au fur et à mesure que le train avance : toutes les gares existent déjà, mais aucun voyageur ne peut en prendre conscience en une seule fois, juste une seule à la fois et parce que l’un de leurs sens le leur permet.

 

 

Il est clair que POUR NOUS, il peut sembler que la vie terrestre doive cesser pour qu’apparaisse une autre tranche de vécu. Mais que nous ayons un corps ou que nous n’en ayons pas, la vie est Une, indivisible et ne saurait se contenter d’étapes ou de tranches successives. Force nous est d’en arriver à la conclusion logique que tout comme nous pouvons quitter la France pour rejoindre le sol américain, cela, parce que ce second sol existe EN CE MOMENT et non « ensuite », « après » ou « plus tard », de même, nous pouvons passer d’une prise de conscience générale à une autre, cela parce que toutes les prises de conscience possibles et imaginables, sont déjà rendues manifestes et cela, en simultané. Tout le Vivant est là, disponible et attendant d’être vécu.

 

En ce moment même, des êtres qui vous aiment mais que vous ne connaissez sans doute pas encore, vous attendent avec impatience. Ils attendent que vous quittiez ce Manteau de chair qui vous coupe d’une véritable Vision des êtres et des choses. Une vision simultanée ou presque, vous permettant de réaliser que « après », c’est déjà maintenant. Alors, nous allons faire un marché, si vous le voulez bien. Vous qui avez lu, lisez et lirez ce texte, engagez-vous à ne plus jamais dire « après la vie » ou « après la mort » mais seulement… Pendant La VieChiche ? Vous me suivez ? En aurez-vous l’audace ?

C’est ce que nous verrons, d’ici quelques années, car si seulement cents personnes acceptent ce deal, d’ici huit à douze ans, des millions de gens auront repris cette formulation d’une chose qui a toutes les formes et pourtant, aucune d’entre elles.

 

Serge Baccino

La DDP psychologique expliquée

La DDP psychologique expliquée

 

On pourrait se demander ce qu’est vraiment la connaissance avant même de comprendre à quoi elle sert, éventuellement. Car définir le rôle d’une chose dont on ne connaît pas l’origine est au moins incertain. Or, la connaissance provient de deux sources aussi différentes que contraires, sans pour autant être antagonistes ou opposées. Tout d’abord, il y a « La Connaissance », celle mentionnée par l’ésotérisme depuis toujours et qui est réputée provenir de l’intérieur (du grec « ésotérikos » qui signifie « dedans » ou « intérieur. »)

Ensuite, il y a la connaissance issue de l’extérieur, des autres, de l’expérience, etc. L’idée pourrait être de comparer la connaissance issue de l’intérieur avec celle issue de l’extérieur (« exotérisme ») mais ce serait une erreur. On ne compare que ce qui est comparable, non ce qui diffère et qui semble prévu pour différer, puisque se passant de notre accord préalable pour oser exister. Dès lors, puisqu’il n’est plus question de comparer et donc, de choisir l’une plutôt que l’autre, c’est-à-dire l’une aux dépens de l’autre, il nous reste comme problème de trouver une manière de conserver les deux sans qu’elles ne s’opposent ou mieux encore, soit de les combiner, soit de définir en quoi il est judicieux qu’il y en ait deux au lieu d’une seule, comme cela nous arrangerait mieux.

 

Mais est-il certain qu’une seule forme de connaissance, issue soit d’un côté, soit de l’autre de notre nature duelle, soit la réponse à nos interrogations, voire la solution à tous nos problèmes liés au fait de « connaître » ou « d’ignorer » ? Puisqu’il existe deux choses, pourquoi ne pas plutôt essayer de comprendre non pas leur raison voire leur droit à l’expression, mais une manière de s’en servir au lieu de supposer gratuitement que l’une quelconque puisse nous desservir ? Car nous croyons vraiment que cette dualité nous dessert et nous cherchons à nous en administrer « la preuve » jour après jour, cela sans même le réaliser vraiment ! Par exemple, nous sommes persuadés que ce que nous connaissons de la vie doit nécessairement CORRESPONDRE à la vie elle-même.

Et inversement. Un peu comme s’il appartenait à la vie de s’aligner sur la connaissance que nous prétendons avoir d’elle. Nous sommes persuadés que nos amis sont véritables, qu’ils ne peuvent pas nous trahir, que ceux qui prétendent nous aimer nous aiment obligatoirement, ou que nos désirs ainsi que notre volonté personnelle « font loi » ! La liste est longue au sujet de ce que nous prétendons savoir de la vie, des choses et des êtres, par rapport à tout ce qu’ils cherchent à être, indépendamment de nos désirs et surtout, de notre volonté. En clair et pour résumer l’affaire, nos désirs sont rarement assouvis et notre volonté semble se heurter sans cesse à celle des autres, comme si l’un des deux – soit nous, soit les autres – avait comme problème majeur une incapacité à RÉPONDRE aux attentes de l’autre, et réciproquement.

 

A vrai dire, nous pourrions même en arriver à la conclusion illuminante, ou presque, que c’est la Différence De Potentiel (DDP) entre notre vérité et celle, à l’extérieure (la vie, les autres, etc.,) qui est à l’origine de nos souffrances ! Et si c’est bien le cas, alors il ne nous reste plus que deux options pour ne pas ou pour ne plus souffrir : sacrifier l’une de ces deux connaissances, de soi ou du Monde. Par exemple, nous pourrions et pourquoi pas, inventer une philosophie passive, pour ne pas dire autre chose, nous proposant de sacrifier notre vérité (volonté + désirs personnels) sur l’Autel sacré de la Connaissance extérieure. Cela nous permettrait de ne plus souffrir, car cela éliminerait toute DDP entre notre intériorité et le Monde extérieur. Toutefois, même en supposant aimablement que la souffrance puisse ainsi disparaître, cela n’indique pas pour autant que nos désirs et notre volonté puissent en faire autant !

Finalement, la souffrance est-elle vraiment issue de cette DDP ou du moins, dans ce sens-là de notre raisonnement ? Mais pas d’affolement : il nous reste encore la seconde solution, aussi opposée que complémentaire ! Nous allons supprimer cette DDP, cela en supprimant de notre vie, la connaissance extérieure ! Comment ? Rien de plus simple : nous allons définir puis installer en nous, comme prémisse irréversible, que nous avons toujours raison, voire « nos raisons » d’être et d’agir comme nous sommes et agissons sans cesse, et bien entendu, l’extérieur et les autres auront toujours tort ! Quelle excellente astuce que celle-là ! Ne pensez-vous pas ?

 

Bon, certes, rien n’indique que nous soyons dans « le vrai » mais si l’on supprime l’un, nous supprimons du même coup toute trace d’altérité en ce qui concerne la connaissance ! Il n’existe plus et désormais, qu’une seule forme de connaissance et il s’agit évidemment de la nôtre ! Mais quelle beauté ! Quelle ingéniosité, pourrions-nous dire sans la moindre chance de nous abuser ! N’est-ce pas ? N’est-ce pas ??? Ah ! Misère… Mais comment savoir ? Comment en être certain, en fin de compte que nous ne sommes pas en train de nous abuser ? Avons-nous trouvé le moyen dernier de ne jamais plus être « dans l’erreur » ou – et au contraire – le moyen définitif de perdurer dans l’erreur et de rater à chaque instant de notre vie, le bus de la vérité ? Mais qu’est-ce que la vérité ? Au fait, mais oui ! Qu’est-ce que la vérité ? La nôtre ou celle des autres ? Nous voici repartis dans un autre dilemme, pour ne pas dire rendu dans un autre cul-de-sac psychologique ! Voire un cul de basse-fosse !

 

La solution serait-elle de conserver les deux formes de connaissances impliquant sans doute deux formes de vérités ? Mais dans ce cas, n’allons-nous pas aussi, voire surtout, conserver intactes chacune de nos anciennes souffrances ? Mais est-ce là la vraie question, au fait ? Avons-nous cessé de souffrir en sacrifiant notre vérité au profit de celle des autres, ayant pour seule connaissance que celle partagée par chacun et donc, par tous ? La réponse est non, bien évidemment ! Se ranger du côté du plus fort ne peut faire de nous qu’un faible qui a trouvé le moyen non pas d’être fort mais de trouver un but à sa propre faiblesse. Dans le sens opposé, la souffrance était encore plus grande, car à celles déjà en place s’est ajouté l’effort d’imposer sa vérité sans réussir à l’imposer vraiment. Et se retrouver seul à penser une seule et même chose n’a rien de bien valorisant, surtout lorsqu’on réalise que les autres conservent leur propre vérité et y ajoutent la haine pour ce que nous sommes devenus sans même le souhaiter.

 

Ainsi et dans les deux cas et à chacune de ces deux tentatives différentes, car carrément opposées, plutôt que de l’harmonie est né plus de disharmonie encore. Et le pire, c’est que les deux formes de connaissances et donc, de vérités, sont restées en place, malgré notre tentative de n’en conserver qu’une seule pour tous. La solution serait-elle d’inventer une troisième forme de connaissance et donc, de vérité ? Essayons pour voir, qu’est-ce que cela peut nous coûter, si ce n’est la prise de conscience douloureuse qu’une fois encore nous nous sommes trompés ? Alors essayons ! Inventons une troisième qui, sans doute, ne sera pas pire que chacune des deux premières, prises séparément. Voici cette connaissance nouvelle :

« En vérité, chacun de nous a sa propre connaissance et donc, sa propre vérité, et aucune d’entre elle ne doit être partagée par les autres, cela au risque de perdre leur propre vérité au profit non plus de celle des autres, mais de celle d’un autre seulement. »

 

Alors ? Qu’est-ce que cela donne ? Cela donne la même chose, quelle misère ! Cela produit l’isolement, la séparation du frère avec sa sœur, du mari avec sa femme, puisque désormais chacun est enfermé dans sa propre vérité ! Nous venons d’inventer le cloisonnement et voici qu’à l’horizon se profile une construction gigantesque qui semble s’élever vers les cieux dans l’espoir d’en prendre le contrôle… Une Tour immense dans laquelle chacun parle un langage qui lui est propre, ce qui fait que plus personne ne comprend ce que raconte l’autre.  Mais cette fois quelque chose a changé : désormais, nous ne savons plus et donc, nous ne pouvons plus revenir en arrière et nous remettre à parler une langue que quelques-uns au moins puisse comprendre, ne serait-ce que pour retrouver cette joie ineffable de « ne pas être d’accord » et de critiquer avec fougue une vérité ne correspond pas à la sienne propre.

Car même pour ne pas être d’accord, pour critiquer, flétrir et même condamner, encore faut-il réussir à COMPRENDRE VRAIMENT ce que raconte un autre ! Et là, hélas, plus personne ne semble pouvoir comprendre l’autre ou les autres.

 

Allons-nous devoir de nouveau faire un choix, à savoir soit exiger d’autrui qu’il abandonne sa langue maternelle au profit de la nôtre, soit abandonner notre propre langue au profit de celle d’un autre ? Mais quel autre, cette fois ? Tous parlent un langage différent et il n’en est pas un seul qui puisse parler un langage commun. A moins que… A moins que ce problème n’ait droit de citer qu’au sein de cette tour immense qui tente de voler les cieux sans jamais y parvenir ? Il y aurait-il d’autres humains qui, ne vivant pas dans cette tour et n’y ayant jamais vécu, aient conservé intacte une Langue Originelle, une Langue que chacun puisse de nouveau apprendre afin de réussir à se faire comprendre de chacun et chacun de tous ? Mais quelle langue ? Une troisième ? Une quatrième ? Une qui est nouvelle ou bien est-ce le fait de lui permettre de nous toucher qui soit nouveau ? Auquel cas, tout en étant très ancienne, cette Langue serait en même temps nouvelle, puisque jamais apprise à notre époque ? Jusqu’à présent, qu’avons-nous expérimenté ? Des solutions minables et de toute façon invivables, à un problème présumé.

Et si ce problème présumé tel, n’était pas un problème mais au contraire, La Solution ? Voire la dissolution de tous nos problèmes, qu’ils soient secondaires ou majeurs ? Ceux qui parlent encore La Langue Originelle ont-il suivi le même cursus que nous ou bien sont-ils resté fidèles à cette Langue, à ce Langage commun à toute l’humanité, du moins cette partie de l’humanité restée fidèle à ce qu’elle devait être et a été en fin de compte ? Dans tous les cas, que ce Langage soit ancien, nouveau ou même éternel, quelle importance du moment qu’il nous enseigne la seule chose jamais apprise et donc, jamais comprise, à savoir « Comment faire cesser la souffrance » ?

 

Alors, voici cette Langue Originelle et voici ce qu’elle dit. Elle nous apprend que ce que nous sommes, pour le moment, dépend uniquement de ce que nous avons déjà compris de tout ce que nous sommes par ailleurs. Elle dit aussi que comprendre revient simplement à VIVRE en fonction du peu qui a déjà été compris. Mais il y a tant de choses à comprendre encore, tant de chose à apprendre à notre propre sujet, que notre vie durant, nous devrons oser lâcher l’ancienne vérité de notre être pour réussir à embrasser une nouvelle vérité.

Mais aucune de ces vérités qui se présente tour à tour à notre mental n’est contradictoire, car toutes les vérités sont capables de cohabiter et même, de s’associer et de s’organiser en fonction de ce qu’elles énoncent. La vérité est quelque chose de progressif, car en vérité, nous ne pourrions comprendre d’un seul coup « Qui nous sommes vraiment » ou quelle est l’étendue véritable de notre Nature la plus intime. La Connaissance se résume à apprendre sans cesse la différence qui existe encore entre « Qui nous sommes » et qui nous pourrions être par ailleurs, encore et encore.

 

Du coup, la vérité qui est présentement la nôtre n’est ni « bonne » ni « mauvaise » : elle est juste incomplète et elle le demeurera toujours ! Mais pour qu’elle se complète et cela, à notre propre vitesse, il faut que ce qui est encore considéré comme « extérieur », vienne graduellement s’ajouter à ce que nous croyons être « intérieur. » Car en vérité, ce qui nous semble « intérieur » est en réalité ce qui nous est déjà acquit, tandis que ce qui nous semble « extérieur » correspond à tout ce qu’il nous reste à acquérir encore. Et cette progression graduelle est sans limite et donc, sans aucune fin. Celui qui la refuse ne se contente pas de se mettre à l’abri de l’adversité ou de ce qui lui est soi-disant « étranger » : en vérité, il se met à l’abri de Lui-même, tel qu’il s’ignore encore, de peur de « perdre » ce qu’il croit être déjà et qui consiste en ce qui le prive de tout ce qu’il n’est pas encore.

Voici la Réponse non pas à toutes nos souffrances seulement, mais la Réponse de l’homme à tout ce qu’il lui reste à être, et ce qu’il lui reste à être lui sera éternellement proposé ou présenté, depuis ce qu’il jugera toujours comme étant « extérieur à lui », ce qu’il est déjà le privant nécessairement de tout ce qu’il lui reste encore à être, si ce qu’il est déjà persiste à s’opposer bêtement à tout ce qu’il n’est pas encore. Voilà la seule, l’unique vérité qui ne variera jamais !

 

Serge Baccino

 

Le seul pouvoir

Le seul pouvoir

 

Qui ne rêve pas de contrôler la vie des autres ? Ne répondez pas tous à la fois, surtout ! Mais OK, jouons pour voir où cela nous mènera. Le pouvoir, cela se désire mais cela continue de « se faire désirer » ! En clair, même si nous tentons de nous le faire croire, nous voyons bien que nous n’avons aucun pouvoir sur autrui. Alors nous essayons d’en avoir sur nous-mêmes et là encore, ça ne donne que de bien piètres résultats. Pourquoi ? Parce que personne n’a appris, que ce soit à l’école ou auprès de ses parents, comment obtenir le vrai pouvoir, le seul qui soit, en fait. Ah ? Il y aurait donc un vrai pouvoir ? Évidemment ! Que croyez-vous que foutent les ésotéristes durant des décennies ? Qu’ils jouent au Rami ou à la Pétanque ? Mais eux ont un avantage sur les « News spiritualistes« , du genre de ceux que l’on trouve par milliers sur des supports ou médias sociaux tels que Facebook, par exemple. Fort bien, et que savent les ésotéristes qu’ignorent encore les spiritualistes du dimanche, voire du samedi matin ?

 

Il savent comment obtenir le vrai pouvoir ! Cool ! Mais cette réponse, pour laconique qu’elle soit, ne nous avance guère. Et comment obtenir the power ? Simplement en obtenant la maîtrise de ce qui représente le pouvoir créateur. Cool, Raoul ! Et qu’est-ce qui représente le pouvoir créateur ? Ce qui est à la base de toutes créations, depuis l’atome jusqu’aux plus grandioses galaxies. Youpi !!! Et serait-ce un effet de votre bonté sans limite que de nous révéler le nom de  » cela qui est à la base de toutes choses «  ? Nous connaissons la chose sous le nom de… Esprit.

L’esprit ? Oui. Mais… L’esprit, ce même esprit qui nous sert à penser ? Tout à fait. Bien que l’esprit ne nous serve pas seulement à penser, c’est-à-dire à former de nombreuses constructions mentales, mais aussi à créer ce que nous désignons sous le vocable de « matière. » La matière ? Oui. Cette matière qui est solide et peut manifester la dureté de l’acier ou du diamant ? Oui. Du moins cette illusion de matière qui nous permet de CROIRE en l’existence des métaux, même parmi les plus durs. Voulez-vous insinuer que l’esprit, notre esprit, celui qui nous sert à penser, est capable de créer des choses matérielles ? Oui, car tout est fait d’esprit et tout ce qui existe a forcément été préalablement pensé.

Comme est pensé un acte avant qu’il ne soit posé.

 

Mais si l’esprit est créateur, s’il peut produire de la matière, comment se peut-il que nous pensions en vain, à savoir que chacune de nos pensées ne soit pas créatrices de quelque chose ? Mais chacune de nos pensées est créatrice et donnera finalement naissance à quelque chose ! Ne serait-ce qu’une émotion, un acte, un évènement ou même une maladie et par exemple. Nos pensées créent des maladies ? Évidemment ! D’où viendraient-elles, sinon, si ce n’est de l’esprit, puisque ce dernier est à la base de toutes choses ? « Le Tout est esprit, l’univers est mental », cela signifie que nous projetons sans cesse le contenu de notre mental qui est à l’origine de tout ce que nous vivons et expérimentons sans cesse.

Vous voulez dire que c’est moi qui crée tous les évènements fastes ou néfastes qui composent ma vie ? Disons plus exactement que c’est vous et des millions d’autres consciences individualisées qui regroupent leurs différents état d’esprit pour donner forme à un super-scénario que certains appellent la vie de tous les jours.

 

Différent état d’esprit regroupés ? Oui. Mais par quel miracle des états d’esprit différents pourraient-ils créer un scénario unique ? Nul miracle en cela : même si notre état d’esprit est différent de celui de tous les autres, il est conciliable et associatif, c’est-à-dire que chacun de nous apporte sa pierre à un édifice de pierre justement. Peu importe la couleur de chacune de ces pierres, car toutes concourent à l’élaboration d’un édifice commun. Le fait d’avoir plusieurs angles différents d’une même réalité et cela, en simultané, permet une multitude de possibilités annexes, d’états d’esprit secondaires qui tous, à leur tour, vont permettre d’améliorer l’édifice commun.

Un plombier n’est-il pas différent et distinct d’un architecte, d’un maçon ou d’un menuisier ? Pourtant, chacun de ces représentants uniques d’un corps de métier spécifique, permettra de construire un édifice commun.

 

Mais pourquoi ma pensée n’est-elle pas capable de produire instantanément tout ce que je désire, dans ce cas ? Parce que ce n’est pas la pensée, qui est créatrice mais l’esprit ! N’est-ce pas la même chose, finalement ? Non, car l’esprit une fois investi dans les processus mentaux, engendre nos pensées et rien d’autre que des pensées. Et comme une pensée est déjà une forme mentale comme une autre, mais sans poids ni mesure, on ne réalise pas que l’esprit vient bien de créer immédiatement quelque chose, une forme, et que cette forme créée se nomme une pensées.

Ainsi, il nous faudrait apprendre à ne pas ou à ne plus permettre à l’esprit de s’investir dans nos différents processus mentaux créant sans cesse des formes mentales appelées pensées, mais dans d’autres formes mentales qui elles, pourraient produire autre chose que des pensées, c’est bien ça ? Oui, du moins dans les grandes lignes.

Mais pour créer, il nous faut bien penser, non ? Non, penser c’est déjà créer et donc, user de l’énergie spirituelle. Mais ce genre de création ne correspond pas à l’idée que l’homme se fait de la créativité mentale. Lui veut des effets probants, concrets ou, à tout le moins, objectivables, susceptibles de lui permettre une prise de conscience relative à son pouvoir créateur.

 

Ah ! L’homme a donc un pouvoir ? Non, c’est l’esprit qui est le pouvoir, le seul qui soit et qui sera jamais. Et l’homme, comme toutes choses, est fait d’esprit, non ? En effet, et à ce titre, il est déjà une forme mentale, une pensée de Dieu. Il ne peut donc plus créer « en esprit » sans créer en lui-même et à partir de sa propre structure mentale ou spirituelle. Et ça donne quel résultat ? Cela a pour résultat d’affaiblir l’homme qui, désirant créer, ne fait que reproduire, SE reproduire, en vérité. L’homme ne peut rien produire de nouveau ou d’original : il ne peut que « copier à partir de lui-même », se prendre pour modèle unique est tenter de composer avec les moyens du bord. Il suffit de voir le chemin que prend la recherche sur l’Intelligence Artificielle (I.A.) pour se rendre compte que l’homme tente inconsciemment de se recréer sous la forme d’un robot supposé être « intelligent ». Mais l’homme ne pouvant que reproduire et non faire un acte réel de création, même le robot le plus perfectionné sera toujours inférieur à son créateur qui lui, est déjà une créature et donc, une forme mentale créée en esprit et faite d’esprit.

 

En somme, l’homme ne pouvant créer qu’à concurrence de lui-même, la plus perfectionnée des « I.A. » ne saurait être supérieure à l’homme qui la créée ? Non, en fait, l’homme ne se reproduit pas vraiment, du moins, pas dans le sens absolu de ces termes. Il tente vainement de reproduire, que ce soit lui ou autre chose, mais il n’y parvient pas. Il n’y parvient jamais. Un peu comme si durant l’acte créateur, il y avait déperdition d’énergie ? Disons plutôt comme si dans cette piètre tentative pour imiter Dieu, l’homme ne réussissait même pas à imiter l’homme. Cette dernière version étant plus exacte. Mais puisque l’homme est esprit… Non, souvenez-vous : l’homme n’est pas l’esprit : il est FAIT d’esprit et par l’esprit. C’est très différent ! Mais en quoi réside cette différence ? Elle se situe dans le fait que l’homme n’est en fait que de l’esprit qui a déjà été employé pour donner forme à l’une quelconque des infinies créations faites en esprit et dans le mental divin. Supposons, mais alors, quel est le seul pouvoir ? Celui de l’esprit. Ceci a déjà été mentionné en amont.

 

Et l’homme est fait d’esprit, n’est-ce pas ? Oui. Mais l’homme possède également un esprit, n’est-ce pas ? Non, c’est l’esprit qui possède l’homme et non l’inverse ! Là se situe toute la subtilité du problème. Ou de sa solution, voire de sa dissolution. Que voulez-vous dire ? La vérité. Certes, mais encore ? Que l’homme n’a aucune maîtrise sur ce qu’il nomme pompeusement « son esprit ». Mais… Il s’agit bien ici de l’esprit de l’homme, puisque l’homme se sert de l’esprit ? Pas vraiment. Pour le moment, c’est l’esprit qui se sert de l’homme, voire qui l’asservit. La preuve, réussissez-vous a stopper net ce que d’aucuns nomment « la moulinette mentale» ? Ah… ben non, cela, nous ne le pouvons pas. Du moins pas les hommes et les femmes ordinaires. Vous inversez la proposition : c’est parce que ces gens-là ne réussissent pas à maîtriser les mouvements anarchiques de l’esprit en eux, qu’ils sont encore et pour un temps, des femmes ou des hommes ordinaires. S’ils y parvenaient, s’ils avaient la maîtrise de l’esprit en eux, c’est l’esprit qui deviendrait alors leur ordinaire.

 

Vous voulez-dire que celui qui maîtrise l’esprit peut maîtriser toutes choses ? Non, ce n’est pas ce qui doit être dit puis compris. Celui qui maîtrise les mouvements anarchiques de l’esprit en lui, et non l’esprit lui-même, peut alors se servir de l’esprit au lieu d’être asservit par lui. C’est très différent. Se servir de l’esprit… Pour quoi ? Pour obtenir ce qu’il désire. Et que désire l’homme ? Le pouvoir. Mais vous avez dit qu’il ne le possédait pas, qu’il ne le posséderait jamais ! Évidemment, puisque c’est l’esprit qui possède ce pouvoir. Mais outre ce pouvoir, l’esprit a cette fâcheuse tendance à REMUER sans cesse et ce sont justement ces mouvances mentales (Karma Chitta) qui produisent ou engendrent des évènements qui ne sont pas tous favorables à l’homme.

L’idée est donc de prendre le contrôle de l’esprit en nous puis de l’obliger à « remuer » dans le sens qui nous arrange le plus. On ne stoppe pas une rivière : on la détourne de son lit afin de lui faire contourner un lieu précis ou bien pour l’orienter dans une direction particulière. Sauf que dans ce dernier exemple, c’est l’eau de la rivière qui servira de matériau de construction. En somme, l’idée n’est pas tant de faire cesser les mouvances de l’esprit, que de lui indiquer dans quelle direction couler, c’est bien ça ? Oui, tout à fait.

 

Alors je crois avoir compris. La maîtrise consiste d’une part à prendre le contrôle de l’esprit en nous, puis de lui indiquer dans quelle direction il doit aller pour produire les résultats escomptés. On ne peut empêcher l’esprit de remuer sans cesse, puisque cela est impossible, sa seule raison d’être étant de CRÉER et de créer sans cesse. Mais on peut l’orienter consciemment vers une forme de création qui puisse satisfaire nos attentes qui, dès lors, deviennent toutes légitimes du seul fait qu’elles deviennent possibles. A partir de ce moment, nous ne nous reproduisons plus en tentant de singer le pouvoir créateur de l’esprit; nous demandons simplement à l’esprit qu’il donne forme à tout ce dont nous avons besoin pour notre plein et entier épanouissement.

Voilà, oui, vous avez effectivement compris. Il s’agit-là de la seule forme de maîtrise qui soit et qui consiste à faire appel au seul pouvoir qui soit.

Et il en est bien ainsi !

 

Serge Baccino

Partager ce qui n’est pas encore

Partager ce qui n’est pas encore ou partager ce qu’on ne possède pas encore ?

 

Sur les différents réseaux sociaux (chats, forums, blogs, pages perso, etc.,) il est souvent question de « partages ». Ce mot est devenu si courant que plus personne ne songe seulement à l’analyser d’un peu plus près. Les psychologues ésotéristes proposent justement de s’intéresser quelques minutes à ce fameux concept du « partage ». Évidemment, nombreuses seront les personnes qui liront ce texte et dont les dents grinceront quelque peu ! Pourquoi ? Parce que son contenu n’est pas fait pour alimenter leur Moi-Idéalisé mais aura plutôt pour effet de le casser en deux et cela, d’une manière quasi définitive.

 

S’ils se sont imprudemment associés à leur Moi-Idéalisé, cela au point de s’être au fil du temps identifiés à lui, alors ils auront le sentiment très net de s’être fait « casser » par ce texte. Avec toutes les émotions connexes guère avouables que ce sentiment entrainera nécessairement. Mais s’ils possèdent encore un « moi » humain ordinaire, conscient de ses limites et donc, de ses faiblesses, alors ils auront l’impression de comprendre, désormais, pourquoi le partage véritable ne peut marcher avec la plupart des chercheurs de vérité de notre époque. Autrement dit, pourquoi les ésotéristes ont presque tous disparus, faute de pouvoir encore servir à quelque chose, ou alors si rarement que cela n’en vaut plus la peine. Ou presque.

 

Tout d’abord, observons de plus près le mot « partager ». Au premier abord, il semble impliquer de prendre une chose et de la réduire peu ou prou, cela en la « partageant » (avec d’autres, par exemple.) Si j’ai une baguette de pain et que je la partage en deux avec une autre personne, chacune de ses deux personnes bénéficiera d’une demi baguette, ce qui est suffisant pour un repas ordinaire. Mais si en plus de moi, il y a six ou sept autres personnes, chacun aura, en fin de compte, un petit bout de pain. Ce type de « partage » réduit et n’augmente jamais rien, si ce n’est la faim dans ce premier exemple !

 

A présent, supposons que le mot « partage » soit pris dans son sens second et qu’il implique non pas de réduire ce qui est mais de l’enrichir de tout ce qui n’est pas encore. Par exemple, je suis passionné par un sujet dont je maîtrise l’essentiel, et je rencontre une personne qui doit elle aussi se spécialiser dans ce même domaine pour lequel elle est déjà douée, mais l’ignore encore. Ici l’échange est Parfait ! Pourquoi ? Parce que tandis que je vais « donner », je ne vais rien perdre, je ne vais pas m’appauvrir. Et tandis que l’autre va « recevoir », elle va en fait augmenter une chose qui existait déjà mais dont elle n’avait pas encore conscience.

 

Dans cet exemple, qu’est-ce que je « donne », sinon ce que je possède et que je conserve même après ce « don » ? Et l’autre, qu’est-ce qu’il « reçoit », si ce n’est la certitude que tout est déjà en lui et qu’il devait juste le réaliser ? Chez la plupart, ce n’est pas l’âme elle-même qui « partage » mais l’intellect qui conduit seul ce type « d’échange » dont rien de bon ne peut sortir, en définitive. En fait et pour parler cru, pour parler franc, tant que c’est l’intellect qui essaye de parler de ce qui est censé l’intéresser (sic) c’est dix fois sur dix le bordel ! En fait d’échange ou de partage, cela se termine par des mots malheureux et une impression d’avoir perdu son temps et d’avoir sali ce que l’on prétendait aimer (le sujet partagé.)

Que celui qui n’a jamais été déçu de ne pas avoir réussi à intéresser un vis-à-vis au sujet d’un sujet le passionnant vraiment, se lève pour affirmer que je me trompe ! Ceux qui ne se sont jamais passionnés pour rien n’ont pas le droit de jouer, désolé ! Mais un jour, on se laisse faire et ce sont les autres qui nous apprennent qu’ils sont passionnés par des choses qui nous passionnent nous-mêmes ! Plus simplement, c’est quand on n’y pense plus ou pas que les autres nous ramènent à ce dont nous ne pensions plus pouvoir partager.

Et là, l’échange ou le partage est parfait !

 

Lorsque à mes débuts (fin des années 70) j’essayais tant bien que mal de partager ma passion, je me plantais à chaque coup ! J’obtenais le plus souvent l’inverse de ce que j’escomptais. Je n’avais pas encore compris cette vérité animique (de l’âme, donc) qu’on ne peut tenter de réaliser qu’une chose qui n’est pas encore réalisée. Essayons-nous de réaliser une chose qui l’est déjà ? Peut-on partager une chose que l’on ne possède pas encore ou déjà ? Jusqu’au jour où j’ai admis la présence d’un léger détail : une passion se partage mais ne se transmet pas. JAMAIS ! Partager n’est pas « réduire » (genre partager en deux) mais AUGMENTER ! Si vous partagez avec un pauvre, vous ne partagerez que sa pauvreté, jamais votre richesse. C’est pour cela que certains sont mal à l’aise à la seule idée de croiser un SDF sur leur chemin. Pour vraiment parler de partage, il faut une personne possédant déjà les mêmes richesses que nous, mais qui ne le sait pas encore !

 

En clair, si vous croisez une personne qui est venue pour être passionnée par les choses de l’esprit, vous n’avez aucun effort à faire pour « réussir » une chose qui est déjà accomplie. Il vous suffit d’ouvrir la bouche ou de jouer du clavier et la moindre de vos paroles prononcée ou même écrite, est bue comme si elle consistait en de l’eau venue d’une Source vivifiante. Et non plus de vous. Mais si vous cherchez à créer une condition qui ne peut pas encore l’être, vous ne récoltez que des fruits gâtés. Au mieux ! Suis-je en train de dire que SEULS ceux qui n’ont rien en eux à partager, dans un domaine précis, sont totalement inaptes à recevoir ? Oui, c’est exactement ce que j’affirme ici et d’une manière si péremptoire, que comme d’habitude, elle sera capable de refiler des boutons à tous ceux qui manquent cruellement de confiance en eux, cela au point de supposer que ce sont les autres qui en ont trop !

« On ne prête qu’aux riches », vous connaissez ? Maintenant, oui. Du moins tous ceux qui font l’effort honorable de comprendre mes textes. On dit que les ésotéristes traitent de choses que même les spiritualistes ne comprennent pas. Ce qui est tout à fait exact ! Mais certains considérés comme « matérialistes », commencent à les comprendre vraiment. Voilà une chose étrange, ne trouvez-vous pas ? A moins que ceux qui croient ne pas savoir, sache bien plus de choses que les « spiritualistes » ? Car en effet, comment reconnaître la vérité, si on ne la possède pas déjà en soi ? Alors réjouissez-vous celles et ceux qui, depuis des années, adorez me lire ! Comprenez-vous que de moi ou de vous, ce n’est pas moi, ce ne peut être moi la « vedette » mais VOUS ?

 

Quant aux autres, ceux qui ne comprennent rien et sont donc tout à fait en droit de se moquer, de condamner et de chercher à ternir l’image de qui tient la plume ou le clavier, sachez que, en fin de compte, vous n’avez pas de problème. Vous n’avez même rien du tout, en fait ! Ni problème, ni solution. Mais quand viendront enfin les problèmes, Bénis soient-ils, les solutions viendront également. On ne peut pas aider à la guérison de ceux qui n’ont (encore) jamais été malades et qui de ce fait, on le droit absolu de se croire en bonne santé.

 

Serge Baccino