Dieu et le mal sont-ils incompatibles

Dieu et le mal sont-ils incompatibles ?

L’homme a tendance à tout étiqueter, à tout ramener à ce qu’il connaît déjà. À l’évidence, il ne saurait traiter d’un sujet dont il ignore tout ou presque. Le fonctionnement mental de l’être humain étant basé sur « tout ce qu’il connaît déjà ». Dès lors, force nous est d’en arriver à cette étonnante conclusion : « l’homme ne vit que du passé et ne peut traiter d’un sujet qu’à partir de ses propres mémoires. » Partant, l’homme ne pourra comprendre que… Tout ce qu’il connaît déjà ! Ce qui revient à faire tourner son mental en boucle.

Mais pourquoi l’homme ne le réalise-t-il pas ? La réponse est évidente : pour le réaliser, il lui faudrait ne jamais être confronté à du nouveau, à des conditions qu’il n’aurait jamais pu connaître auparavant. C’est ici qu’il nous faut nous montrer subtils et faire montre de patience pour bien comprendre ce sujet, primordial avant toute autre étude et, en l’occurrence, celle de Dieu et de la présence du mal, qui semble s’opposer à la Nature même du premier.

Il est évident que nous sommes parfois confrontés à la nouveauté. Nouvelles personnes, nouvelles idées, nouveaux évènements, etc.
Dire que l’homme n’est jamais confronté au « futur », à ce qui n’est pas préalablement installé en son mental, serait une grossière erreur au moins ! Nous appelons « futur » tout état d’esprit nouveau qui pourrait nous extraire de l’état d’esprit déjà en place. État d’esprit avec lequel, à force de nous y associer, nous finissons par nous identifier. Mais s’exclameront certains, puisque le « nouveau » ou un éventuel « futur » (état d’esprit) nous visite sans cesse, comment pourrions-nous ne vivre que de mémoire ? La réponse devient évidente une fois présentée, en toute simplicité. Une réponse sans appel, quasi axiomatique, en somme.

Puisque le nouveau se propose à nous TANDIS que nous ne pouvons nous référer qu’à l’ancien, c’est-à-dire aux mémoires, ce même nouveau sera donc accueilli puis traité à l’aide de nos mémoires. En effet, pour qu’une nouveauté le demeure un tant soit peu, notre mental nécessiterait de fonctionner avec autre chose que le passé ou ces mêmes mémoires. Ceci semble évident en soi. Ce sont donc les Mémoires qui vont entacher ce nouveau et lui redonner une allure plus présentable et surtout moins dérangeante.

Autrement dit, le moindre nouveau se retrouvera ipso facto mixé avec l’ancien. La moindre nouveauté deviendra très vite hors actualité. À présent, voyons ce que nous pouvons dire à propos de Dieu et de la présence dérangeante du mal sur Terre.

 

Il est commun d’entendre les gens s’exclamer : « Mais comment Dieu peut-il laisser ces choses se reproduire ou perdurer ? »
Il semblerait que la notion même de Dieu s’oppose à toute présence malsaine en ce monde. Surtout quand il est question de croire en un Dieu d’amour. Nous sommes bien d’accord jusqu’ici.

Il serait facile, partant, de se précipiter sur cette conclusion pour le moins hâtive : « Le mal existe et c’est un fait que tout le monde peut constater. Mais qu’en est-il d’un Dieu auquel il faudrait se borner à croire et qui ne donnerait aucun signe de vie ? »
La clef pour démêler cet apparent mystère se trouve justement dans les deux mots « constater » et « croire ».

 

Nous pouvons tous nous mettre d’accord sur un fait au moins : le mal et les souffrances sans nombre qui en résultent n’ont plus à être démontrés. Tandis que pour la Divinité, il nous a été réclamé de CROIRE et de ce fait, de ne pas nous fier à nos sens pourtant suffisamment aiguisés. Du moins à ce sujet. Si nous opposions preuves et croyances sans fondements concrets, il serait évidemment tentant de ne retenir que les faits pour rejeter les croyances. Mais ce serait-là une erreur grossière, un aveuglement de plus issu… De nos Mémoires !

Car si croyances il y a, ces dernières ne peuvent se trouver qu’en nos mémoires. Tout ce que l’on nous a appris, enseigné et pour tout dire, plus ou moins forcé à croire, stagne actuellement dans notre subconscience, sous forme, nous l’avons répété maintes fois, de mémoires. Ainsi, il s’agit moins de prouver l’existence d’un éventuel Dieu que de nous débarrasser, en premier, de tout ce que nous CROYONS connaître et comprendre à son sujet. En clair, ce que nous appelons Dieu n’est peut-être pas ce que l’on nous a fait connaître à son sujet.

Ce qui n’existe pas, et selon toute apparence, ce n’est pas Dieu mais toutes ces croyances moyenâgeuses à son sujet. Autrement dit, le fait que le mal puisse même régner en maître absolu sur Terre, n’infirme en rien la présence de Dieu. Simplement, il n’est pas ce que l’on croit à son sujet. Nos sens ne nous abusent pas du coup, car il est en effet IMPOSSIBLE qu’un Dieu tel que nous l’imaginons, puisse exister tout en laissant le mal s’insinuer puis s’installer sur Terre.

 

Présenté autrement, c’est le rapport « actualité/Mémoires » qui pose problème, pas Dieu qui « lui », est forcément autre chose que ce que nous croyons savoir à son sujet. Les religieux tentent de nous faire admettre l’existence d’un Dieu qui serait amour mais laisserait souffrir et mourir son peuple sans broncher, mais nous sentons bien, au fond de nous, que quelque chose cloche ! Et ce qui cloche n’est pas du côté de Dieu mais du côté des hommes, qui ne savent vivre qu’au passé et qui, bien rarement, pensent à revisiter puis réactualiser leurs mémoires.

Mais alors, est-ce à dire que nous pourrions concilier la présence d’un Dieu véritable et la manifestation Terrestre de toute cette misère morale ? Mais oui, très certainement. Cela en revisitant ce concept de Dieu et en le remplaçant par quelque chose de plus rationnel et logique, pouvant comprendre cette étonnante cohabitation entre un Dieu d’amour et le mal le plus choquant.

 

Pour cela et pour commencer, il aurait fallu que les catholiques sachent lire la Bible. Par exemple. Ou bien que les supposés « scientifiques » cessent volontairement de singer La Connaissance véritable représentée, depuis toujours, par les scientifiques de l’esprit que sont les quelques rares ésotéristes authentiques qui naissent, vivent puis meurent sans jamais réussir à se faire entendre de plus de quelques centaines ou milliers de personnes.

Nous prendrons rapidement quelques exemples bibliques pour commencer tout doucement, sans trop brusquer le lecteur non-initié à ces choses concernant l’esprit, c’est-à-dire… Dieu.
Pour commencer, il y a l’Évangile de Jean qui nous apprend que « Dieu est esprit et ceux qui adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer… » (Lire au chapitre IV les versets 22 à 24 qui nous semblent assez édifiants.) Dieu est esprit ? OK, supposons. Ensuite ?

Ensuite, nous avons « l’esprit souffle où il veut. » Ou encore « Ne savez-vous pas que vous êtes des dieux, des fils du Dieu Vivant ? » Il est dit par ailleurs : « Tout ce que fait le père, le fils le fait également. » Et bien sûr, la célèbre phrase de Jésus : « Le père et moi ne faisons qu’un. »

 

Si nous laissons de côté tout ce que nous CROYONS savoir de la Bible (surtout si nous sommes religieux), il n’en reste pas moins ce besoin d’éclaircir un brin ces quelques citations bibliques. Peut-être que, finalement, les premiers livres dont on a fait plus tard la Bible, n’étaient pas prévus pour la croyance mais bien pour la connaissance. Pour une connaissance directe, intime, vivante, les écrits formant seulement la partie technique ou théorique du sujet.
De quel sujet et dans quel but ?

 

C’est là que nous devons absolument nous tourner vers le vrai ésotérisme (hors traditions) pour réussir à comprendre vraiment. Nous pourrions évidemment tout envoyer balader et en rire sous prétexte que ce ne sont que de sombres balivernes.

Mais nous pourrions, tout aussi bien, nous montrer intelligents et attendre la fin de ce texte pour nous faire une idée différente et donc… Nouvelle !

Que dit l’enseignement initiatique de l’ésotérisme « pur et dur » ?
Il dit que… Dieu est esprit ! Ou du moins, que ce que nous appelons « Dieu » est en réalité la seule chose qui soit et qui est à la base de toutes choses, du microbe aux plus splendides étoiles des galaxies. L’esprit est « la materia prima » des anciens alchimistes, le composant premier de toutes choses et donc, de toute matière. Les atomes sont faits d’esprit, de ce même esprit qui nous sert à penser ! Car nos pensées, bien qu’intangibles, sont des formes mentales.

Et il existe des formes mentales, comme il semble exister des formes plus concrètes ou « solides ». Dieu serait donc le composant premier et ultime de toutes choses, des pensées comme des roches et métaux les plus durs ou solides. Mais dans ce cas, une chaise, un arbre et une comète sont faits d’esprit ? Bien sûr, de quoi d’autre sinon, puisque « seul l’esprit est présent en toutes choses » ? Et nos pensées ? Elles sont faites d’esprit aussi. Tout est fait d’esprit. Ou comme le disaient les anciens hermétistes : « Le Tout est esprit, l’univers est mental. » (Lire à ce propos l’excellent ouvrage signé Trois initiés qui a pour titre « Le Kybalion »)

 

OK, mais pourquoi est-il dit que « Dieu est amour » ?
Pour le comprendre, il faut comprendre comment fonctionne l’esprit et… Pourquoi ! L’esprit fait feu de tout bois, comme on dit. Entendez par là qu’il n’est pas quelqu’un ni même quelque chose qui puisse souhaiter ceci plutôt que cela. L’esprit accepte d’être employé aussi bien pour former des pensées que pour former le règne minéral, végétal, animal et humain. Voire au-delà. Peu importe la pensée !
L’esprit est malléable à souhait et sert mais n’exige jamais.

Une fois que nous avons pensé, par exemple, nous les humains, nous devenons pleinement RESPONSABLES des effets ultérieurs de nos processus mentaux. Bien que ce soit l’esprit qui puisse tout former, c’est l’être humain qui est seul responsable de ses créations, mentales ou autres. Il n’est donc pas possible d’accuser Dieu de ce qui se produit sur Terre, car il n’y a que l’homme pour se servir de Dieu et sans aucun discernement. C’est donc l’homme le seul et unique responsable de tout ce qu’il produit en esprit et par l’esprit que d’aucuns appellent « Dieu. »

 

Voilà qui devrait permettre quelques fructueuses réflexions, même si le sujet de l’esprit et donc de Dieu, n’a été ici qu’effleuré.
Nos enseignements sur « la psychologie ésotérique » reprennent ces mêmes thèmes ainsi que des centaines d’autres, en les traitant de manière exhaustive, sur des semaines ou même des mois.
Certains sujets méritent en effet qu’on les traite avec toute la minutie qu’ils réclament pour être correctement compris.

 

Serge Baccino
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