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Je m'appelle Serge BACCINO et suis auteur de livres au format numérique qui sont vendus sur Amazon (fr.) Ces ouvrages à prix modérés (moins de 10€ chacun) traitent de psychologie ésotérique (essais) et de spiritualité (romans à caractère initiatique) J'ai pensé qu'à une époque où tout devenait cher, un blog de présentation tel que mien serait perçu comme étant le bienvenu ! Je vous attends sur mon Blog et vous invite à participer aux différents échanges qui s'y produisent, en ce moment même, sur des thèmes aussi intéressants que variés ! Cordialement à toutes et à tous. Serge BACCINO –Auteur- -

Les êtres supérieurs nous mentent-ils ? Dossier-Suite

Les êtres supérieurs nous mentent-ils ? Dossier – Suite

Seconde partie.

L’aviez-vous remarqué : les gens qui s’aiment ou simplement, qui se respectent, prennent plaisir à se regrouper ou à passer un maximum de temps ensemble. Ce qui nous semble normal, attendu que nous avons plaisir à rester proches des gens que nous aimons. Toutefois, nous commerçons parfois avec des membres de notre famille ou des personnes avec lesquelles nous travaillons, par exemple, alors qu’en vérité, nous ne les aimons pas. Voire moins que cela encore ! Il est vrai qu’il n’est pas toujours aisé de faire comprendre à un parent ou à une personne qui désire à tout prix devenir notre ami(e), que nous n’en avons aucune envie, cela parce que nous ne ressentons rien ou plus rien, pour cette personne.

 

Mais alors, comment pouvons-nous expliquer la différence qui existe entre cette volonté de demeurer proche de ceux que nous aimons, et ce manque de volonté pour avouer à d’autres, que nous n’aimons pas, que nous n’avons nulle envie de continuer à les fréquenter ? Si nous avons envie de conserver près de nous ceux que nous aimons, nous n’avons nullement l’envie d’avouer notre manque d’intérêt envers ceux que nous n’aimons plus ou que nous n’aimons pas. Pourquoi cela ? La première version est aisée à comprendre de tous et nous ne nous y attarderons donc pas. C’est plutôt la seconde version qui nous semble la plus intéressante.

Nous n’aimons plus ou pas – ou n’avons jamais aimé – telle ou telle autre personne, mais comme nous ne nous sentons pas de le lui avouer directement, nous préférons tricher et mentir autrement qu’avec le verbe, puisque l’absence de parole ne saurait être taxée de mensonge. Pourtant, quelque chose de nous « ment » et n’a point besoin pour ça de la parole. Le mensonge est dans le fait que nous demeurons proches de ceux pour lesquels nous n’avons plus ou pas d’affinité. C’est le fait de notre présence qui fait alors office de mensonge. Par exemple, notre corps qui est présent physiquement à un repas de famille, est attablé alors qu’il ne devrait pas (ou plus) l’être, puisque nous avouons à qui veut bien l’entendre, que ces repas de famille « imposés » nous agacent au plus haut point.

 

Mais si c’est bien le cas, que fait notre corps à cet endroit alors que notre esprit se voudrait ailleurs ? Pourquoi notre corps ne pourrait-il suivre notre esprit, voire répondre favorablement à notre manque d’intérêt et fuir vers d’autres ailleurs ? Est-ce mentir que d’être « en corps » là où notre esprit n’a nulle envie de se trouver ? Est-ce se mentir à soi-même ou bien est-ce mentir aux autres, aux membres de notre famille qui en déduisent que si nous participons à ces repas, c’est parce que nous le souhaitons ? Certains argumenteront de la sorte : « La famille, c’est sacré ! On ne peut pas la quitter comme l’on quitte une maison ! »

 

D’autres préféreront se montrer moins affirmatifs, voire plus prudents : « Pourquoi, vous pouvez vous libérer de vos liens de sang, de tous les membres de votre famille, comme ça, d’un simple claquement de doigts ? » Selon la Bible, le Maître Jésus aurait dit une chose qui nous semble intéressante pour notre actuel propos. Il aurait dit : « Mes frères sont ceux qui font la volonté de mon Père. » Autant dire « Ma vraie famille est constituée de celles et ceux qui partagent le même but que moi, qui sont animés de la même volonté et qui brûlent du même désir… » Il est dit que l’on choisit ses amis, mais qu’on ne choisit pas sa famille… Bien que cette affirmation demande à être soumise au banc d’essai de la psy éso avant d’être acceptée d’office, nous pouvons déjà avoir des doutes quant au choix réel de nos amitiés ! Bien souvent, nous sommes « choisis » et nous laissons faire, voilà tout.

 

En fait, il en va de l’amitié comme de la famille : il peut être aussi difficile de se défaire d’un lien comme de l’autre. Pour la famille, on pourrait invoquer « les liens de sang » afin de justifier notre incapacité à trancher, en cas de besoin. À trancher des liens qui ne se trouvent pas nécessairement dehors. Ce qui nous rendrait de ce fait encore plus hypocrites. Ou nous pouvons nous avouer notre faiblesse psychologique concernant notre inaptitude à couper ces liens. En quoi sommes-nous inaptes à couper les liens avec une autre personne, telle que notre mère, notre enfant ou notre conjoint, par exemple ? Nous sommes inaptes à cela, car nous ne nous en sentons pas capables, tout simplement. Ou bien nous n’en avons pas la force, ce qui, finalement, revient au même.

 

Ainsi, ce que nous ressentons vraiment se résume à une absence.
Une absence de force, de courage, de volonté, voire de désir d’en finir, une bonne fois pour toutes. Et comme nous sentons cette faiblesse en nous, c’est bien parce que cette faiblesse est en nous et ne concerne donc que nous. L’autre, la personne avec laquelle nous croyons être « liés », n’a en fait rien à voir dans l’affaire et ne nous sers, tout au plus, qu’à prendre conscience de quelque chose qui, supposée la concerner elle, se produit en réalité en nous et ne devrait donc concerner que nous.

 

L’idée est donc que nous ne trouvons pas en nous LA FORCE de couper des liens, de nous distinguer de notre propre passé, pourrions-nous dire, puisque ce lien qui semble nous rattacher au présent, découle en fait de quelque contrat moral trouvant son origine dans le passé. Également, nous sommes privés de force lorsque nous tentons de nous opposer directement non pas « aux autres » mais bien à nos propres Mémoires, aux idées toutes faites ou héritées, qui se trouvent dans notre mental, à un niveau plus ou moins conscient d’ailleurs.

Certains évoquent d’entrée de jeu cette fameuse peur d’être seul (ou de se retrouver seul) si, et par exemple, on se met à dos toute une famille ou tous les employés d’une entreprise (au boulot.) Cette façon de penser semble ignorer que sur Terre, nous sommes à peine  quelques milliards ! Pourrions-nous être seuls et le rester ?

Il peut sembler aberrant pour le moins, d’invoquer la peur d’être seul, alors que nous pourrions tout aussi bien invoquer la peur… De ne pas l’être ! Être seul se résume en fait à être « seulement soi-même » et rien de plus. Par ailleurs, nous pouvons être seuls à deux voire à mille, si nous sommes devenus le seul à penser comme nous le faisons et donc à ressentir puis à vivre comme nous le faisons.

 

Certaines femmes mariées se sentent bien seules, alors qu’elles se tiennent régulièrement auprès de leur mari. Un mari qui ne réussit pas ou qui ne réussit plus à les comprendre, voire à les aimer, simplement parce que la vie aidant, elles ont évolué et pas lui. Ou inversement, puisqu’en matière de souffrance, il y a parfaite égalité entre hommes et femmes. La spiritualité est un véritable piège à couple désormais. Il est rare que dans un couple, l’homme et la femme étudient, pratiquent puis évoluent de concert. Et si l’un des deux fait mine d’avancer et pas l’autre, ce dernier invoquera le fait que l’un a changé, et pas lui. Comme si le fait de ne pas rester le même une vie durant, consistait en une grave tare rendant coupable celui ou celle qui oserait changer ! Vivre à deux étant déjà très difficile, que dire de la vie en communauté, ne serait-ce que cette vie que l’on nomme « de famille » ressemblant souvent à une foire d’empoigne et qui, en réalité, est le creuset de bien de souffrances aussi cruelles qu’inutiles.

 

L’âme humaine, à savoir les pensées et les émotions qui nous animent, devrait être une force en mouvement, une énergie dynamique. L’être qui décide de ne plus se laisser manipuler par son âme, s’empare de ses processus mentaux afin d’en contrôler la teneur ainsi que la valeur, sachant que de toute manière, contrôler sa pensée revient en avoir le contrôle de ses émotions, puisque chacune de nos pensées produit une émotion connexe. À l’inverse, s’attaquer directement à nos émotions est aussi stupide que voué à l’échec. Autant essayer de contenir l’explosion d’une bombe ! Mais il est plus facile de se concentrer sur le mécanisme d’explosion de cette bombe et de la désamorcer avant qu’il ne soit trop tard.

 

Comme souligné plus haut, les liens qui semblent nous rattacher aux autres sont en fait intérieurs à nous. C’est nous qui sommes attachés à une manière de penser et donc de ressentir puis de vivre en conformité avec les états d’esprit qui en résultent. En somme, si lien il y a, il part de nous pour aller à ce qui se trouve en nous (idées, croyances, certitudes, etc.,) mais qui ne fait pas partie de nous. Ou du moins, qui devrait ne pas en faire partie, puisque autant, ce matériel mental semble n’être là que pour produire de la souffrance. Ainsi, alors que nous sommes persuadés d’être « liés à d’autres », nous sommes en fait « liés à de simples idées concernant les autres. » Et il ne s’agit pas vraiment d’un lien mais d’un simple attachement. En vérité, NOUS SOMMES ATTACHES à ces idées qui, par ailleurs, nous font souffrir ou nous privent de liberté, par exemple.

 

N’est-ce pas plutôt un manque de force, comme mentionné en amont ? Oui et… Non ! Il y a bien absence de force : nous n’avons pas la force ou le courage (c’est pareil) de « couper les ponts » (ou les liens) avec certaines personnes. Mais si la force nécessaire à cette rupture n’est pas ressentie en nous, c’est parce que nous refusons de l’invoquer et de la recevoir ensuite. Nous sommes attachés à notre état d’esprit actuel, comprenez-vous ? Et puisque c’est nous qui y sommes attachés, c’est à nous qu’il revient de nous en détacher. Les autres, à l’extérieur, n’y sont pour rien, ne sont même pas concernés par nos problèmes, en fait. Bien sûr, ils nous servent de support mental, de justification ou d’excuse, pourrions-nous dire, mais jamais au grand jamais, ils n’ont eu ce pouvoir démoniaque de nous lier, de nous « permettre » ou bien de nous « interdire » : JAMAIS ! Cela, seuls nos schémas mentaux le font et ce, depuis le début de notre vie.

 

Bien sûr, ces « autres » ont depuis longtemps perçu, d’une manière ou d’une autre, notre besoin de nous attacher à eux. Et il est fort possible qu’ils en profitent, qu’ils usent de nos propres croyances en leur pouvoir présumé, pour donner plus d’importance à nos propres schémas ou conditionnements mentaux. Ainsi qu’aux leurs, soit dit en passant. Mais malgré cela, leur pouvoir sur nous est illusoire et ne repose en fait que sur CE QUE NOUS SENTONS EN NOUS et qui, de ce fait, ne concerne et n’impacte que NOUS. Et c’est tout ! Comprendre cela est déjà faire un énorme bond en avant dans le relationnel. Comprendre, par exemple, que si vous avez peur d’un employeur, c’est parce que vous entretenez, peut-être à votre insu, des idées sur cet employeur, c’est déjà produire un premier pas. Et si vous comprenez que puisque cette peur (effet) se produit EN VOUS, sa cause (idée) se trouve également EN VOUS. En vous maintenant !

 

 

Cause et effet son toujours simultanés : il ne peut se produire une chose sans que ce qui la produit soit également présent. Présent, mais pas visible ou immédiatement accessible pour notre conscience. Les autres, à l’extérieur, dans ce qui forme « notre Monde », ne sont là que pour nous aider à prendre conscience de la vérité de notre être, à savoir que nous sommes, et nous seulement, les créateurs de tout ce que nous vivons. Nous vivons toujours le contenu de nos pensées et, en particulier, celles qui sont les plus inconscientes. Et c’est en cela que se situe la clef capable d’ouvrir notre compréhension au sujet de ce que nous vivons et sur leur pourquoi ! En effet, si la cause de nos souffrances est en nous mais que nous ne pouvons y avoir accès, alors comment mettre un terme à nos souffrances ? Nous aurons beau savoir que c’est nous qui produisons à chaque fois cette même souffrance, que les autres n’y sont pour rien, cela ne nous aidera pas à mettre un terme définitif à nos souffrances, du moins, à celles qui nous sapent le moral.

 

Et c’est là qu’interviennent les autres ! Le fait qu’ils semblent être à l’origine de nos problèmes divers et des souffrances qui en résultent, nous permet de ressentir l’effet qu’ils sont supposés causer. Mais puisque nous savons, désormais, que cause et effet ne peuvent pas être séparés, ni par le temps, ni par l’espace, alors nous pouvons nous servir du lien pour remonter à la source du problème. Non pas du présumé lien extérieur et concernant les autres, mais plutôt cet attachement à une manière quelconque de penser qui, désormais et au fil du temps, a fini par devenir inconsciente. Or, le pouvoir est toujours dans l’inconscient, jamais dans le conscient !

Dans le cas contraire, nous pourrions obtenir sur-le-champ tout ce que nous désirons ! Et comme ce n’est pas le cas, nous ne pouvons qu’en déduire que si force et pouvoir il y a, ils ne peuvent se trouver qu’en nous, c’est-à-dire au sein de notre subconscience. (Lire à ce sujet les travaux de Joseph Murphy.)

 

Lorsque nous rencontrons certaines personnes, quelques-uns de nos schémas dormants sont alors réactivés. Par exemple, si une personne se croit faible et dépendante, elle attirera sans coup férir une autre personne qui adore se sentir forte et dominer autrui. Nous pourrions dire que ces deux-là se sont bien trouvés ! De même la femme qui accepte de se laisser malmener, attirera un homme qui adore molester la gente féminine, peu importe ici pourquoi. Il existe de nombreux schémas comportementaux, ce que l’on nomme « conditionnement mentaux », mais chacun d’eux ne consiste en fait qu’en une polarité ayant besoin de l’autre pour se manifester. Si vous adorez mentir, comment vous faire plaisir si vous êtes seuls ou même, si vous ne rencontrez que des personnes qui remarquent tout de suite quand on leur ment ? Dans ce genre de profil relationnel, vous seriez très ennuyés ! Mais si vous rencontrez le schéma présentant le pôle opposé, vous pourrez alors mentir en toute quiétude, l’autre gobera tout ce que vous lui présenterez, cela parce qu’il croit avoir besoin de le faire.

 

Nous pouvons déjà dégager un fil conducteur pour la suite de ce dossier : pour le moment encore, les gens sont persuadés que « les autres » sont à l’origine de tous leurs problèmes, de toutes leurs souffrances et qu’en plus de cela, il n’est pas possible de se dégager de leur emprise démoniaque. Avec un tel état d’esprit, comment réagiriez-vous si, tout à coup, on vous assenait la vérité à ce sujet ? Pour quelques-uns, ce serait une forme de libération, car ils désiraient déjà être libre, et qu’importe de qui ou de quoi. Mais pour d’autres, à savoir la majorité, cette révélation, plus qu’une révolution, prendrait en fait pour eux des allures d’apocalypse !
Il n’est pas facile d’inverser carrément une façon de penser puis de continuer sa petite vie comme si de rien n’était.

 

Apprendre est une chose, « prendre sur soi » ce qui est appris (en tenir compte et vivre ensuite différemment) en est une autre ! Si chaque révélation ésotérique était suivie d’une réelle et profonde transformation, nous serions déjà tous des êtres sublimes rayonnant de Lumière ! Mais l’actuelle spiritualité, celle qui est devenue à la mode, consiste à accumuler les révélations, à s’en émerveiller du bout des lèvres puis à continuer de vivre comme avant. Ce genre de connaissance là est dite « livresque » et taxée de « tourisme spirituel ». Elle ne peut que glorifier plus encore l’intellect, qui n’en avait déjà pas besoin ! Vous venez d’apprendre, vous qui en êtes rendus à ce moment délicat de la lecture de ce dossier, que la seule responsabilité engagée dans le relationnel, ne peut être que la vôtre ! Non pas que vous ayez toujours « tort » ou même « raison », mais simplement qu’en ce qui concerne VÔTRE souffrance personnelle, vous êtes le seul acteur plus ou moins conscient.

 

Dans cette pièce de théâtre que vous interprétez et qui a pour titre « Qui fait du mal à qui et qui doit céder le premier pour que cesse la souffrance », vous jouez absolument tous les rôles ! Et si au lieu de tout rejeter en bloc, effrayé par ce que ce genre de reconnaissance peut inclure comme prise de responsabilité, vous en acceptez l’augure, alors vos « ennemis » voire tous ceux qui vous agacent mais que vous n’osez pas virer de votre vie, vont devenir des moyens d’accéder à votre matériel inconscient.

Si vous ne vous trompez plus d’adresse ni de responsable, vous allez comprendre que vous aviez absolument BESOIN de ces autres afin que vos schémas dormants (inactifs) soient réactivés. Une fois réactivés, voire largement stimulés (sic), il vous devient plus facile de dénicher le petit démon intime qui niche dans votre subconscience et qui jubile à l’idée que vous êtes persuadés d’avoir affaire aux forces du mal mais bien sûr, à l’extérieur et depuis les autres ! Version on ne peut plus reposante il est vrai, mais guère mature voire totalement irresponsable en vérité !

 

Il devient évident dès lors, que cette partie de l’humanité qui croit encore à l’instar de J.-P. Sartre que « l’enfer, c’est les autres » est encore éloignée de la vérité. Et tant « qu’une partie de cette partie » de l’humanité aura PEUR d’admettre cette vérité (peur de devoir s’assumer), il sera difficile de lui forcer la main ! Et d’ailleurs, de quel droit s’il vous plaît ? Moralité de cette seconde partie de ce dossier : encore aujourd’hui, peu de gens sont aptes à ADMETTRE une vérité qui semble les déranger au plus haut point. Ce serait un acte de violence que de réussir, par un moyen ou par un autre, à leur IMPOSER une vérité qui les effraie tant. Et il ne s’agit là encore que d’une faible partie de la vérité de notre être global ou profond !

D’autres connaissances, si elles étaient révélées, même aujourd’hui, même à ceux qui s’imaginent « spirituels », auraient l’effet destructeur d’une bombe, sur les fragiles structures de leur psyché humaine. Il est nécessaire de graduer le savoir véritable, afin de ne pas perturber le (déjà) fragile équilibre psychologique des hommes et des femmes de notre époque. Certains nous rétorqueront que ce n’est pas une raison suffisante pour justifier le mensonge. Certes, et ce serait exact s’il s’agissait bien de mensonge et non, d’une simple omission de la vérité !

 

Mentir présuppose d’affirmer une chose qui est fausse, peu importe l’intention ou le but. Ne pas tout révéler et autre chose et découle d’un souci de sécurité et de bien être. Non pas que nous soyons tous à l’aise et heureux ! Mais disons qu’il serait fâcheux que l’on nous ajoute plus de problèmes encore. Et faire correspondre certaines vérités ésotériques à ce que nous pensions être vrai, ce n’est pas une mince affaire ! Certains n’y arriveront sans doute jamais. Du moins de leur vie présente sur ce plan terrestre.

L’idée est de savoir si, et par exemple, nous « mentons » à nos plus jeunes enfants, quand nous décidons d’attendre encore un peu pour les initier à la sexualité. On pourrait croire que ce qui est présenté ici devrait ouvrir au dialogue, aux débats contradictoires qui, soi-disant, permettent – outre les prises de bec sans fin- de faire jaillir la lumière. Si lumière il y a, elle est immédiatement perçue ou non. Il est dès lors inutile d’épiloguer si on n’est pas d’accord, puisqu’il suffit de passer son chemin puis de vivre encore et toujours en conformité avec ce que l’on juge être « sa vérité. »

 

La seule chose à retenir, avant de vous attaquer au prochain volet de ce Dossier, c’est que la vérité est toujours bonne à dire, mais seulement à deux types d’êtres humains : premièrement, à ceux qui la cherchent et qui sont préparés à l’accueillir sans défaillir, deuxièmement, à ceux qui en avaient déjà pressenti les contours et qui ne demandent en fait que de plus amples précisions. Les autres font partie de ceux qui réclament avec les lèvres mais qui toujours, redoutent avec le cœur. Ceux-là sont un peu comme un chien affamé qui réclame à manger mais qui mord la main qui se tend avec de quoi manger. La peur et la faim ne font pas bon ménage.

(Suite et fin sous peu.)

 

Serge Baccino

Les êtres supérieurs nous mentent-ils ? – DOSSIER

Nota : Attention, ceci est la première partie d’un dossier sur un sujet ciblé. Son contenu et sa longueur sont donc différents des autres articles.

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Désormais, il existe toute une littérature documentée et digne de respect, qui semble dénoncer une forme de Mensonge à une très grande échelle et surtout, issue d’un très haut niveau de conscience. Du moins en comparaison avec celui qui est actuellement le nôtre. Celui qui débute ou qui cherche justement à ne plus compter dans les rangs fragiles des débutants de la spiritualité, est tout à fait en droit de se questionner, voire de se dire qu’il devrait sans doute remettre en question les outils qui lui servent à percer les apparents mystères de la Création.

 

En effet, si mensonge ou complot il y a et à un si haut niveau, désormais, qui croire et qui suivre ? Car le chercheur est bien obligé de commencer par « croire » pour ensuite posséder les matériaux mentaux nécessaires à un solide examen, voire à leur remise en question. Contrairement à ce que certains êtres humains vaniteux en diable ont essayé de faire croire aux plus naïfs d’entre nous, personne ne peut « se faire seul. » Même pour naître, il nous faut l’aide d’une mère. Les Maîtres du passé comptant parmi les plus connus et reconnus, ont tous eu au moins une ou deux sources d’inspiration issues que quelque autre initié.

 

Ainsi et dès le départ de notre vie, nous réalisons que nous subissons une forme de dépendance à autrui qui nous interdit toute forme d’auto apprentissage réel. Il nous faut bien compter sur les productions mentales de nos prédécesseurs, ne serait-ce que pour les critiquer ou pour s’en inspirer. Sans ces matériaux de base, nul cheminement et, bien sûr, nulle destination ou but n’est envisageable. Et ceux qui insistent pour « trouver seuls » ou « se construire seuls », sont en fin de compte les seuls à devoir user d’artifices psychologiques soit masquer leur échec, soit réussir à poursuivre dans la voie formée par cette vaniteuse affirmation. La plupart chercheront à « faire des émules » afin de ne plus se sentir les seuls à répandre cette fausse croyance basée sur la crainte de devoir à autrui ou de dire simplement merci à celles et ceux passés avant eux afin de défricher le Chemin.

 

Les Instructeurs de conscience du passé, ceux que les ésotéristes nomment « les Grands Maîtres » l’avaient parfaitement compris. Ils n’hésitèrent donc pas à nous faire profiter largement de leur immense savoir, comme ils en bénéficièrent eux-mêmes en leur temps avec toute la gratitude et saine reconnaissance qui devrait aller de pair.  Les premiers d’entre eux eurent la tâche des plus ingrates de tenter de guider une humanité naissante et, ma foi, plus qu’hésitante en termes d’équilibre mental ou psychologique. Vivre est effrayant, en un sens, car cela implique de découvrir que si nous sommes uniques et apparemment libres d’en jouir du mieux que l’on peut, d’autres ont déjà fait cette même constatation, sauf que depuis leur propre point de vue affreusement limitée, cette même liberté dépend en majeure partie de l’absence de liberté d’autrui. Drôle d’idée que celle-là, que nul ne peut être vraiment libre si les autres le sont également !

 

Encore très jeune enfant, nous avons tous compris que nous dépendions de nos parents pour vivre et expérimenter. Et s’il est essentiel de vivre, il est tout aussi essentiel d’expérimenter. Surtout ce qui est agréable et amusant en diable !
Oui mais voilà : nous avons également compris très vite que si vivre nous était permis et que tout était fait pour que cette condition puisse durer le plus longtemps possible, l’expérience directe, elle, était quelque peu conditionnée. Parfois même carrément interdite, toute tentative de passer outre se soldant non seulement par un échec cuisant mais souvent par une autre partie de notre anatomie nous paraissant tout aussi « cuisante » !

 

Notre premier choc mental fut donc de découvrir que la qualité de notre vie personnelle, de notre liberté, dépendait d’une volonté autre que la nôtre. Cette découverte fait toujours l’effet d’un coup de tonnerre sur l’âme d’un enfant et le laisse aussi désabusé que songeur. Désabusé, car privé de l’espoir d’obtenir tout ce qui brille et semble follement amusant et ce, à volonté. Mais songeur également, car l’enfant a tôt fait de découvrir une chose fascinante pour le moins : la loi qui conditionne sa soif de découverte du monde en toute liberté, est susceptible de varier avec certaines conditions dépendant en partie de l’enfant. Par exemple, s’il pleure ou s’il se montre docile voire câlin, la loi des parents ne s’appliquera pas de la même manière, ni avec autant d’implacabilité. Aussi, certaines conditions extérieures liées au lieu, au moment ou à l’état d’esprit des « Dieux-Parents » peuvent interférer et changer un peu la donne. Bien sûr, l’enfant comprend qu’il existe une forme d’interactivité entre son pouvoir de séduction susceptible de rendre plus flexible la loi, et la capacité ou la volonté des Dieux-Parents à RÉPONDRE aux tentatives de séduction.

 

Tous les enfants ne réagissent pas de la même manière lorsqu’ils sont confrontés, pour la première fois et même ensuite, à la loi (le pouvoir parental de décider de son sort en matière d’exploration.) Certains s’indignent, pleurent et hurlent tant qu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils désirent. Cette technique n’a de durée qu’aussi longtemps qu’elle fonctionne, ne serait-ce que de temps à autre et partiellement. De nombreux parents, pour avoir la paix, préfèrent céder aux caprices de leurs progénitures. Ce n’est ni « bien », ni « mal », c’est seulement une forme d’interaction parmi d’autres. Le choix des « armes psychologiques » susceptibles de défier la loi, varie évidemment en fonction de certains facteurs plus ou moins connus ou reconnus comme réels. Bien que vierge de toute antériorité, l’enfant vient en ce Monde avec un But tracé, du moins dans ses grandes lignes (Mission de vie.) Il est clair que la génétique joue là un rôle prépondérant et par ailleurs. Ce qui fait que les parents sont parfois agacés de « se voir » (ou de se reconnaître) au travers du comportement de leurs enfants qui eux, n’ont encore aucun des garde-fous qui conditionnent tant le comportement de l’adulte.

 

Garde-fous qui ne sont pas nécessairement mauvais, bien au contraire (pour quelques-uns) mais qui limitent ou conditionnent néanmoins l’expression de l’être dans ce qu’il a de plus authentique et qui devrait le caractériser. Pour mémoire, avant d’être un parent, chacun de nous a été un enfant et a donc subi, peu ou prou, cette même loi se résumant à conditionner le comportement enfantin. L’idée n’est pas de débattre sur le bien-fondé de cette forme de « flicage » des plus puissantes, car de toute manière et en fin de compte, il serait aberrant de laisser un enfant vivre sa vie tout seul et comme il l’entend ! Pour sûr, il ne vivrait pas bien vieux, le pauvre chou !

 

Mais il y a conditionnement et… Conditions provisoires ! Et rares sont les parents qui savent faire la différence entre les deux.  Le conditionnement se résume à la somme des interdits et autres limites qui se sont gravées dans la subconscience d’un enfant et qui, arrivé à l’âge adulte, continuent à le limiter dans l’expression de ce qu’il devrait être, hors toute forme de conditionnement. Les conditions provisoires se résument à une forme d’apprentissage de ce que l’enfant peut ou ne peut pas vivre, dire ou faire, en vertu de sa condition actuelle (ou son âge.) Comme sa condition actuelle (être un très jeune enfant) va forcément évoluer avec le temps, les conditions posées à l’enfant doivent évoluer conjointement.

Présenté de la sorte, 80 % des parents qui liront cet article vont s’écrier : « Mais voyons, c’est déjà ce que je fais, qu’a-t-il inventé de plus logique, le bougre ? » Il est vrai que de l’énoncé à la mise en pratique constante et sur des années, il est bien connu qu’il n’y a qu’un pas (sic.) Mais un pas qui, hélas, coûte horriblement cher ! Du moins en termes d’attention mentale et donc, d’énergie ! Or, l’énergie, voilà ce qui manque le plus cruellement aux parents modernes, qui confondent ainsi l’énergie accordée à leur enfant avec LE TEMPS qu’il faudrait éventuellement leur accorder.

 

Mais les enfants ont bien moins besoin de « temps » que d’énergie et l’énergie n’est pas dépendante du temps. Sauf en cas de faiblesse énergétique de la part des parents ! Ainsi, ceux qui sont persuadés de « manquer de temps » à accorder à leurs enfants, se trompent en réalité de problème, voire de niveau de conscience. Leurs enfants ont besoin de « plus d’énergie », et non de plus de temps. Faites-en la démonstration : prenez le temps de vous asseoir à côté de votre enfant tandis que, par exemple, il est occupé à jouer sur la moquette, mais veillez à ne lui prêter aucune attention durant deux minutes environ. Puis observez, en douce s’entend, ses diverses réactions !

Vous venez de « passer du temps » auprès de votre enfant, non ? Dans ce cas, qu’est-ce qu’il lui prend de changer de comportement aussi rapidement ? Pourquoi devient-il hargneux avec ses soldats ? Pourquoi donne-t-il l’impression de vouloir casser ses petites voitures ou de déchirer ses peluches ? (Par exemple.) Mais qu’est-ce qu’il lui prend ? Est-il subitement énervé, anxieux ou en colère ? Si oui, pourquoi ? Ne venez-vous pas de lui accorder généreusement DU TEMPS, un temps passé à côté de lui, en plus ? Hier il a prétendu ne pas voir assez son papa : eh bien voilà, son papa est là, que faut-il faire de plus ?

 

La réponse est évidente : il vous faut LUI PRÊTER votre attention.
Ou plus exactement, lui prêter un peu de votre énergie.
OK, mais dans quel but ? Dans le but de laisser faire la Nature !
Soit, mais que fait la Nature quand un parent « prête » son attention mentale à son enfant (surtout entre deux et sept ans, environ) ? C’est très simple : elle se sert de la DDP naturelle qui DEVRAIT exister entre un adulte en bonne santé physique et mentale et un enfant en pleine croissance physique, certes, mais AUSSI (voire surtout) en pleine croissance énergétique et psychologique. Et les besoins d’un jeune enfant sont ÉNORMES !

 

À tel point que désormais, et depuis environ 25 ans, il n’existe plus assez de Différence De Potentiel (DDP) entre les personnes adultes et les plus jeunes enfants. À ce rythme, ce sont les adultes qui, très bientôt, se « rechargeront » sur le compte énergétique de leurs progénitures ! Et quand j’écris « très bientôt… » Mais laissons cela. Notre propos, en cette première partie de ce Dossier sur le Mensonge spirituel (ou planétaire) est de sensibiliser les chercheurs de causes au fait que très peu d’enfants, désormais, sont élevés comme s’ils allaient justement « s’élever », dans le temps, en conscience mais aussi, en énergie. Une énergie qui, désormais, manque cruellement à notre jeunesse, incapable ou presque de prendre des décisions, de faire acte de volonté et de se définir, par elle-même, ce quoi doit être désormais sa vie.

Ce que l’on constate, à l’inverse, c’est une (apparente) incapacité à se débrouiller seul, à prendre et à conserver le sens des responsabilités, à se démarquer des phénomènes de mode, se privant ainsi et à eux-mêmes, leur capacité réelle à s’individualiser vraiment et selon une démarche exponentielle.

 

Voilà ce qui semble paralyser notre jeunesse qui a du mal à s’adapter à un Monde qui, au préalable réclamait d’elle qu’elle obéisse et se taise (éducation, école) puis qui, brusquement, se voit propulsée dans la vie active, avec pour seul mot d’ordre « Débrouille-toi tout seul, à présent ! » La transition pourrait paraître quelque peu cavalière, non ? C’est du moins mon avis et il en vaut un autre. Cela dit, puisqu’un seul arbre placé devant nos yeux peut réussir à cacher toute une forêt, il est plus que tentant de supposer qu’un seul problème résume la somme de toutes les problématiques secondaires. Il est clair que si nous manquons d’énergie, nous devenons ipso facto non seulement incapables de bien des choses réputées « normales » mais de plus, nous retombons dans nos vieilles habitudes : la dépendance pure et simple et plus ou moins complète, plus ou moins bien assumée sans doute aussi !

 

Car si la dépendance à autrui est devenue un fait probant, ainsi que le principal héritage de notre jeunesse actuelle, elle n’implique pas pour autant le fait qu’elle soit bien vécue ni même acceptée !
Ce qui nous donne différentes formes de jeunesses ou des formes de dépendances plus ou moins apparentes, car plus ou moins acceptées. Il y a de nombreux jeunes qui refusent de reconnaître leur dépendance à un système qui, de toute manière, ne peut concevoir que l’on se passe de lui ou qu’on le snobe. Alors la seule option envisageable, selon eux, devient la violence.

 

Il s’agit de cette forme de violence qui sévit dans nos banlieues et sur laquelle il est inutile d’épiloguer. Sauf qu’il est tout de même important d’en remarquer puis d’en retenir l’antinomie. En effet, un tel comportement et plus mensonger et irrationnel que vraiment condamnable ou « mauvais » en soi. La preuve en est que tandis que les « loubards » dénoncent une société pourrie fondée sur les possessions, le luxe et l’argent, le premier objectif visé par ces mêmes loubards est de se faire un maximum de fric (vente de drogue, prostitution, etc.,) puis de rouler en bagnoles de luxe et porter deux kilos d’or sur eux, sous la forme de montres de luxe, de bracelet et de chaînes en or massif. A l’instar du célèbre noir américain de la série « Agence tout risque »

 

D’où une apparente contradiction, une forme de mensonge à soi qui devient, par extension, un mensonge à autrui, puis à tous et donc, à la société humaine, en général. Le principe de vie terrestre harmonieux et sain est pourtant très simple dans son énoncé : ou l’on dénonce une société en évitant de la singer et de se justifier par une violence inutile, ou on plébiscite cette même société et on affiche ouvertement notre désir d’en suivre les arcanes, quels qu’en soient les coûts ultérieurs. Et en silence !

 

Mais le style « Il me faut le beurre et l’argent du beurre » ne peut pas perdurer bien longtemps sans créer de microclimats explosifs et pousser à plus de violence encore. Comprenons enfin que la violence à autrui naît toujours de la violence à soi. Au départ, la personne sait pertinemment qu’elle vit dans le mensonge le plus complet, puisqu’elle dénonce une chose qu’elle convoite par ailleurs. Étant donné que cette prise de conscience déclenche de très fortes émotions sous forme de colères récurrentes et qu’il est peu rentable de se faire du mal à soi-même afin de « passer cette colère » sur quelqu’un, le plus humain (et non naturel ou normal) semble encore l’option de faire payer très cher à d’autres, ce mensonge à soit inqualifiable et générateur de tant de conflits intimes.

 

À ce point de notre exposé, nous espérons que le lecteur de ce Dossier a parfaitement saisi ce qui lui est présenté depuis le début et en particulier ici, car la bonne compréhension de la suite de ces écrits en dépend en grande partie. Comprenez déjà que l’on ne peut dénoncer une chose que l’on convoite sans court-circuiter notre subconscience, lui opposant des concepts aussi antinomiques qu’impossibles à synthétiser. La réaction à cette forme de mensonge à soi est toujours plus préjudiciable que si la vérité avait été choisie comme option de départ. À présent, comment traiteriez-vous des êtres qui se mentent, qui tandis qu’ils prétendent (en finissant par le croire vraiment) qu’ils détestent une forme particulière de société, ne rêvent en réalité que d’en devenir les maîtres incontestés ?

 

Vous souvenez-vous du bambin qui ne comprend pas pourquoi l’on pose des limites à son champ d’expériences vivantes et follement amusantes ? Son but, son moteur intime, consiste à SATISFAIRE le moindre de ses désirs. Un jeune bambin, tout naturellement, affecte ce comportement jugé par nous « immature » de ne penser qu’à lui et de se moquer des désirs des autres. Il ne s’est pas incarné pour les autres mais pour lui, n’est-ce pas ? Alors à quoi devrait-il penser, si ce n’est à ce qu’il incarne et le concerne au premier chef ? Une certaine logique intrinsèque sanctionne ce type de raisonnement, même s’il ne le justifie pas pour autant aux yeux de tous, bien évidemment. Ici, il est seulement question de la Nature de l’être est non de ce qu’il devrait faire ou être pour correspondre aux canons judéo-chrétiens qui sévissent, plus que jamais, au sein de notre société « bien pensante » mais surtout « mal vivante. »

 

Mais voilà que l’enfant, dès son plus jeune âge, découvre une forme de loi rigide qui régente cruellement sa liberté d’être et d’explorer la vie sous toutes ses formes, y compris les plus périlleuses s’entend ! Il est donc obligé d’en tenir compte et, surtout, d’y RÉAGIR selon ses moyens ou capacités. Moyens et capacités concernant d’autres niveaux de réalité et de conscience sur lesquels il est inutile de s’attarder ici et qui, en fait, viendraient compromettre la bonne compréhension de notre actuel sujet ciblé. Certains enfants semblants plus « éveillés » que d’autres, apprennent très tôt à composer avec l’autorité parentale. D’autres se refusent à parlementer ou à trouver le moindre terrain d’entente et « entrent en guerre » alors qu’ils portent encore la couche-culotte ! Mais peu importe le mode de réaction, qu’il soit intelligent ou imbécile, violent ou pacifiste et hautement conciliant : ce qui nous importe, ici, c’est de bien saisir les racines du mal que nous appelons « le mensonge à soi. »

 

Composer avec les gardiens d’une règle incontournable ou bien faire mine de la refuser carrément, c’est déjà se mentir. Surtout durant l’enfance. Faire mine d’accepter de parlementer, de « composer afin de ne blesser personne » et toute autre forme de compromis, revient à nier l’implacabilité de la loi parentale. À l’inverse, lutter contre une règle établie, une évidence, une loi, etc., cela revient à se cacher à soi-même l’échec cuisant résultant d’une tentative immature de « prendre le pouvoir. » De s’emparer du pouvoir déjà en place, comprenez-vous ? Ou bien d’en nier l’existence en feignant de définir soi-même de nouvelles règles plus souples (composer avec l’ennemie, en somme.)

 

Observez, par exemple et sans passion, avec l’intention du simple constat, le fonctionnement d’un homme politique. Ceci est très révélateur de l’une des deux faces opposées mais complémentaires, de cette « Nature humaine » qui prend naissance dans le berceau des tout jeunes enfants. Un homme politique a apparemment « accepté » cette loi typiquement humaine de la dépendance à autrui (plus haut, plus grand, plus fort, etc.) Il doit séduire le peuple qui peut voter pour lui et le propulser ainsi jusqu’aux sommets, s’il sait s’y prendre avec adresse.

Dès le départ, cet homme – qui plus tard comptera sur le fait qu’il en impose par sa supériorité sur la masse grouillante des ANCIENS électeurs – est très conscient de dépendre d’autrui pour se créer de toutes pièces le sentiment d’une quelconque supériorité. Pour cela, il doit « jouer le jeu », à savoir promettre au peuple fidélité et idées novatrices pouvant profiter à tous.
Le peuple, quant à lui, ne redoute qu’une chose : devenir libre et responsable de sa vie et donc, devoir éventuellement payer pour les erreurs commises. Mieux vaut qu’un autre soit mis en avant et se charge de tout assumer ! Le peuple est donc déjà dans le pur mensonge à soi, car prétextant trouver « des élus », il cherche surtout des responsables désignés d’office en cas de pépin.

 

L’homme politique n’est pas dupe : il fait mine de ne pas connaître les véritables motivations du peuple et promet donc, la main sur le cœur et situé juste sous son portefeuille, de « servir la nation et ceux qui la composent. » Franchement, on s’y croirait. Évidemment, une fois au pouvoir (notez ce terme employé généralement), il fait comme tout être humain normalement constitué : il s’occupe de ses propres affaires, et tant pis si le peuple en subit les conséquences, puisque de toute manière, il est inapte à se gouverner seul.

Nous avons donc ici non pas un mensonge unilatéral mais bien deux manières opposées mais complémentaires de se mentir à soi et, par extension, aux autres ensuite et nécessairement.

 

Nous pourrions en conclure que non seulement l’homme a besoin de mensonge mais que, au point où il en est rendu, mieux vaut pour lui ne jamais plus admettre la vérité. Cela produirait plus de mal que de bien et, sur ce point, force nous est de convenir que quand il est trop tard, il est inutile de s’attarder. On ne porte pas secours à un navire en perdition, deux mois après qu’il a coulé avec tous ses passagers à son bord.

La conclusion de ce premier volet d’un dossier qui en comptera au moins deux, nous invite à l’honnêteté, à savoir reconnaître que celui qui commence à mentir à un très haut niveau (un état, une institution censée rendre la justice ou faire respecter la loi, etc.,) est obligé de continuer à le faire, cela au risque de mettre sa vie et celle de ses proches en danger. On connaît tous parfaitement le destin de ceux qui tentent de révéler des vérités qui ne les concernent pas au premier chef. Le désir de servir la planète et l’humanité est une chose, mais comprendre que la seconde ESPÈRE inconsciemment que nous regardions ailleurs, est bien plus révélateur de nos véritables intérêts, de nos besoins immédiats. Nous comprenons, dès lors, où nous en sommes rendus vraiment.

 

Chacun tire la couverture à lui, arguant du fait que le mensonge est de rigueur en quelque circonstance particulière. Et en effet, du parent qui a adopté un orphelin et qui le lui cache, à un gouvernement qui espère que jamais le peuple ne connaisse la vérité au sujet de certains drames sociaux, tous ont une raison particulière de « cacher la vérité. » N’est-il pas dit que « Toute vérité n’est pas bonne à dire » ? Le fait d’établir le bien-fondé ou non d’une telle assertion me semble moins urgent que de comprendre que le Mensonge est désormais planétaire, uniformément répandu, plaçant, une fois n’est pas coutume, l’humanité dans son ensemble sur un pied d’égalité.

 

Un ancien pote policier me confiait un jour qu’il avait discrètement fouillé, avec ses hommes, une salle de cinéma bondée, parce qu’une alerte à la bombe avait été déclenchée. Quand je l’ai questionné au sujet de la réaction du public, il m’a répondu : « Tu ne crois tout de même pas que nous avions la liberté de parler de bombe à presque deux cents personnes entassées dans une salle de cinéma ? »

Lui demandant un peu refroidi, comment ses supérieurs avaient fait pour contourner le problème, il m’a répondu, fier de lui : « Nous avons fait arrêter la projection, allumer les lumières et avons demandé que les personnes présentes se prêtent, de bonne grâce, à une série de fouilles décidée au hasard, car nous cherchions un sac de drogue caché sans doute dans un sac de sport ou même sous les fauteuils, etc. »

 

Étonné, j’ai rétorqué alors : « Et ils ont gobé cette couleuvre de cent kilos et de dix mètres de long ??? » Réponse sur un ton d’évidence : « Mais bien sûr, qu’est-ce que tu crois ! Les gens ont besoin qu’on les rassure, pas qu’on les affole sous prétexte de leur avouer la vérité ! » S’en est suivie une longue et sans doute très adroite description d’une foule en panique qui essaye de gagner les sorties de secours et qui cause presque autant de morts et de blessés qu’une explosion véritable.

Le français n’est pas différent d’un américain ou d’un allemand, par exemple. Comme eux, il a BESOIN qu’on lui mente, autrement dit, qu’en cas de RÉEL danger, on ait le réflexe premier de le rassurer. La vérité, oui, peut-être, mais pas au prix de cette sieste séculaire entamée depuis des décennies par l’être humain moyen. L’adjectif utilisé ici, « moyen » ne se voulant pas péjoratif mais être censé désigner les réactions toujours prévisibles de celles et de ceux se situant dans une moyenne d’évolution de conscience. Est-il utile de préciser que le fait d’être libre et responsable de son propre destin est tout, sauf « rassurant », justement ?

 

Sans doute que la longueur de cette première partie en aura fait reculer plus d’une et plus d’un. C’est tout à fait normal. Certains pressentent ce qu’ils vont apprendre et préfèrent éluder plutôt que de devoir ensuite fournir cet effort qui consiste à « oublier » de toute urgence. Lire est bien plus fatigant lorsqu’il oblige à se remettre en question, l’aviez-vous remarqué ?

Pour les plus courageux, je vous donne rendez-vous dans la seconde partie de ce Dossier sur le Mensonge planétaire.
Il est actuellement en cours d’écriture. Vous aurez alors l’occasion de constater que dans cette première partie, je ne me suis jamais éloigné du véritable cœur du sujet, de sa cause première.

À très bientôt, voire à tout de suite !

 

Serge Baccino

Soi ne peut être égoïste

Soi ne peut être égoïste

Le titre pourrait laisser penser à un thème philosophique de plus, du genre : « Le Soi ne saurait être égoïste puisqu’il est d’origine divine, et bla, bla, bla… » Il est vrai que les gens raffolent de ce genre de platitude qui, ne voulant rien dire, ne peux qu’être compris. Ou pas. C’est égal, n’est-ce pas ? Eh bien oui, puisque de toute manière, la philosophie ne sert qu’à « philosopher », une manière polie de dire qu’il est permis de parler pour ne rien dire, du moins, de parler de choses qui ne dérangeront pas les autres durant leur sieste séculaire.

Mais la psy éso ne fait pas de philosophie. Elle a même l’habitude de venir secouer les endormis durant leur sieste, justement ! Réveillez-vous, braves gens ! Vous dormiez ? Mais non, voyons, ce n’était que d’un œil, l’autre restant ouvert à toutes fins utiles. Car comment savoir à quel moment faire encore plus mine de dormir, si on ne peut voir arriver de loin, les empêcheurs de roupiller en rond ? Or donc, nous affirmions, plus haut, qu’un Soi ne saurait être égoïste. Diantre ! Et pourquoi cela, je vous prie ? C’est ce que nous allons voir ensemble, pour ne pas dire démontrer gaiement.

Une personne qui vous réclame quelque chose, le fait parce qu’elle se fie à ce qu’elle ressent. Et elle ressent le besoin d’obtenir quelque chose. Ce besoin, elle est tout naturellement concentrée dessus, ce qui est la meilleure manière de le ressentir et donc, d’en prendre conscience ! Cette personne en demande est donc on ne peut plus attentive à son propre ressenti qui lui crie à l’oreille : « J’ai besoin de ceci » ou encore, « J’ai très envie de cela. » Gageons que jusqu’ici, tout le monde aura suivi ? Mais c’est ensuite que les choses se gâtent. Parce que voyez-vous, cette personne qui est en demande et qui en est consciente, cela parce qu’elle se fie à son ressenti, va se fier et être conscient de deux ressentis, et non pas d’un seul, comme on pourrait l’imaginer.

Le premier ressenti, le plus simple et évident, consiste en son besoin ou désir. Quel est le second ressenti qui provoquera, en toute logique, la seconde prise de conscience ? Puisque cette personne est « en attente d’autrui », qu’elle attend d’un autre qu’il satisfasse ses besoins à elle, on peut imaginer que cette personne en demande est surtout une personne qui ne se croit pas capable de subvenir à ses propres besoins ou désirs. Raison pour laquelle elle réclame d’un autre de les satisfaire à sa place.

Question : pourquoi la personne en demande ressent-elle cette incapacité à subvenir à ses propres besoins ou désirs ? Réponse : parce qu’elle PENSE qu’elle en est incapable. Du coup, elle est bien obligée de se tourner vers les autres afin qu’ils fassent quelque chose pour faire cesser ce feu qui la mine (besoin/désir.) Très bien, mais pourquoi cette personne pense qu’elle est incapable de faire ceci ou bien cela ? Parce que durant la période de sa prime enfance, l’un quelconque de ses proches parents a réussi à le lui faire croire.

Alors la personne étant persuadée de son incapacité à exaucer ses propres désirs (par exemple), elle sera obligée de sentir cette pensée qu’elle croit véritable et, c’est véritablement qu’elle en vivra le contenu formel (ce que raconte la pensée ou l’idée négative de départ.) En somme, une fois qu’une pensée, une idée, un concept ou une croyance quelconque possédant un caractère débilitant s’est installée dans la subconscience, l’émotion qui lui sera liée par la suite et cela, d’une manière indéfectible, tendra à « prouver » le degré de véracité de ce qu’exprime l’idée négative de départ.

Soyons logiques : si vous pensez que vous avez peur et que vous sentez la présence, en vous, d’un sentiment de peur, pourquoi voudriez-vous nier ce qui prend pour vous les allures d’une évidence ? De même si vous sentez que vous avez raté votre vie, c’est parce que vous le pensez en arrière-plan et, surtout, à votre insu. Personne n’a un accès direct et entier à son subconscient. Tout ce qui y est inscrit l’est souvent à notre insu. Et même si nous avons su une chose jadis, cette chose est à présent oubliée. Et bien qu’elle fasse techniquement partie de nos Mémoires, ces Mémoires-là ne sont pas immédiatement accessibles et du coup, nous n’en avons pas conscience. Nous ressentons donc une émotion, mais nous en ignorons LA CAUSE. Il est vrai qu’en toute logique, seuls LES EFFETS sont apparents (d’où leur nom, n’est-ce pas.) Les causes, quant à elles, demeurent toujours « inconscientes », ce qui explique pourquoi nous avons tant de questions au sujet de nos malheurs, de nos souffrances, de nos inaptitudes, etc.

Nous disions donc que la personne en souffrance étant persuadée d’être incapable de faire certaines choses et que c’était la raison pour laquelle elle en ressentait l’angoissante pression. Il est ici question de « pression », parce que le désir « pousse » mais la croyance en l’incompétence de s’assumer « freine » et cela, en même temps. Lorsqu’un désir est trop fort et que nous sommes persuadés d’être incapables de nous débrouiller seuls, alors il pourrait sembler « normal » de se tourner vers autrui. Notez le « sembler normal » ! Et pour mémoire, ce réflexe est conditionné par l’attention qui a été portée à un besoin ou un désir quelconque. Vous suivez toujours ? Cool, car c’est maintenant que l’on va un peu se marrer et inverser carrément les valeurs morales ! Chiche ? Alors c’est parti !

On va dire que vous, qui lisez ces lignes, vous êtes le demandeur, la personne persuadée d’avoir besoin d’aide « et pour cause » ! Ce qui est le cas de le dire, mais passons. Vous prêtez attention à vos besoins et vous venez me voir pour me réclamer quelque chose, peu importe quoi, mais une chose que vous croyez être incapable d’obtenir par vos propres moyens. À présent, faites jouer un peu votre imagination et oubliez deux minutes les canons poussifs de la morale judéo-chrétienne, OK ? On va dire que votre phrase : « Je sens que tu dois m’aider » (par exemple) me fait un tilt d’enfer et que je me dis alors que si vous avez le droit de vous fier à ce que vous ressentez, j’en ai le droit également, non ?

Mieux encore : puisque vous portez une attention quasi compulsive à votre ressenti, un besoin ou désir quelconque, alors je puis en faire de même, en ai le droit voire le devoir moral ! Seulement voilà : en quoi consiste mon propre ressenti, en l’occurrence ? Il consiste en ce que je pense, consciemment ou pas. Et nous dirons ici que même inconsciemment, je pense très fort que chacun est capable de se démerder seul et en a même le devoir absolu ! Du coup, je vais ressentir une forte envie de vous envoyer sur les roses, de vous dire de vous démerder seul et comme un grand ! Ce n’est en rien négatif puisque c’est exactement ce que je ferais moi-même, si les rôles étaient inversés !

Par contre, si les rôles étaient inversés, le dépendant ne pourrait pas à son tour subvenir aux besoins d’un autre, incapable qu’il est déjà de se démerder tout seul ! Et comment va réagir le dépendant/demandeur, lorsqu’il va réaliser qu’il ne sera pas aidé ? Dans notre jeu, c’est de vous qu’il s’agit, hein ? Suivez un peu, que diable ! Je viens de vous inviter à aller vous faire aimer ailleurs (version soft) et vous, vous ne dites rien ? Non ??? Vraiment ? Pas de réaction intempestive du genre « si tu refuses de m’aider je me fais pipi dessus » ou un truc du genre ? Mais quelle maîtrise !

Car en général, c’est là que le demandeur qui, ne l’oublions pas, croit devoir dépendre d’autrui pour être heureux, place un viril : « Mais ne sois pas aussi égoïste, bon sang ! Tu ne penses toujours qu’à toi ! » (Ou un truc du genre.) En clair, le dépendant vous interdit de faire comme lui, sans plus, à savoir… Rester concentré sur et fidèle à votre propre et seul ressenti ! Dès lors, qui est le véritable égoïste, dans l’histoire ? Celui qui refuse d’aider ? Dans cette version, cela peut encore passer, oui. Mais que dites-vous de notre version psy éso ? La voici résumée ci-dessous :

« Te fiant à ton ressenti, tu me demandes de t’aider. Me fiant au mien de ressenti, je refuse de le faire et de cautionner, en passant, l’un quelconque de tes schémas mentaux à la noix. Si je suis égoïste de me fier à mon propre ressenti, alors tu l’es également en te fiant au tien. Nous sommes donc soit deux égoïstes, soit c’est l’un des deux qui se sert de règles de morale poussiéreuses pour tenter de manipuler l’autre, de lui forcer la main. À toutes fins utiles, je garderai mon égoïsme et tu devras garder ton sens inouï de la générosité. De la générosité des autres envers toi seulement ! »

Observez le visage de tous ceux qui ne rigolent plus, vous aurez la liste exacte de tous ceux qui vont devoir rester… Dans le besoin !

 

Serge Baccino

Pour une dynamique mentale plus évolutive et pratique

 

Ce que nous vivons, actuellement, provient évidemment du passé, puisque ça nous arrive maintenant. Cela ne pourrait nous arriver maintenant si cela n’était pas présent quelque part et  auparavant. De fait, sur tout ce qui semble advenir et même, « nous arriver », nous n’avons aucun pouvoir. Si ce n’est celui de nous instruire à notre propos. En effet, ce que nous vivons, actuellement, a été produit par notre subconscient et correspond donc essentiellement à tout ce que nous croyions, pensions et tenions pour vrai auparavant. Que ce soit il y a dix ans ou il y a trois semaines. Du coup, analyser ce qui nous arrive revient à mieux comprendre pourquoi cela nous arrive et surtout, où nous en sommes vraiment.

 

Nous ne pouvons pas agir sur les évènements présents, car ils appartiennent déjà au passé, comme tout ce dont nous pouvons prendre conscience d’ailleurs. Mais nous pouvons changer nos « futurs probables », cela en réagissant de deux manières différentes et complémentaires à ce qui se produit. Premièrement, nous devons surveiller nos réactions, être plus dans l’expectative que dans le jugement, aussi hâtif qu’inutile au demeurant. En effet, puisque « c’est fait » et qu’il est trop tard pour changer quoi que ce soit , que peut-on faire de plus, à part accepter « en l’état » les choses qui se produisent ou se proposent à nous ?

 

Par contre, si outre une correcte réaction à notre présent, nous l’étudions pour être en mesure de changer notre futur, nous accélérons la Marche en avant (Notre Aventure humaine personnelle) qui est une énergie constante qui circule du pôle « moi » (ce que nous pensons et croyons être, pour le moment) au pôle « Soi » (tout ce que nous pourrions être par ailleurs.) Ou du pôle « Je suis » au pôle « Nous ne faisons tous qu’Un », ce qui revient au même. En sachant que ce que nous vivons ne peut pas être changé, n’a d’ailleurs pas à l’être et encore moins jugé, mais qu’il doit être attentivement étudié, nous en arrivons à évoluer beaucoup plus vite et nous changeons sans cesse de « moi » (de « moi » dans le sens de « Voilà ce que je suis ponctuellement ») et nous dirigeons fermement vers la Soi-Conscience une et indivisible.

 

Un Soi Conscient qui s’épanouit sans cesse et nous donne ainsi l’impression de reculer tandis que nous (le « moi ») nous avançons ! Mais même là, il est possible de se faire piéger une nouvelle fois, puis de sortir de ce nouveau piège, cela en faisant un break mental (faire le point), de temps à autres (par exemple un ou deux fois par an) et pour mesurer le chemin déjà parcouru avec cette nouvelle dynamique mentale. Clairement, l’idée n’est pas de comparer ce que nous sommes devenus avec avec ce que sont restés les autres ! (sic) Elle se résumerait plutôt à comparer « qui nous sommes devenus » avec « qui nous pensions être, précédemment. » Nous devons nous souvenir que si le « moi » humain a pour mission de demeurer le plus statique possible, l’âme, ce qui nous anime, à savoir nos pensées et nos émotions, demeure dynamique en diable !

 

Le « moi » aime ce qu’il ressent parfois à cause du contenu formel passager de l’âme. Le problème, c’est qu’il a tendance à s’y attacher, cela dans l’espoir (compréhensible) de REPRODUIRE tout état d’esprit porteur d’émotions agréables et positives. Positive selon le « moi » s’entend ! Preuve s’il en fallait encore que même le « moi » humain, la conscience objective (ou l’ego, des Métaphysiciens) sait pertinemment que « Tout passe, rien ne dure, tout varie sans cesse… » En effet, s’il n’était pas au moins un peu conscient de la vérité, il ne tenterait pas de « reproduire » les moments de plaisir; il chercherait juste à les faire durer. Le « Moi » est conscient de voir son reflet vieillir dans le miroir; il sait très bien que rien ne dure, alors il tente de reproduire, faute de faire durer ce qui ne peut le faire.

 

Il voit les jours, les semaines et les années passer et loin d’être un imbécile, il serait plutôt un brin naïf, puisqu’il est persuadé que reproduire revient, quelque part, à faire durer. Mais il n’est pas dupe pour autant et s’il fait mine d’ignorer les fait, c’est pour éviter de se souvenir que tout a une fin. Même lui.

La psychologie ésotérique (ou « psy éso»), propre à la Voie de la Siddha, dans sa version laïque, propose de transformer ce qui, pour beaucoup, est devenu un petit calvaire journalier en un Jeu de la Conscience capable de nous rafraichir les Mémoires, si j’ose dire. Ce que nous avons mémorisé tendra toujours à se reproduire, cela parce que tout ce qui vit et se meut est en devoir de le faire. C’est pour cela que plantes, animaux et humains se reproduisent dès qu’ils en sont capables, dès que les conditions présumées extérieures les y autorisent. L’esprit est vivant et conscient et rien de ce qui s’imagine exister n’a envie de cesser de le faire un jour. Rien ! Surtout pas l’homme !

 

Mais tout ce qui s’imagine exister mais se contente d’être présent dans la conscience sous forme d’imagerie mentale, est fait d’esprit. Or l’esprit n’a aucune forme sinon toutes et de ce fait, c’est lui qui est vraiment immortel, pas les formes changeantes dont l’un des buts principaux est de permettre à l’esprit d’évoluer. Et pour évoluer, il faut changer, selon un rythme qui est propre à chacun des « Règnes » par lesquels passe la conscience spirituelle, la conscience de l’esprit, dont jouissent chacune des formes mais qui ne sont pas relatives à ces formes mais bien à l’esprit lui-même. Une forme qui croit exister refusera toujours d’évoluer, c’est évident. Cela parce que pour faire évoluer une forme, il faut la changer, la transformer en autre chose. Pour la forme dont l’image est pour ainsi dire « figée », cela revient à mourir, à ne plus être ce qu’elle était. Mais ce ne sont pas les formes qui sont éternelles tout en étant capables d’évoluer : c’est l’esprit !

Et en effet, l’esprit qui est à l’origine formelle de « Tout ce qui est », est vraiment le seul à pouvoir évoluer sans pour autant ne plus être ce qu’il est continuellement, à savoir l’esprit informel. L’esprit est donc, en toute logique, la seule « entité » à pouvoir évoluer sans cesse tout en demeurant immortel, inchangé.

 

Serge Baccino

Non-intervention et libre-conscience

 

En particulier à notre époque, de nombreux spiritualistes (ou assimilés) se questionnent de la sorte : « S’il existe de hautes instances spirituelles ou cosmiques, pourquoi n’interviennent-elles pas pour nous aider à nous extraire de notre marasme actuel ? »  Marasme général qui inclut, évidemment, les dérives politiques, les abus de pouvoir, les passe-droits et toutes ces inégalités qui laissent le chercheur de lumière moyen, aussi confus que dégoûté de lui-même et de ses pairs. De ses pairs, on peut comprendre pourquoi, mais « de lui-même » ?

En fait, spiritualistes ou pas, matérialistes convaincus ou non, tout ce beau monde partage, sans le réaliser vraiment, une même croyance, un même dogme absolu : « Ceux qui savent doivent expliquer à ceux qui sont encore ignorants et ceux qui peuvent doivent agir à la place de ceux qui n’en ont pas le pouvoir. » Cette règle universellement partagée ou presque, serait intéressante, d’un point de vue purement psychologique, si elle n’était pas aussi immature, infantile et dangereuse au premier chef !

 

Les enfants ont le droit de tout attendre, ou presque, de leurs géniteurs. Surtout lorsqu’ils sont encore très jeunes. Mais une certaine logique voudrait qu’en grandissant, les parents apprennent à leurs enfants les moyens naturels et sains de « se faire grandir eux-mêmes ». Hélas, il n’en est rien et jusqu’à la majorité, les parents restent rois et seuls décideurs réels de la vie et du destin de leurs progénitures. Bien sur, personne n’a envie, qui soit parent lui-même, de reconnaître les faits. De même qu’aucun homme politique digne de ce nom, ne consentira à avouer qu’il n’a d’intérêt que pour son ego et se moque comme de l’an quarante du destin de celles et de ceux qu’il est censé guider, protéger et pour lesquels il devrait œuvrer, principalement et en leur nom.

Tout comme l’on devient parent pour satisfaire de simples besoins personnels et donc purement égoïstes, de même, on devient maire d’une commune ou ministre d’un état, dans le seul espoir d’obtenir pour soi-même ce que d’autres n’auront pas la chance d’obtenir. Si on parle d’une position « en vue », d’un métier « de pouvoir », etc., ce n’est pas pour rien !

 

Mais lisez plutôt ce qui suit, avant de tirer quelque virile conclusion de ces propos. Chaque être humain est sur Terre pour ne s’occuper QUE DE LUI ! Si c’est lui qui s’incarne, c’est bien de lui qu’il devra s’occuper, sa vie durant. Personne ne s’incarne pour « sauver les autres » et gageons que les Avatars ne courent plus les rues ! Bien qu’ils courent souvent dans le mental de quelques enfiévrés de l’âme. Mais ceci est un autre débat. Voilà qui va faire bondir plus d’un « spiritualiste de Facebook ». Mais je crains que, de toutes manières, leurs ressorts intimes resteront bien huilés et ce, aussi longtemps qu’ils penseront, en secret, être « différents » et donc en une quelque façon, meilleurs voire « supérieurs » aux autres.

Ce qui, du coup, les rend aussi égoïstes, intéressés et faux-culs que tous ceux qui briguent un poste en vue tout en alléguant leur désir de « servir leur prochain. » On devient parent, patron d’entreprise, maire d’une commune ou ministre d’une nation, dans l’espoir unique de servir ses propres ambitions, et non dans le but hypocrite et hyper-mensonger de « faire profiter les autres de nos acquisitions ou de notre pouvoir. » Celui qui n’admet pas cela, qui ne le comprend pas ou qui refuse de le comprendre, n’est pas encore entrée pleinement dans le Règne humain, et j’écris ici « humain » avec un « h » minuscule, c’est-à-dire le « h » du minimum vital !

 

Certains, plus soucieux d’étudier avant de juger que de hurler à l’assassin et à refuser ainsi à d’autres la liberté d’expression qu’ils leur imposent eux et du même coup, vont vouloir comprendre le sens de mes paroles écrites. C’est seulement pour eux que ces phrases sont couchées sur la toile ou sur le papier, pas pour les autres dont le seul but est de protéger leurs sombres manigances et qui, ce qui est un comble, le dénonceront eux-mêmes en critiquant vertement ces quelques proposition d’ouverture de conscience à une forme de vérité un peu supérieure à la précédente, qui a assez durée et qui a permis tant d’abus de confiance et d’inepties spirituelles.

Soyons aussi rationnels que logiques : comment peut-on incarner soi afin de travailler… Pour les autres ? Ne sont-ils donc pas capables d’en faire autant, de s’occuper d’eux comme vous pourriez vous occuper de vous, uniquement ? En quoi est-il « égoïste » de manger quant on a faim, de boire quant on a soif, de travailler pour gagner de l’argent que l’on dépensera exclusivement en faveur de soi et de ses proches (mari, femme et enfants) ? Qu’est-ce qui VOUS gêne à VOUS en lisant ces quelques lignes ?

 

Avez-vous peur de devenir « égoïstes » ? L’égoïsme ne serait-il pas plutôt du côté de celui qui espère que vous allez travailler pour lui et à sa propre gloire ? L’égoïsme n’est-il pas dans le fait de réclamer à une autre personne qu’elle s’occupe de nous, plutôt qu’elle s’occupe d’elle ? Réfléchissez, s’il vous plaît, puis réalisez les faits : on vous a berné d’une manière extraordinaire ! On vous a fait prendre des lucioles agonisantes pour des lampes de 2000 watts.

On vous a menti, trompé et induit en erreur, voire en esclavage psychologique, moral, religieux et tout cela dans le seul but VRAIMENT ÉGOÏSTE de vous voler vos acquits, de vous faire travailler pour d’autres que vous. Et c’est quand vous voulez que vous en prenez conscience ! Ceux qui l’ont déjà fait ont tout leur temps, et ceux qui redoutent que vous ayez un jour cette même prise de conscience salutaire, ont tout votre temps, votre argent et votre énergie animique ! Merci pour eux ! Mais sans doute pouvaient-ils, à leur tour, prendre soin de la seule personne qu’il emporte avec eux, où qu’ils aillent et quoiqu’ils fassent, c’est-à-dire eux ?

 

Mais en ont-ils envie seulement ? Moralité : tant qu’il existera des « vaches à lait énergétiques », il y aura des mains « serviables et attentionnées » pour les traire un maximum ! Voici ma question :

« Êtes-vous une de ces vaches à lait énergétiques que l’ont peu ENCORE traire à volonté et même, qui culpabiliserait si elle venait à conserver son lait pour ses propres veaux ? »

Que vous ayez « des montées de lait » (des choses à vous, précieuses et enviables) est naturel et sain et surtout, n’est en rien égoïste, puisque vous au moins pourriez en bénéficier ! Et sans montée de lait, comment alimenteriez-vous vos veaux successifs ? Ah ! Mais suis-je bête : c’est exactement ce que nous faisons en buvant du lait ! Nous privons la vache du plaisir d’alimenter son veau qui lui, doit finir à l’abattoir, ce qui est « plus humain » que de le laisser mourir de faim pour que nous connaissions les joies du café au lait du matin !

Youpi ! Nous sommes de vrais humains et l’égoïsme n’est qu’un mot ancien et grossier pour désigner… Les autres ? Très certainement, voyons ! Et qui d’autre, sinon ?

 

Mais voici que nous en revenons à notre sujet premier. Le voici ci-dessous résumé et pour mémoire : « Pourquoi ceux qui en ont le pouvoir, n’interviennent-ils pas pour nous aider à grandir et même, à nous extraire de notre marasme social ? N’ont-ils pas CONSCIENCE des problèmes dans lesquels nous nous débattons jour après jour ? » Le mot le plus intéressant de tous vient d’être lâché : « conscience » ! Nous sommes intimement persuadés, du moins pour celles et ceux qui croient à ces choses, que « les instances supérieures » sont parfaitement au courant de nos malheurs ! Et malgré cela, elles n’interviennent pas !

Voilà qui est pour le moins choquant, non ? Faut voir… La question serait moins de définir si ceux qui peuplent les Mondes qui pour nous sont encore invisibles, sont CONSCIENTS de nos problèmes que de savoir SI NOUS LE SOMMES VRAIMENT ! Si nous sommes vraiment conscients, donc.

 

Rappelez-vous la prémisse importante pour une parfaite compréhension : « Nous n’incarnons que nous et donc pour nous seulement. » Tout ce que nous apprenons, pensons, ressentons, passe par certains FILTRES MENTAUX qui, bien souvent, nous cachent la vérité. Sans compter toutes ces croyances moralisantes, ces conditionnements familiaux et sociaux, qui ne nous aident guère à raisonner intelligemment et en tant qu’être unique ou individualité ! Car divisés, voilà ce que nous sommes ! Et ayant perdu de vue l’unité de notre être, nous en sommes réduit à nous fier et donc à suivre tout autre que nous et donc, autre chose que SOI. Et c’est là le seul et véritable problème !

Un problème qui vient de nous, pas du Monde ou des autres !

Nous cherchons à changer le Monde que nous projetons sans cesse à l’extérieur et, bien sur, sur les autres. Nous tentons, en vain, de réaliser l’irréalisable, de faire le contraire même de ce pour quoi nous sommes ici. Faut-il changer quelqu’un ? Alors changeons nous nous-mêmes et devenons ce que nous aimerions que les autres soient, pour nous et à notre place, ce que, bien sur, ils ne peuvent pas.

 

Faut-il changer le Monde ? Alors changeons LA VISION (version) que nous en avons ! Il y a autant de « mondes » (ou d’univers) que d’être humains et jamais nous ne pourrons accéder vraiment à celui d’un autre ou lui du nôtre. Il s’agit d’une Loi du fonctionnement de l’esprit, pas d’un simple avis personnel. Si vous n’y croyez pas, alors continuer à vous épuiser en vaines croisades, prétextant agir pour le bien de tous mais ne visant en réalité que votre propre bien. Un jour vous apprendrez à être, tout simplement, à être vous vraiment. Et seulement.

L’égoïsme est une notion qui a été inventée par ceux qui désiraient faire bosser les autres pour eux et se nourrir ainsi éternellement sur le dos de tous les autres, de tous ceux assez ignorants pour croire en ces fadaises mentales qu’un modeste curé serait le premier à dénoncer. Mais en secret s’entend ! Vous me répondrez peut-être que vous ne voyez toujours pas le rapport avec le fait de ne pas recevoir d’aide de plus puissants que nous…

 

Pourtant, vous devriez comprendre que eux aussi sont sous le coup de LA LOI et qu’ils s’occupent d’eux-mêmes, avec au cœur l’espoir que nous apprenions enfin à en faire autant ! Vous voulez bénéficier de leur aide, voire devenir comme eux ? Rien de plus simple : pensez et vivez comme ils le font déjà, et vous serez aussitôt comme eux, à savoir non pas « égoïstes » mais conscients que le seul changement radical possible pour la Terre, c’est que chacune des consciences individuelles qui s’y trouve, fasse l’effort de changer sa manière de concevoir la vie ainsi que les autres.

Si chacun se met à ne s’occuper que de lui, chacun deviendra instantanément LIBRE et ceux incapables d’agir de même, finiront par « mourir de faim », comprendre « à être obligé d’en faire autant ou bien d’aller voir ailleurs si des ignorants de leur nature spirituelle véritable s’y trouvent encore ! » Lorsque vous prenez conscience non pas des problèmes extérieurs, mais de votre pouvoir intérieur de les régler, vous devenez libres et vous libérez les autres ! Surtout de vos propres attentes envers eux ! Ce qui est une forme supérieure d’altruisme qui, étrangement, ne semble pas tenter ceux qui prétendent « Rechercher plus de Lumière » !

 

Mais qu’est-ce que la Lumière, finalement, si ce n’est ce qui éclaire nos ténèbres personnelles ? Et qu’est-ce qui mieux que LA CONSCIENCE peut nous éclairer… A notre propre sujet ? Si vous réalisez « Qui vous êtes vraiment », alors vous faites progresser le Monde. Même celui supposément « extérieur » à votre propre état d’esprit ! Et vous aidez aussi les autres, en les soulageant d’un fardeau que vous appeliez précédemment « moi » (l’ego et ses tyranniques besoins imposés à autrui.) Croyez-vous toujours que de ne penser qu’aux autres et d’œuvrer « à leur service » est positif pour ces autres et les aidera à grandir en conscience de soi ? Pensez-vous toujours que de vous rendre libre, heureux et rayonnant de Lumière, ne va servir qu’à vous et ne pas bénéficier, peu ou prou aux autres ?

Je vous laisse y réfléchir, mais si j’étais vous (ce que je suis aussi tandis que vous êtes également moi), je réfléchirais vite !

 

Serge Baccino

Changer le Monde, mais comment ?

Il est souvent question de changer les choses, car ces dernières, à l’évidence, ne vont pas bien du tout. Mais comment agir ? Par où et par quoi commencer ? Peut-on vraiment espérer changer les choses ? Est-il possible de faire progresser le Monde ? Réponse Oui et… Non ! Non, si votre but, perdu d’avance, est de  « faire bouger » les autres, de les pousser à se réformer et en un mot, à changer ce que vous considérez sans doute encore comme « le Monde extérieur et les autres. »

Si c’est là votre dessein, arrêtez tout de suite ! Vous ne pourrez, au mieux, que vous épuiser et vous attirer des ennuies de la part de ceux que vous allez forcément agacer par votre désir de transformer leur vie. Y compris, voire surtout, si comme la plupart, vous êtes persuadé que votre paix, votre liberté et votre bonheur, dépendent essentiellement de ces personnes !

 

Si vous souhaitez transformer les hommes politiques, arrêtez tout de suite ! Si vous voulez faire régner la justice dans votre pays, voire dans votre ville, arrêtez tout de suite ! Si vous voulez que la Paix règne dans le Monde, arrêtez tout de suite ! Si vous voulez améliorer les conditions de vie des gens dans le pays où vous vivez, arrêtez tout de suite ! De même si vous désirez que les gens cessent de manger de la viande, de torturer les animaux, d’adorer la compétition, d’exploiter leur prochain, j’en passe et des meilleures !

Pourquoi cela ? En quoi le fait de militer pour une cause juste est-il une mauvaise chose ?

Militer, c’est-à-dire partir de la prémisse que vous devez et donc pouvez changer l’état d’esprit des autres, n’est pas mal : c’est seulement inutile en plus d’être fort improbable. Inutile ? Oui, parfaitement : inutile, totalement inutile ! Il s’agit là d’une perte de temps et d’énergie extraordinaire et, en fait, tout sauf une marque d’intelligence ou « de spiritualité » ! Soyez un peu patients et vous comprendrez mieux plus loin. Si tant est que vous en ayez vraiment ENVIE, il va de soi !

 

Il y a de nombreuses années de cela, je discutais avec un homme simple mais intelligent, qui me contait une de ses aventures pittoresques dans le monde particulier des syndicats. Vous savez, ce sont ces groupes d’hommes et de femmes qui essayent de changer les choses, par exemple, d’améliorer les conditions de travail dans une entreprise, de faire augmenter le salaire des ouvriers, etc. C’était là du moins l’intention première des ces groupements visant au maintient des droits ouvriers, pour résumer. Il me racontait qu’à une époque, alors déjà marié et père de deux enfants, il avait décidé de rejoindre les rangs d’un de ces syndicats. Il l’avait fait simplement parce qu’il avait envie que les choses changent. Qu’elles changent pour lui, évidemment, puisque c’était lui qui ressentait, en lui, ce besoin ou ce désir.

On lui proposa donc de s’unir à d’autres, arguant du fait que le nombre fait loi ou, à tout le moins, qu’il permet en étant groupé, de forcer un peu la main de ceux qui détiennent le pouvoir sans aucune envie de le partager. Notre homme suivi donc des réunions, alla même coller des affiches dans les rues et essaya, lors de ses pauses, de gagner l’intérêt voire la confiance, de certains de ses collègues de travail.

 

Une semaine plus tard, le patron le fit appeler dans son bureau. La première question qu’il lui posa fut : « Il paraît que tu es allé grossir les rangs de ces autres feignants de service qui trouvent le temps de militer contre ceux qui les nourrissent alors que le boulot s’empile sur les docks ? Mais pourquoi as-tu fais ça, bon sang ? Je te connais, tu n’es pas homme à perdre ton temps en politique de bas étage ! » Et avant qu’il puisse répondre, son employeur lui posa cette question qui l’orienta vers une expérience psychologique qui le marqua le reste de sa vie : « Mais tu veux quoi, au fait ? Qu’aimerais-tu voir comme changement, comme amélioration et à quel niveau précis ? »

Il essaya bien de bredouiller un ou deux slogans appris par cœur depuis son entrée dans le syndicat mais le patron le coupa court : « S’il te plaît, André, fais-moi grâce de ces sornettes que scandent ceux qui son trop occupés à perturber les autres ouvriers pour continuer à être efficaces et donc à mériter leur salaire : dis-moi plutôt ce que toi tu attends de moi, ce que tu veux, car si tu as fait cette démarche de rejoindre cette troupe de bras cassés, c’est bien parce que tu avais des attentes, non ? Et tu es seul à être toi, que je sache ? Alors c’est à toi seul de me dire ce que tu désires, oublie un peu tes camarades de barricades, s’il te plaît et sois franc avec moi ! »

 

Alors le dénommé André réalisa qu’en effet, s’il avait rejoint le rang des militants, c’était parce que lui aussi avait des attentes, des attentes lui étant personnelles, voire uniques, qui sait ? Sans chercher à tergiverser, il expliqua que les horaires de travail l’empêchait d’aller chercher « sa petite dernière » à l’école, tous les soirs, que sa femme était malade et qu’il trouvait que son salaire était insuffisant, surtout avec ces nouveaux frais médicaux, sans compter qu’il n’avait plus été augmenté depuis trois ans à présent.

Son employeur eu l’air un peu étonné, fronça les sourcils, alla tirer un dossier d’un tiroir de son bureau puis revint s’assoir en face de lui. Il lui demanda de l’excuser deux minutes et se mit en devoir de parcourir un épais dossier dans lequel André cru reconnaître son nom de famille écrit à l’envers. Au bout de moins de deux minutes, son employeur redressa la tête et avec un sourire :
« Tu as parfaitement raison. Tu n’as plus été augmenté depuis trois ans, or, tu aurais du l’être depuis deux ans, quasiment. Je viens de voir également que moyennant un petit supplément, ta femme et tes gosses peuvent passer sur ta mutuelle d’entreprise et obtenir les mêmes droits que toi. Enfin, je constate que tu as toujours les mêmes horaires que depuis tes débuts, il y a dix ans de cela. Voici ce que je te propose : je vais t’augmenter de cinquante francs par mois, mais tu toucheras deux-cents francs par mois, le temps de rattraper et de compenser les deux années d’arriérés. Les frais supplémentaires concernant ta mutuelle qui couvrira désormais ta femme ainsi que tes deux enfants, seront prix en charge par l’entreprise durant la première année. Ensuite nous aviserons. Est-ce que cela répond en partie à tes attentes, André ? »

 

Le gars André était scotché et ne savait plus quoi dire. Comme faire la bise à son employeur n’était pas convenable, il se contenta de se lever et de lui serrer la main avec reconnaissance : « C’est bien plus que j’en attendais ! Merci, merci beaucoup.» Le patron pris un air narquois : « Je suppose que puisque tes attentes frustrées ont inspiré ton entrée dans le syndicat, à présent que ces mêmes attentes sont comblées, tu n’as plus aucune raison d’en faire partie ? »

Le chef d’entreprise esquissa un rapide sourire discret en voyant la mine déconfite de son employé :

– « Alors quoi ? Ta joie est de courte durée ! Quel est le problème insurmontable qui te tracasse, à présent ? »
– Ben… Vous savez… les autres, là…
– Oui, eh bien quoi, les autres, André ?
– Mais ils vont penser que je les ai trahis et que…
– Et que j’ai réussi à t’acheter, c’est bien cela ?
– Ma foi… Puisque c’est vous qui le dites… »

Le patron d’André poussa un petit soupir, se donna le temps d’allumer une cigarette, en proposa une à André qui la refusa, puis après avoir réfléchi à la manière de formuler ses propos, il dit :

« Tu sais, André, les hommes pensent qu’ils sont faibles et c’est la raison pour laquelle ils s’unissent, dans l’espoir de se sentir plus forts. Hélas, comme seuls les faibles ont besoin de s’unir, ce qu’ils unissent en fait, c’est leur faiblesse seulement. Dès lors, ils sont plusieurs à être faibles mais jamais ils ne seront forts s’il ne cessent pas d’entretenir la peur qui affaiblit leur cœur. La véritable force ne vient jamais du nombre; elle provient de cette capacité intérieure de répondre soi-même et pour soi-même à ses propres besoins. Au départ, tu avais des désirs et tu as cru bon de te lier à d’autres dans l’espoir de pouvoir les exhausser. Mais en te liant à d’autres, tu as juste augmenté la force de ces désirs, tu as aidé à leur multiplication, mais tu as surtout ajouté ta propre faiblesse à la leur. On ne change pas le monde en agissant à l’extérieur : on fait en sorte de satisfaire nos moindres attentes, et cela, depuis notre intérieur. Vois comme sont les choses, finalement : j’ignorais tout de tes attentes, mêmes si par ailleurs, elles étaient parfaitement légitimes. Tu n’as eu qu’à me les expliquer, et voilà tes attentes comblées ! J’espère que tu apprendras vraiment à changer le Monde, mais j’espère que, désormais, tu ne te tromperas plus de Monde ! »

 

Voilà l’histoire d’André. A présent, reposons la question : « Changer le Monde, OK, mais comment ? »
En ne se trompant plus de sens, d’adresse et en fait, de Monde !
Qui ressent ce besoin impérieux de changement, d’amélioration ? Celui qui ressent cela doit être également celui qui en vit le dénouement. La preuve : ceux qui ne ressentent pas ce même besoin de changement, d’amélioration et qui, accessoirement, se conduisent comme de véritables animaux, ne le vivrons pas. Il n’en ont pas l’envie, car n’ont rien à changer en eux qui ne soit pas toujours identifié à eux.

Ils pensent être « dans le vrai » et ils vivent, selon la Loi, le contenu de leurs pensées. Pour eux, c’est vous qui êtes un malade. Et un inquisiteur, qui plus est ! Aimeriez-vous que l’on vous change de force ? Qu’on vous impose de changer, que l’on vous menace au cas que vous refuseriez ? Où est la véritable justice, la véritable liberté, d’un Monde où l’amélioration prend des allures de tyrannie ? Vous voulez changer le Monde ? Cool ! Alors changez donc le vôtre et laissez aux autres le soin d’en faire autant s’ils en sont capables et quant ils y seront correctement préparés, à savoir grâce à un vécu produisant une prise de conscience salutaire.

Vous n’avez rien à changer « au-dehors et chez les autres », car c’est en vous et chez vous que se produit cet élan impérieux, ce besoin de changement, d’évolution ou d’amélioration. Êtes-vous si faible qu’il vous faille vous lier, vous liguer avec d’autres et… Contre d’autres, finalement ? Où est l’évolution dans cette envie de forcer les autres à adopter votre point de vue ? Cet état d’esprit tyrannique n’est-il pas déjà « en service » et ce, depuis bien trop longtemps ? Allez-vous ajouter votre guerre personnelle en vue d’instaurer une paix fratricide ? Voulez-vous ressembler à ces imbéciles heureux qui, à la moindre occasion, reprennent vertement les autres à propos de leurs paroles, de leurs écrits ou de leur comportement, sous prétexte que ces choses ne correspondent pas à leurs attentes frustrées ?

 

Au lieu de parler d’amour, de respect, de compassion et d’humilité, si vous commenciez par mettre ces belles choses en pratique, vous et le premier ? Le premier et… Le seul ! Vous seuls devez vivre en concordance avec vos croyances, opinions et désirs, pas ceux qui ont le droit à avoir aussi les leurs.
Les autres ne vous doivent rien, ne peuvent pas vous décevoir si vous n’avez pas le culot d’attendre quelque chose d’eux. Quelque chose que, selon toutes apparences, vous refusez de vous offrir à vous-mêmes ou… Êtes incapables de vous offrir ? Alors vous comptez sur les autres pour compenser vos manquements et vos faiblesses ? Est-ce cela votre Monde parfait ? Si oui, puissiez-vous être le seul à y vivre jamais !

Le Monde est en vous; pour le changer, changez-vous et il le sera aussi. Du moins, vous ne serez plus en demande et donc, en attente de ce que vous espérez encore voir instauré en vous et pour vous, mais depuis l’extérieur et par les autres. S’il vous plaît, vous qui prétendez à la spiritualité, Réveillez-vous !

Réveillez-vous vraiment !

 

Serge Baccino