Tous les articles par Serge

Je m'appelle Serge BACCINO et suis auteur de livres au format numérique qui sont vendus sur Amazon (fr.) Ces ouvrages à prix modérés (moins de 10€ chacun) traitent de psychologie ésotérique (essais) et de spiritualité (romans à caractère initiatique) J'ai pensé qu'à une époque où tout devenait cher, un blog de présentation tel que mien serait perçu comme étant le bienvenu ! Je vous attends sur mon Blog et vous invite à participer aux différents échanges qui s'y produisent, en ce moment même, sur des thèmes aussi intéressants que variés ! Cordialement à toutes et à tous. Serge BACCINO –Auteur- -

Illumination (extraits)

Jacob Boehme était savetier de son état et n’avait pas reçu d’éducation culturelle particulière. Cependant, il était très mystique et désirait connaître Dieu avec ardeur. Toute sa vie, il se consacra à la prière, à la méditation et s’efforça toujours de lutter contre le mal et de servir le bien.

L’histoire de sa vie nous montre que c’est au moment où il se sentait le plus désespéré face à la difficulté du sentier spirituel qu’il avait choisi de suivre, qu’il reçut l’Illumination et qu’il reconnut Dieu.
Le texte ci-dessous, extrait de ses œuvres, traduit parfaitement l’état de conscience qui résulte d’une telle Illumination.

 

 

 

Boehme-Jacob«Avant de savoir ce que je sais maintenant parfaitement, je pensais, comme tant de personnes, qu’il n’y avait d’autre véritable ciel que celui qui, comme un cercle bleu, environne le monde, très haut au-dessus des étoiles, pensant que Dieu avait là une existence séparée…

Je devins très mélancolique et découragé et ne pouvais trouver aucune consolation dans les saintes écritures, quoique je connusse la Bible du commencement à la fin.

Quand mon esprit, plein de tristesse, ardemment et comme se mouvant dans une grande tempête s’éleva jusqu’à Dieu, emmenant avec lui tout mon cœur et toute mon âme, avec toutes mes pensées et toute ma volonté, et quand je décidai de ne pas cesser de rechercher l’amour et la miséricorde divine jusqu’à ce que la bénédiction de Dieu descende sur moi -c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il illumine mon âme avec l’Esprit Saint, de manière que je puisse comprendre Sa volonté et me défaire de ma douleur, alors la lumière de l’esprit traversa les nuages.

 

 

 

Tandis que, dans mon zèle, je luttais puissamment contre les portes de l’enfer, alors, après quelques durs combats avec les puissances des ténèbres, ma conscience traversa les portes de l’enfer et pénétra même jusqu’à l’essence la plus secrète de la Divinité nouvellement née, où je fus reçu avec un grand amour, semblable à celui qui est offert par un jeune marié à son épouse bien-aimée.

Aucun mot ne peut exprimer la grande joie et le triomphe dont je fis alors l’expérience, pas plus que je ne puis comparer ce bonheur à rien d’autre, si ce n’est l’état dans lequel la vie naît au milieu de la mort, ou à la résurrection d’un défunt.

Tandis que j’étais dans cet état, aussitôt mon esprit comprit tout et reconnut Dieu dans toutes choses, même dans les herbes et dans les plantes et il sut ce qu’est Dieu et ce qu’est Sa volonté».

 

 

JACOB BOEHME (1575-1624)

 

Sur le bonheur (extraits)

Dans son ouvrage intitulé «L’Éthique», Baruch Spinoza, philosophe juif du dix-septième siècle, montre très bien en quoi le matérialisme est incompatible avec le bonheur car, selon ses propos, tout individu qui nie l’existence de l’âme et de Dieu ne peut trouver la joie de vivre.

 

 

Baruch Spinoza2«Voici conclu ce que je voulais mettre en évidence au sujet de la liberté de l’âme et de son pouvoir sur les affections.
Il en découle clairement à quel point l’homme sage est hautement supérieur à l’ignorant et combien il dépasse en puissance celui qui est seulement guidé par ses appétits physiques.

Car l’ignorant n’est pas simplement conduit par des causes extérieures, ici et là, en de multiples voies, sans atteindre jamais la vraie paix de l’âme, mais il vit aussi dans l’ignorance de lui-même, de Dieu et de sa création et, quand cesse sa souffrance, son existence cesse aussi.

 

Tandis que, de son côté, l’homme sage, en tant que tel, éprouve difficilement Baruch Spinozaquelque trouble en son cœur et jouit toujours de la vraie paix de l’âme.
Même si la route que j’ai indiquée comme conduisant à l’âme semble très difficile, encore peut-elle être trouvée.
Et si elle est parfois difficile à trouver, c’est parce qu’elle est trop peu souvent cherchée.
Mais comment pourrait-il se faire, si le salut reposait à portée de main et pouvait être trouvé sans grand dommage, qu’il soit négligé par presque tous ? En cela, tout ce qui est noble est aussi difficile que rare».

 

 

BARUCH SPINOZA (1632-1677)

 

 

La Loi et la Nature

QumranDans l’Évangile Essénien, il y a un passage que j’ai toujours trouvé d’une profondeur et d’une Beauté extraordinaire et qui dit :
« Je te remercie Seigneur, de nous avoir donné la Loi…. »
Je sais… A lire, comme ça, on ne trouve pas grand chose d’extraordinaire, n’est-ce pas ? Il s’agit d’une simple phrase, à peine poétique et, ma foi, on est en droit de se demander pourquoi certain (dont je) sont profondément émus en la lisant. Pourtant, il y a ce qui est écrit, et ce à quoi on peut se « brancher » tandis qu’on lit ce qui est écrit. Et c’est ce qui est ressenti tandis qu’on est branché et qu’on lit cette phrase, qui est profondément Beau, c’est la Beauté à l’état pur.

 

 

 

Qumran2Hélas ! Les mots ne peuvent rendre hommage à la Vérité, à ce qui est vécu par celui et celle qui est branché sur le Courant Illimité Divin. Un ancien spot publicitaire disait, il me semble : « Nous vous devons bien plus que la lumière. »
Mais il n’est pas aussi beau et émouvant que ce « spot Cosmique » :
« Mon Enfant, Je te dois bien plus que la Vie ! »

Mais qu’est-ce que « La Loi« , au juste ? On dirait une chose mystérieuse, magique, une chose qui se situe au-dessus de tout, qui pardonne tout, qui est pur amour et pure compassion, non pas l’amour et la compassion des hommes mais celle d’un pouvoir démesuré « sur lequel rien ne peut être dit » et dont la Puissance repose sur une forme de Bonté qui n’est pas accessible à l’entendement. « Je te remercie, Seigneur, de nous avoir donné la Loi… »

 

 

 

aimer l'amourAlors je vais faire ici une chose folle, indécente et des plus osées : Je  essayer, pour vous et ici, de vous donner une traduction approximative de la Beauté.
Inutile de dire que ce n’est rien moins que peu probable, mais nous allons tout de même nous y frotter, parce que nous aimons ce que nous sommes et « Cela » que nous sommes en train de Devenir. J’ai écrit « nous aimons ce que nous sommes » et c’est là le cœur de la traduction, en fait ! Ceux qui étaient sur le forum Psukelogos depuis le début (2006), connaissaient déjà les thèmes récurrents de la psy éso : Ne pas mentir, ne pas tricher, ne pas se faire plus moche ou plus beau, être soi-même, ne pas se trahir, ne pas se prostituer, apprendre à aimer ce que nous sommes avant de prétendre aimer les autres ou même évoluer, etc.

 

 

 

 

L‘un de mes anciens articles se nomme : « Aimez-vous Dieu ? », il me semble… Même si cela échappe encore à quelques-uns, les sujets évoqués, ici ou ailleurs, le sont selon une progression bien particulière et ne sont en rien le résultat du hasard ou d’un caprice personnel. Les thèmes abordés s’enchaînent selon une logique spirituelle dont l’homme ne se souvient presque plus mais qui est encore capable de toucher une chose, en lui, qui n’est ni sa tête ni même son cœur, les deux étant depuis longtemps passés sous la cruelle tutelle de l’ego et du Moi-Idéalisé. Voila à présent l’explication intellectuelle de la phrase Essénienne. Selon la Loi, lorsqu’une chose créé en esprit et dans le Mental Divin (Le Tout-Esprit) cherche à s’exprimer, elle doit le faire selon sa propre nature. L’expression de cette nature devient alors supérieure à toutes les autres lois universelles.

 

 

 

Lois universellesAutrement dit, quoi que nous soyons, quelle que soit la manière dont nous jugeons sans aucun amour et sans aucune compassion, ce que nous sommes actuellement, tandis que nous nous exprimons selon ce que nous sommes vraiment, nous devenons la plus haute Loi de l’Univers et aucun pouvoir, au-dessus de nous ou en dessous de nous, n’est capable de conditionner cette expression. C’est parce que nous n’acceptons pas toujours ce que nous sommes et faisons que nous rencontrons une adversité qui ne fait que « répondre » à notre ordre de ne pas être libre. Car notre liberté implique évidemment la décision de ne pas être libre et de nous exprimer faussement, si cela nous chante…
Comprenez-vous ce que cela veut dire et ce que cela implique ?
Imaginez-vous les implications de tout ceci ?

 

 

 

Serge Baccino

Licence Creative Commons
(Note : Sauf pour les images, trouvées sur le Web et réputées libres et gratuites)

Sur le sommeil (extraits -citations)

Voici un intéressant texte de P.D. Ouspensky, que connaissent peut-être certains lecteurs, habitués aux ouvrages occultes de la fin du 19e et du début du 20e siècle. Observez de quelle manière l’auteur étonne le lecteur par sa façon d’affirmer que la vie de l’homme se passe « dans le sommeil » et non dans l’état de conscience objective, qu’il place lui-même à un très haut niveau d’éveil spirituel…

 

_____________

 

 

Ouspensky«En règle générale, l’homme peut connaître quatre états de conscience. Ce sont : le sommeil, l’état de veille, la conscience de soi et la conscience objective. Mais, bien qu’il ait la possibilité de vivre ces quatre états de conscience, il ne vit, de fait, que deux d’entre eux : une partie de sa vie se passe dans le sommeil et l’autre dans ce que l’on appelle ‘l’état de veille’, quoique en réalité son état de veille diffère très peu du sommeil.  […]


 

 

Ouspensky2Il est nécessaire ici de comprendre que le premier état de conscience – le sommeil – ne se dissipe pas quand apparaît le second, c’est-à-dire lorsque l’homme s’éveille. Le sommeil demeure présent avec tous ses rêves et ses impressions, s’y ajoute simplement une attitude plus critique envers ses propres impressions, des pensées mieux coordonnées et des actions plus disciplinées. À cause de la vivacité des impressions sensorielles, des désirs et des sentiments – en particulier le sentiment de contradiction ou d’impossibilité, entièrement absents au cours du sommeil – les rêves deviennent alors invisibles, de la même manière que sous l’éclat du soleil, les étoiles et la lune pâlissent.

Mais les rêves sont toujours présents et exercent souvent, sur l’ensemble de nos pensées, de nos sentiments et de nos actes, une influence dont la force dépasse même parfois les impressions réelles du moment.

 

 

[…]
Ouspensky3Le premier, ai-je dit, est un état purement subjectif. Le second l’est moins; déjà l’homme y distingue le ‘moi’ et le ‘non-moi’, c’est-à-dire son corps et les objets distincts de son corps et il peut, dans une certaine mesure, s’orienter parmi eux et connaître leurs positions et qualités. Mais, dans cet état, on ne peut pas vraiment dire que l’homme soit éveillé, parce qu’il reste fortement influencé par les rêves et qu’en fait il vit davantage dans les rêves que dans la réalité. Toutes les absurdités et contradictions des hommes et de la vie humaine en général s’expliquent lorsque nous réalisons que les gens vivent dans le sommeil, agissent en tout dans le sommeil et pourtant ignorent qu’ils sont endormis.

 

 

Ouspensky4Il est utile de se rappeler que tel est bien le sens intérieur de nombreux enseignements anciens. Celui qui nous est le plus proche est le christianisme ou l’enseignement des évangiles, selon lequel la compréhension de la vie humaine se base sur l’idée que les hommes vivent dans le sommeil et doivent avant tout s’éveiller. Cette idée est très rarement comprise comme elle le devrait, en l’occurrence : au pied de la lettre. »

 

 

(Tiré des 5 conférences de 1934-1940)

 


Le véritable ésotérisme (citation)

Citation:
Sur le véritable ésotérisme, résultant de la proposition
«Quittez tout et vous trouverez tout»

Beaucoup d’êtres humains confondent ésotérisme et charlatanisme. Comme l’indique son étymologie grecque, le premier concerne une extraordinaire aventure intérieure, par nature
non sensorielle et — de ce fait — rigoureusement intransmissible.

 

Elle germe et se développe à la suite d’un préalable lâcher prise. En aucun cas, elle ne peut faire l’objet d’un enseignement prodigué par une tierce personne, aussi bien intentionnée soit-elle.
Après coup, une telle odyssée ne peut se dépeindre que par des rapprochements approximatifs au moyen d’allégories, de mythes ou d’œuvres d’art, etc. ; ce qui risque de faire prendre aussitôt les vessies pour des lanternes.

Tentés néanmoins par une ultérieure description fallacieuse, obligés de rejoindre alors l’un de nos cinq sens et faute d’expression plus adéquate, libre à nous de traduire et de trahir cet indicible état de communion par « savourer le goût exquis de la fraise sauvage ».

 

Quant au second terme en italique, c’est tout simplement la regrettable exploitation vénale du premier par des opportunistes, au détriment d’esprits envieux ou crédules. En d’autres termes,
l’ésotérisme est à la découverte de soi (de nature centrifuge) engendrée par soi-même ce que la science doctrinale est à l’érudition (de nature centripète) dispensée par des tiers.

 

Il importe alors de distinguer :
l’éducation individuelle (du verbe latin ex-ducere : étendre, épanouir vers l’extérieur) et l’instruction publique (de in-struere : disposer par couche, structurer à l’intérieur).

Tels sont l’«expir» et l’«inspir», les deux phases de l’unique pulsation fondamentale. Or, la science académique et descriptive — qu’il ne faudrait surtout pas identifier à la sagesse intégrante — confond l’érudition avec l’intelligence, qui englobe les deux démarches citées plus haut.

 

D’où les deux personnages (l’enfant assis et la jeune femme debout) de la fameuse gravure ancienne. Polyvalente, celle-ci ne se limite d’ailleurs pas à la présente interprétation. En résumé, la dynamique de ces deux états de conscience (duel et unitaire) — le un vivant et le deux vivant en continuelle alternance — porte un nom prodigieux et révélateur en hébreu :

——— hvha (ahavah,5.2.5.1) : amour. ———-

 

Par conséquent, il n’est pas du tout question d’abandonner ou de rejeter la science théorique ou expérimentale, mais de lui adjoindre — dès que possible — son complément indispensable : la véritable responsabilité. Or, cette dernière résulte de notre réponse intime, vécue de façon viscérale au cours de l’éducation.
En effet, le mot réponse s’orthographiait autrefois respons.
De la sorte, l’injonction Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fît troque son statut d’ordonnance arbitraire pour devenir un réflexe vital et spontané.

 

Faute de respecter en permanence et de mettre en œuvre cet harmonieux équilibre, l’être humain ne court-il pas vers le dérangement pathologique et — par ricochet — l’humanité vers sa perte ?

 

 

 

 

SOURCES : Ce texte est diffusé par www.arsitra.org